mardi 26 février 2013
Andy de Brigitte Kernel, aux éditions Plon
jeudi 1 mars 2012
La vérité sur les cosmétiques de Rita Steins
Comme toujours lorsque Babelio me propose de chroniquer un livre je vais piocher dans ce que je n’aurais pas eu l’idée de lire. C’est comme çà que la Vérité sur les cosmétiques a échoué dans ma boite aux lettres.Rita Steins connaît bien très bien l’univers. Elle n’en est pas à son premier livre sur le sujet. Son affirmation de vérité est forte. Peut-être en miroir à la langue de bois des marques mondiales, marketing aidant. J’ai tenté de faire une mini-enquête auprès de certaines en profitant de leur présence au Salon de l’agriculture mais je dois dire que leur discours est admirablement rodé, détournant intelligemment les problèmes. Par exemple à la question d’admettre ou non la nocivité des parabènes on me répond qu’il faut bien mettre des conservateurs dans les pots de crème où, mesdames (et messieurs) vous puisez avec vos petits doigts souvent sales avant de vous tartiner le visage.
On m’affirme aussi que les produits qui ont succédé aux parabènes sont parfois plus agressifs. J’ai l’impression d’entendre les mêmes contre-vérités qu’à propos du sucre il y a quelques années quand on pensait que les édulcorants seraient meilleurs pour la santé.
Rita Steins ne prône pas le 100% naturel. Elle ne recommande pas de se passer de tout mais elle dénonce les tromperies et les manipulations. Elle s‘inquiète de l’emploi massif de la chimie, reproche à l’industrie de la beauté de nier les risques potentiels et de nous tromper avec des promesses démesurées.
Une des limites de son étude est que l’auteure étant allemande on ne trouve pas d’information sur les marques françaises. Seules les grandes marques internationales sont passées au crible. Mais elle passe en revue les composants, qu’elle répertorie de A à Z et propose une classification pour nous aider, au mieux à choisir, au pire à éviter les flacons les plus dangereux potentiellement. Il suffit de lire la liste des ingrédients (figurant parfois en caractères microscopiques sur les emballages …) et de les vérifier un par un.
A la croire presque tout est danger, hormis peut-être le savon de Marseille. Difficile de l’assurer car il manque un index pour faire une recherche par nom de produits. En tout cas pour moi qui ne me maquille pas, dont la couleur de cheveux est 100% d’origine (je crois que là je suis un produit rare) me voilà rassurée.
Je croyais les dentifrices inoffensifs. Que nenni ! Voilà que je lis que le mien contient du métylparaben. Moi qui pensais qu’en évitant les agents de blanchiment j’étais à l’abri des dangers … je réalise que je cours des risques en me brossant les dents, mais il faut ce qu’il faut.
Ce n’est pas mieux quand j’hydrate mes mains avec une crème ultra connue d’une marque emblématique de la cosmétique végétale, numéro 1 en France, en valeur et en volume (mais que je ne citerai pas, craignant d’être accusée de diffamation). Ne voulant tout de même pas les laisser se flétrir sans en prendre soin j’ai fabriqué ma propre substance nutritive avec du beurre de karité, détendu avec un peu d’huile de noisette et aromatisée de quelques gouttes d'huile essentielle de lavandin en suivant les conseils d'une productrice affiliée aux Routes de la lavande.
Il n‘est pas recommandé de s’en tartiner le visage parce que vous allez luire comme un réverbère mais elle fera merveille sur les mains, ou les pieds.
Quant à celles qui cherchent à conserver leur peau intacte le plus longtemps possible elles devraient apprendre que le meilleur traitement anti-âge serait … de ne jamais en employer …
samedi 26 novembre 2011
Le petit bricoleur conçu par Sauerkids, chez Ankama Jeunesse
Quelle idée pouvais-je bien avoir derrière la tête quand j’ai accepté, dans le cadre d'un partenariat avec Babelio, de recevoir ce livre pour le chroniquer ? Pire encore, je l’ai choisi dans une longue liste, attirée sans doute par le mot bricoleur. J’étais loin d’imaginer que ce livre est réellement idiot, comme l’écrivent eux-mêmes les auteurs qui recommandent de colorier, griffonner ou encore de déchirer les pages de l’ouvrage.Ils ambitionnent pourtant d’avoir conçu un livre éducatif pour les enfants de 8 à 80 ans (on comprend la référence subtile au traditionnel 7 à 77 ans). Ce n’est pas que j’apprécie uniquement le scolaire ou l’académique, mais le décalage à ce point m’a fait grincer. Vous me direz que je suis peut-être insensible à l’humour (néerlandais) des auteurs pour qui le mot sérieux signifie sans doute ennui.
Alors rien d‘étonnant à ce qu’ils apprennent à leurs lecteurs à dire des mots stupides dans toutes les langues, à ce qu’ils proposent le jeu des sales mots (pipi, crotte, caca, cul etc … p.14), qu’ils incitent à jouer avec la nourriture, et qu’ils fournissent un guide pour faire des bruits de pets à l’aide des aisselles (p.114).
On pourrait prendre tout cela au second degré, apprécier quelques tournures comme l’allitération de leur questionnement, en page 13 : Qu’est-ce qui a foiré dans la forêt ? en passant sur la vulgarité du vocabulaire. Plonger avec délice dans le fouillis typographique et l’univers graphique particulier de l’ouvrage, ce qui me parait réaliste pour des amateurs de mangas. S’extasier sur le versant moderne et original. Mes yeux n’ont pas la formation requise. Ils se perdent déjà dans la double page du sommaire :
Le petit bricoleur, 129 pages d’activités par Sauerkids, Ankama Jeunesse, septembre 2011
(cliquer sur la couverture pour ouvrir la page correspondante au livre sur Babelio)
mardi 31 mai 2011
Mon petit bunker de Marine Bramly
Marine Bramly est née à Dakar en 1969 et il est probable que ce ne sont pas les seuls points communs qu’elle ait avec Noah, l’héroïne de son second livre, qui se trouve faussement facile à lire. Le style est simple mais les idées sont complexes.Quand elle nous embarque au profond de l’Afrique ce n’est pas pour faire une balade touristique. On est davantage dans le documentaire ethnologique et psychologique.
Mais ses parents l’élèvent –ou plutôt la font vivre- comme une enfant des rues, livrée à elle-même et aux rudes us et coutumes de la société africaine qu’elle respecte sans se plaindre. Capable de décrocher un pain de singe du haut d’un baobab, de mendier en « faisant pièce dans l’eau » auprès des touristes, rude au travail (elle devient gardienne de chèvres dans le désert), refrénant sa faim en fonction de la nourriture disponible … on ne peut pas dire qu’elle a eu une enfance choyée.
Tout au plus on dira que cette anti-éducation, directement consécutive au mouvement de mai 68 lui a forgé le caractère et permis de développer des capacités créatrices. Elle ne l’a cependant pas du tout préparée à une vie d’adulte : elle était dotée d’une volonté en béton armé pour les choses qui ne changeaient à peu près rien à sa vie alors que les grandes résolutions montraient des fragilités de château de sable.(p.107)
Quand on a vécu au Sénégal dans le non conformisme absolu il est difficile de mener une vie « normale » en France avec un mari qui a des attentes classiques et qui croit être drôle lorsqu’il invoque une plaisanterie libanaise comme quoi chez les femmes la tête est faite pour le coiffeur. Heureusement qu’il fait la cuisine, sinon il ne serait qu’un affreux macho.
Pourtant Noah pourrait concilier passé et présent en devenant artiste reconnue. Un mécène vient d’ailleurs de lui consentir une énorme avance pour un projet auquel hélas Noah a bien du mal à démarrer. C’est qu’il lui faudra d’abord faire la paix avec les démons de son enfance.
Un à un les souvenirs seront extirpés du passé, analysés, nettoyés et ordonnés comme un entomologiste ferait avec une collection d’insectes. Elle règle ses comptes sans amertume avec la mère absente et le père omnipotent, qu’elle appelait dieu et qu’elle vénérait jusqu’à ce qu’il l’abandonne en plein désert.
J’ai pensé à Marguerite Duras, élevée à la dure sur un autre continent. Comme elle la petite Noah adolescente est émue par un homme parmi une foule prenant le bac. (p.141) Sauf que celui de Noah roule à moto … comme son père … et comme son mari rêverait de pouvoir le faire.
Le titre du livre représente plusieurs forteresses. La construction de la seconde guerre mondiale qui surgit encore du sable de la plage de Dakar, et où elle a failli être victime d’un viol en réunion. L’atelier qu’elle s’installe sous les toits et où elle vient se ressourcer dans la solitude. Métaphore enfin de l’enfance qui fut un carcan et dont il lui faudra se libérer.
J'ai pensé aussi à Carmen Bramly dont le livre Pastel fauve se fait l'écho d'une autre adolescence, à une autre époque. Décidément il y a bien du talent dans la famille Bramly.
Livre chroniqué dans le cadre du partenariat avec Babelio.
jeudi 17 mars 2011
Le Salon du Livre de Paris rouvre ses portes
L’an dernier j’avançais au petit bonheur. Maintenant que je connais beaucoup d’écrivains ma motivation a changé. Ce qui me plait c’est de les revoir et de pouvoir échanger quelques mots en dehors du contexte un peu stressant (pour eux) de la sortie de leur dernier titre.
J’aime aussi mettre un visage sur les voix des attachés de presse, surtout quand on a échangé de multiples mails. J'aurais pu mitrailler les "people" avec qui j'ai discuté ou que je reconnaissais dans les allées, une coupe de champagne d'une main, un toast de l'autre, un livre coincé sous le bras. Mais ce n'est pas mon style de jouer les paparazzi.
La soirée n'est pas pour autant une complète partie de plaisir. Parce qu’il y a du bruit, une foule bigarrée, que la signalétique est toujours aussi étonnante, si bien qu’on se perd et qu’on finit par renoncer à chercher le stand de X ou de Y. Levez les yeux au plafond et votre regard flottera entre les panneaux. Faisons un test : quelle est la rangée que j’ai photographiée ?
Non ce n’est pas la I comme Imprimerie, mais L comme Livre. Et vu que certaines allées sont en pointillés le plan n’est pas mentalisable sans effort.
C’est ainsi que je me suis retrouvée devant le stand Michelin. Figurez-vous que Michel Houellebecq n’avait jamais contacté la marque pour demander l'autorisation de citer son nom en long, en large et en travers de la Carte et le territoire. Loin de se plaindre, Michelin apprécie une publicité aussi intense, et dopée par le Prix Goncourt.
Juste en face, le stand de l’ECPAD, ce qui m’a permis de régler en moins de temps qu’il n’en faut pour le raconter le problème que m’a causé hier la frilosité de la Maison des arts d’Antony (92). En résumé on m’avait demandé de modifier le compte-rendu d’une exposition de photos de l’ecpad pour intégrer une mention de copyright ecpad dans chacune des photos que j’avais prises, ce que j’avais refusé de faire parce que je mentionnais l’origine des clichés et que surtout « mes photos de leurs photos ne pouvaient pas être leurs photos ». Leur responsable partage mon point de vue, a lu l'article d'origine et l'a jugé immédiatement publiable en l'état, sans aucune modification. Ce sera fait sous peu.
Sans divulguer des scoops indiscrets je peux dire que les visiteurs ne verront pas Claire Castillon qui est à l'étranger, que Martin Provost fera un saut rapide mais que ce soir il ne relèvera pas le nez de ses papiers car il est en train d'écrire un nouveau roman (comme Delphine de Vigan). Je parlerai du prochain film de Martin Provost très bientôt. Il a tourné en avril 2010 « Où va la nuit » dans l'Avesnois, une très belle région que j'ai eu l'occasion de mieux connaitre lors de mon passage à Aiguilles en fête . Le film retracera les mésaventures d'une femme recluse, régulièrement battue par son mari, et qui finit par le tuer pour échapper à son emprise... C'est Yolande Moreau, césar de la meilleure actrice en 2009 pour « Séraphine » qui interprète le rôle principal et qui m'a donné l'occasion d'écrire une de mes premières critiques. Sortie annoncée en salles le 4 mai. Rendez-vous sur A bride abattue pour une chronique dans la semaine du 6 avril.

Vanessa Caffin, dont le 3ème roman "Rossmore Avenue" vient juste de sortir (et que je suis en train de lire) s’est déjà remise elle aussi à écrire, dans un style qui renoue avec celui de Mémoire vive. L’action se situera de nouveau en France, et même à Paris. Le sujet est (encore) en lien avec un travail sur la mémoire dans une atmosphère de suspense.
Vanessa adore l’univers du polar où elle plongera sans doute un jour à son tour. Ceux qui pensent que les écrivains sont égocentrés se trompent furieusement. Chacun m'a donné ce soir des conseils de lecture. Vanessa m’incite à entrer dans la caravane de Nadine Monfils qui s’amuse de la proposition. Le héros des Vacances d’un serial killer est plutôt déjanté, me prévient-elle. Fabienne Jacob est elle aussi entrée en écriture mais je n’en saurai pas davantage sur le sujet que le double indice « ni femme ni lorraine ». Sophie Adriansen, coauteur avec Rodolphe Macia de Je vous emmène au bout de la ligne, passe du témoignage au roman. Nous découvrirons son premier livre personnel d'ici la fin de l'année. A sa place sera publié chez Laura Mare. Une histoire de destins croisés de deux jeunes femmes que tout oppose.
J'ai apprécié la nouvelle forme de communication, imaginée par Anne Cazaubon, journaliste radio et télévision, avec ses Textopolitains (Collection : Cause toujours, Casterman, 2011). Chaque livre est un carnet de tickets à découper, à distribuer ou à abandonner derrière soi sur un fauteuil dans les transports en commun. Une phrase très courte en forme de clin d’oeil, d’aphorisme, d’invitation, de question, de sourire… comme par exemple celle-ci : Notre histoire touche à sa fin ... je descends là. Ce n'est pas parce qu'on a l'habitude d'écrire des scénarios pour la télévision qu'on se sent de faire le travail sur son propre livre. Delphine Bertholon ne signera pas le scénario de Twist pour France 2. Je suis impatiente de voir la version filmée de ce livre qui fut un coup de cœur. Les discussions avec les auteurs sont informelles le soir de l'inauguration. Le public apprécie par contre les quelques mots qu'il échangera au moment d'une rituelle séance de dédicace. Les organisateurs en ont programmé 3800, de quoi satisfaire les 2 millions de visiteurs attendus.
Même s'il manque toujours celui dont on vient d'apprécier le livre et avec qui on aimerait échanger. Par exemple j'aurais aimé converser avec Jean Echenoz dont les Eclairs (éditions de Minuit) m'ont touchée.
Ou encore avec Bruno Tessarech qui, après le magnifique témoignage des Sentinelles, s'est plié à l'exercice de la lettre avec Vincennes pour Nil-Editions.J'ai par contre bavardé cuisine et bonheur avec Akli Tadjer, Prix de la révélation littéraire en 2000, qui traitait de l'amour paternel avec Il était une fois, peut-être pas. On parlait aussi de la rentrée prochaine (eh oui déjà …) dans les coursives. Par exemple chez Buchet-Chastel il y aura un brusque changement de registre pour Jean-Philippe Blondel. Avec G 229, il nous embarquait joyeusement dans une salle de classe. Il poursuit sur le chemin de l’autobiographie en revenant cette fois sur un passé forcément douloureux. L’auteur a perdu sa mère et son frère dans un accident de voiture dont son père fut le seul rescapé. Jean-Pierre part brutalement à San Francisco avant de rallier Morobe. (la suite en septembre …)
Également à découvrir à la rentrée, et après le Tigre blanc, le nouveau roman d'Aravind Adiga. Il replantera ses griffes dans une petite ville indienne d’aujourd’hui avec Les ombres de Kittur. Pas besoin d'attendre au-delà du mois de mai on pourra savourer la Modiste, une comédie à l’italienne très dialoguée écrite par Andrea Vitali. Cet auteur nous brossera le portrait des habitants d’un village du bord du lac de Côme dans les années 1950, véritable clochemerle italien. Parmi eux une jeune veuve mettra ses voisins en panique avec ses projets de remariage.
La communauté de lecteurs Babelio (dont je fais modestement partie) était présente pour la première fois.

Le Salon est aussi un lieu de remise de prix. J'ai choisi de relayer un des moins médiatiques, le Prix poésie des lecteurs Lire et faire lire, décerné pour la neuvième année en 2011. Ce sont les Zanimaux Zétonnants de Constantin Kaïteris (Editions Corps Puce, 2009) qui ont reçu les plus grand nombre de suffrages de la part des 245 bénévoles de l'association qui lisent auprès d’environ 4250 enfants de 42 départements français. J'ai beaucoup d'admiration pour le travail des bénévoles de Lire faire lire dans les écoles élémentaires ou maternelles. Ces passeurs d'histoires sont un peu des substituts de grands-parents qui maintiennent de précieux liens intergénérationnels et qui, au quotidien, déclinent la citation de Marcel Proust figurant en tête du dossier de presse du Salon : la lecture est une amitié.

Le Salon du livre de Paris est aussi le moment de faire le point sur l'édition et les tendances du marché. On prédisait que l'e-book signait la mort du livre. Que nenni puisque les ventes qui progressent sur Internet sont ... des ventes de livres papier. Certes la profession de libraire est en souffrance mais ce sont les plus gros qui semblent résister le moins bien. Il faut croire que les lecteurs sont attachés à la relation de proximité quand celle-ci est de qualité. Attendons quelques jours pour dresser le bilan de ce salon nouvelle mouture : moins de jours d'ouverture mais sur des plages horaires plus étendues.
Principaux ouvrages des auteurs cités dans le billet : Vanessa Caffin pour Mémoire vive et Rossmore Avenue (lecture en cours) Claire Castillon pour les Bulles Martin Provost auteur de Bifteck Delphine de Vigan avec les Heures souterraines Delphine Bertholon pour Twist et pour l'Effet larsen Jean Echenoz et Des Eclairs Bruno Tessarech avec les Sentinelles, et Vincennes (lecture en cours) Akli Tadjer, pour Il était une fois, peut-être pas Rodolphe Macia et Sophie Adriansen avec Je vous emmène au bout de la ligne Fabienne Jacob pour Corps Michel Houellebecq pour la Carte et le territoire (lecture en cours) Anne Cazaubon avec Les Textopolitains
mercredi 12 janvier 2011
Petits secrets de Bonheur
L'auteur s'est borné à une sorte de traité philosophique sous forme de conversation à l'instar du roman initiatique le Monde de Sophie, de Jostein Gaarder et paru au Seuil en 1991.
On remarquera d'ailleurs la proximité des couvertures ...Il reprend des citations célébrissimes, comme celle-ci de Socrate : Il n'y a pas de vent favorable pour celui qui ne sait pas où il va.
En résumé son propos c'est de nous "révéler" que si nous avons un but et qu'on conjugue nos forces pour l'atteindre nous serons ipso facto heureux. Autrement dit : aide-toi le ciel t'aidera ! ce qu'on peut lire d'ailleurs en toutes lettres page 50.
Croit-il aussi nous apprendre que c'est en forgeant qu'on devient forgeron ? (page 36) Son secret, qui n'en est pas un, consiste à affirmer que c'est en étant heureux qu'on devient heureux. Comme si on ignorait qu'on ne prête qu'aux riches !
Encore heureux (pardon pour l'humour de bas étage) qu'il ne nous fasse pas le coup du verre à moitié vide.
J'ai, malgré tout, lu attentivement ce petit livre bleu qui n'a pas beaucoup malmené mon emploi du temps tant il est mince. J'ai été surprise par sa définition de la chance (p. 78) : avoir de la chance c'est recevoir dans une situation donnée, quelque chose de plus, de ce à quoi on a normalement droit.
Ne nous arrêtons pas sur la bizarrerie de la syntaxe, et sans polémiquer je me suis dit que si le bonheur était une chance on n'y avait pas "normalement" droit ... en suivant le raisonnement de Monsieur Marceau.
Je me suis souvenu d'un traité de Jean-Louis Servan-Schreiber sur l'Art du temps (chez Albin Michel), décryptant les attitudes néfastes et suggérant des comportements adaptés à la réduction du stress lié à des emplois du temps mal gérés. J'y avais puisé de précieux conseils.
Martin Marceau reste, lui, à un niveau abstrait. Comme il est facile de nous suggérer d'écouter nos rêves, de devenir charismatique (si c'était si simple on le serait tous) pour rayonner comme un soleil. A part entrer dans un monastère ou dans tout autre monde contemplatif je n'entrevois pas comment procéder concrètement. La seule recommandation un peu opérationnelle qu'il nous fait serait de sourire et même de rire pour (je cite) transmettre son bonheur. C'est un raisonnement en boucle fait par un Faucon Yaka.
Admettons que sourire sur commande soit relativement à la portée de tous, mais rire mériterait bien une leçon. Il faudra que je demande à des comédiens comment ils s'y prennent pour que leur rire sonne juste ... en attendant que ce soit inscrit dans les programmes scolaires.
Petits secrets de Bonheur est donc vite lu, vite expédié et j’ai pris le temps de chercher quelques pistes pour ne pas publier un billet pessimiste sur un tel sujet.
On peut poursuivre sur la voie contemplative en ouvrant Soufi mon amour dont j’ai récemment fait la critique. Ou aller au cinéma voir Another Year, ou les Petits mouchoirs.
On nous ressasse le même principe, dit avec d'autres mots (p. 13) : la capacité d’apprécier le présent, sans se laisser parasiter par des regrets du passé ou des craintes du futur, provoque un bien-être capable d’entrouvrir la porte du bonheur. Évacuer les pensées négatives est un conseil basique que j 'avais exposé il y a plus d'un an avec la technique du pas japonais.
Apprécier le présent est facile quand ce présent est agréable. Sinon il faudra anticiper un avenir et se réjouir à l'avance. Le rêve est un emprunt fait au bonheur (j'assume la formule tout en vous alertant sur les intérêts à payer en cas d'échec).
La fuite dans les tâches ménagères est un excellent palliatif à la morosité. D’une part parce qu’il est satisfaisant de voir un résultat positif quand on a le moral en déroute. D’autre part parce qu’il faut bien consacrer du temps au ménage et au rangement. Autant donc que cela profite au moral.
Tricoter est un dérivatif incroyablement efficace parce que la régularité du rythme des aiguilles évacue le stress, et ralentit la pensée tout en la structurant. Je n'ai pas le temps de développer ici mais croyez-moi sur parole, et faites votre propre expérience, ce qui ne coûtera pas grand chose.
Prendre le petit déjeuner au lit est une façon de démarrer agréablement la journée, surtout en semaine. Programmer son réveil beaucoup plus tôt que nécessaire permet de disposer d’une belle marge pour savourer café ou thé avec quelques tranches de brioche maison (j’ai publié des recettes faciles pour tous les gouts). Pour peu que vous ayez à portée de mains un (bon) livre une heure de lecture vous mettra de bonne humeur pour aborder la « vraie » journée de travail. Et le soir il suffit de ne pas veiller alors que vos yeux se ferment malgré vous. C’est une simple question d’organisation du temps.
Si on dîne seul(e) le principe du plateau repas est applicable au-delà du sandwich. Rien n’empêche de faire de belles présentations avec des plats qui ont mijoté plutôt que d’avaler n’importe quoi n’importe comment. Être heureux passe aussi par la satisfaction de besoins apparemment anodins.
Tout ce qui permet en quelque sorte de scénariser sa vie, est bon à explorer parce que c’est le moyen de se prendre en mains. Ceux qui ont conscience de chercher le bonheur vivent probablement un épisode dépressif. Le premier signe est l’absence de projets, ou du moins l’incapacité à se projeter dans l’avenir. C’est bien pourquoi la phrase de Socrate arrive comme une épingle dans le cœur. Comment savoir où l’on veut aller quand on n’a goût à rien.
Peut-être qu’en se fixant un premier objectif, même tout petit, même dérisoire, comme passer l’aspirateur ou aller chercher une baguette de pain serait une première étape ?
Je m’étais dispensée de lire le carnet personnel glissé dans la couverture. On nous y fait le coup de la bouteille à moitié pleine ou vide (comme quoi elle était bien là). Il se termine par "aujourd’hui est le premier jour du reste de ma vie". Magnifique promesse comme titre de film, plombant comme devise personnelle.
Livre chroniqué dans le cadre du partenariat avec Babelio.
mercredi 27 octobre 2010
Facebook, livre, film et plus si …
Risques pour les mineurs, escroqueries, usurpations d’identité, utilisation commerciale de données privées... Comment ces sites ont-ils organisé leur ascension ? Qu’est-ce qui poussent les internautes à s’y mettre à nu au vu de tous ? Comment Facebook et Myspace gagnent-ils de l’argent en vendant les profils des internautes ? En interrogeant sociologues, avocats, policiers, psychanalystes, et bien sûr, les dirigeants de ces sites ainsi que ceux qui en ont été victimes, Olivier Levrard et Delphine Soulas promettent de nous dévoiler la face cachée des réseaux sociaux dans le livre qu’ils ont publiés au début de l’année 2010 aux éditions Michalon, Facebook : mes amis, mes amours ... des emmerdes !
Sauf qu’en utilisant le nom d’une série télé qui revient sur les antennes … et qui a sa propre page sur Facebook les auteurs ajoutent encore de la confusion là où très franchement il n’y en avait pas besoin.
En résumé et pour « faire utile », incitations incontrôlées, fichages de toutes origines, escroqueries, actes délictueux, enfermement informatiques… sont effectivement des dangers réels. La lecture du livre pourra renforcer une prudence élémentaire que nous oublions parfois de suivre. Ces réseaux « sociaux » ne sont pas des pièges dangereux pour nos libertés si on les utilise en gardant la mesure.
Être sur Facebook c’est devoir assumer une visibilité
Il ne nous viendrait pas à l’idée de faire disparaitre tous les couteaux de la cuisine au motif qu’un assassin a employé cet outil pour tuer sa femme. Il ne faut pas confondre l’objet et son usage. Ce n’est pas non plus parce qu’on a un blog qu’on étale sa vie privée. Autrement dit ce qui importe, ce n’est pas le média, mais le contenu qu’il véhicule et dont nous sommes parfaitement maitres, ne l’oublions pas.
Un désir de reconnaissance insatiable
FB étymologiquement signifie trombinoscope. Inscrivez-vous et vous aurez à coup sûr la possibilité de recontacter toutes les personnes que vous avez approchées de près ou de loin. C’est en quelque sorte une formidable machine à remonter le temps, qui répondrait au fol espoir de pouvoir recommencer sa vie. La tentation est forte d’établir un parallèle avec le nombre croissant de mariages avec son premier amour … quelques décennies plus tard ?
Ce qui est drôle c’est que nous avions été des milliers à exiger l’inscription de notre numéro de téléphone sur la fameuse liste rouge de France Telecom pour ne pas risquer d’être repéré dans l’annuaire téléphonique. L’opérateur est devenu Orange. Et depuis le réseau bleu, alias Facebook, a ouvert ses pages. Et voilà que les mêmes qui se protégeaient hier s’y affichent maintenant sans retenue. Faut-il vraiment être en manque de communication pour agir de manière aussi écervelée ?
Tout le monde ne s’inscrit pas sous son vrai nom. Mais dans ce cas les chances de se (re)lier à des connaissances perdues de vue sont minces, par définition. Les malins qui se cachent derrière un pseudonyme publient souvent des photos compromettantes qui projettent leurs frasques en pleine lumière.
Facebook, ou “The” Social Network
Le film est annoncé comme une histoire vraie, mais « librement » adaptée de la vie de Mark Zuckerberg, le créateur du réseau social Facebook. Les scénaristes ont puisé leurs ingrédients dans le livre de Ben Mezrich "The accidental Billionaires", titré en France "La revanche d'un solitaire" et qui retrace la création de Facebook dans un dortoir de Harvard par Mark Zuckerberg aidé de son ami Eduardo Saverin.
D’après mes sources le livre décrypterait davantage les origines de Facebook. Je suis ressortie déçue de la projection, avec l’amère impression de m’être fait hameçonner. Le visionnage de la bande-annonce est un résumé qui m’aurait suffit. Je n’en ai guère appris davantage en deux heures 30 sur « le » réseau social par excellence, si ce n’est que son créateur a suivi le conseil d’un collaborateur de retirer l’article.
L’anecdote est exacte mais incomplète. A l’origine le réseau s’appelait Friendster avant de devenir Facemash.com puis ce qu’on sait.
A l’image de « faites entrer l’accusé » le film juxtapose une reconstitution du procès opposant le créateur du site à ses détracteurs (pour une histoire de gros sous) à des flash-backs censé narrer la création et l’ascension d’une poignée de geeks, entendez par là des mordus d’informatique.
Le film écrase le mythe. J’y ai vu un post-ado qui ne s’épanouit jamais, même par simple mégalomanie, même pas antipathique, simplement apathique. Tout le contraire de ce que font ses fans. Vous pourrez toujours me dire que c’est cela qui est génial. Qu’un étudiant frustré ait conçu ce formidable outil de communication en réponse à son handicap. On ne fera jamais assez l’apologie de la frustration !
Au final rien n’est éclairci, ce qui était peut-être voulu. Mark Zuckerberg peut dormir tranquille. On me dirait qu’il n’a jamais existé que je le croirais tant le personnage semble n’avoir aucun affect. J’ai donc vérifié.
C’était un jeu d’enfant que de taper son nom sur Facebook et je vous offre la photo de son « mur ». Son sourire m’a plu davantage que le nombre de ses « amis », plus d’un million trois cent mille.Car la diction hachée et le regard inexpressif de l’acteur interprète Jesse Eisenberg m’avaient grandement donné envie de fermer mon compte, ne me reconnaissant pas plus dans cette communauté, que je n’aurais apprécié autrefois avoir eu un compte à la Société générale ou au Crédit Lyonnais.
Me voilà rassurée. Et je consens à admettre que le film fait (un peu) connaitre le mode de fonctionnement de ces grandes universités américaines où naissent les success-stories. L’accent harvardien des détracteurs de mark est assez savoureux. C’est le seul intérêt à choisir la V.O. parce que le débit est tellement rapide qu’il ne faut pas espérer le soutien des sous-titres pour affiner la compréhension des dialogues.
Où s’arrête le virtuel, où commence le réel ?
Facebook est également décrié comme faisant concurrence aux sites de rencontres qui avaient le vent en poupe il y a seulement quatre ou cinq ans. La rencontre virtuelle n’est pas née d’Internet. Longtemps le courrier, les petites annonces, ont médiatisé les rencontres. Ce fut le « réseau » dans les années 70, quand plusieurs personnes composaient au même moment des numéros non attribués qui les mettaient en relation au petit bonheur. Il y eut aussi les CB (cibi), le minitel … De tous temps hommes et femmes ont eu envie d’entrer en contact sans être trop vite confronté au corps, parce que seul le corps peut mettre en péril une rencontre. Et pourtant seul le corps permet une résonance émotionnelle ...
Or Internet permet d’augmenter sa surface sociale en engageant moins le corps. Du coup il ne faut pas s’étonner (ni regretter) que la réintroduction du corps soit un quitte ou double. Au-delà de l’étonnement, de l’inattendu, il pourra y avoir malgré tout une agréable surprise, et pourquoi pas l'exaltation.
Le désir est-il compatible avec Internet ?
La chirurgie esthétique améliore l’ordinaire corporel … parce qu’on nous serine qu’on le vaut bien. Alors la tentation est grande de maquiller (aussi) son profil au lieu de prendre le risque d’aller authentiquement à la rencontre de l’autre. Remarquons au passage que la manière dont on se perçoit n’est pas forcément en adéquation avec celle avec laquelle les autres nous voient ou vont nous regarder.
On ne peut pas échapper au formatage des fiches mais l’erreur, entretenue par les sites de rencontre, est précisément de chercher quelqu’un à qui on ressemble et dont on partagerait les goûts. La mythologie de la ressemblance, qui voudrait que chacun cherche son alter ego n’est pas un critère a priori valable. Comment vivre (heureux) à deux si on sait à l’avance qu’on aimera les mêmes choses ? Une vie sans surprise devient vite fade. La réassurance conduit à l’immobilisme.
Les gens s’entendent (ou pas) pour une manière de bouger, de sourire, un ton de voix, des odeurs, … et cela ne se met pas en fiches. Le corps (ému) fait la rencontre de l'autre ... parce que c'était lui, parce que c'était moi ... comme l'écrivait Montaigne, comme l'a chanté Michel Sardou.
Serge Tisseron a exploré ce que devient le désir sur les sites de rencontres. L’écouter remet les ordinateurs à l’heure.
Il était venu discuter de cette question du désir le samedi 9 octobre à l’invitation de l’association Autrement à la médiathèque d’Antony (92). Ce psychanalyste, docteur en psychologie, directeur de recherche (CNRS, Université Paris X) est d’ailleurs cité par les auteurs du livre consacré à Facebook. Il fait désormais référence dans le domaine des nouvelles technologies et qui plus est sa pensée est limpide.
L’épreuve de réalité est incontournable
Tout commence à partir du moment où on va se voir « pour de vrai ». La confrontation avec cet autre que l'on croit connaitre est déterminante. Et s’il y a un conseil à retenir c’est bien de ne pas tarder à programmer la « rencontre », laquelle ne démarre réellement que la première fois qu’on se voit "pour de vrai". Même si personne n’a enjolivé son portrait, le face à face sera forcément une découverte.
Au XIX° siècle on se repérait aux fêtes familiales. On se revoyait aux fêtes de village et petit à petit on nouait une relation. Désormais on veut une réponse sans délai et Serge Tisseron nous rappelle qu'il est de plus en plus difficile de supporter le refus de l'autre. D'autant plus que nous vivons dans une culture fâchée avec le corps réel qui nous invite à idolâtrer le corps éternellement jeune.
Des dérives existent. Certaines personnes se marient par leur avatar, sur le site second Life. D'autres utilisent Internet pour assouvir leurs instincts sans conscience. Michel Houellebecq a écrit sur le sujet. Les adolescents déploient une sexualité extrême qui s'apparente à des rites de passage. Ils semblent intervertir le mode d'emploi de la rencontre, d'abord le sexe, plus si entente. Derrière cet usage se cache toujours la même angoisse, celle de la confrontation au refus.
Après tout est-ce que la façon de draguer des anciens, promettant le mariage alors qu'ils n'y songeaient pas un instant était plus morale ?
Les jeux vidéo, c'est bon pour la santé
C’est la question qui soulève le plus de polémiques. Vous êtes légion à vilipender Internet à ce propos. Je n’étais pas loin de penser comme vous. Et si je vous dis maintenant que les jeux vidéo ne sont pas condamnables vous allez croire que je suis victime d’un drôle de virus informatique. Mais non !
Serge Tisseron a bousculé mes représentations. Il connait très bien cet univers, y compris de l’intérieur. Il a notamment publié "L’intimité surexposée" (2001), - "Virtuel mon amour : aimer, penser, souffrir à l’ère des nouvelles technologies" (2008), - "L’empathie au cœur du jeu social" (2010).
S’il s’insurge contre les chaines de télévision dédiées aux enfants de moins de trois ans c’est qu’il en mesure les risques. Il fait l’apologie des jeux de rôles en maternelle. Les adultes croient que les élèves jouent mais ils ne font pas que cela. Les jeux d’imitation permettent de se structurer et de se socialiser, ce qui n’est pas un acquis négligeable.
Selon lui les jeux vidéo constituent (et jamais avant six ans) dans une certaine mesure un apprentissage des règles, d'abord celles du jeu, qui le plus souvent sont à découvrir en jouant, ce qui n'est jamais facile. C'est aussi le moyen de manipuler symboliquement son double narcissique et extérioriser ses conflits inconscients. Ou une élévation de la confiance en soi. Mais l'aire du jeu ne doit être qu'un territoire de simulation et d'entrainement. sans reprise par la parole de ce qui a été ressenti, l'effet thérapeutique sera limité.
Les nouvelles technologies ont bel et bien changé les règles. Le risque n'est pas d'y faire de mauvaises rencontres mais de perdre l'esprit critique qui se nourrit de la confrontation et de la discussion.
Avez-vous remarqué que sur Facebook on peut manifester sa satisfaction ou son accord en cliquant sur l'icône pouce levé signifiant j'aime mais que la réciproque n'est pas prévue.
Hier on bouclait la bouche des filles avec l'injonction sois belle et tais-toi ! Aujourd'hui on a mis tout le monde sur le même pied en prônant aime ou tais-toi !
C’est dans le cadre du partenariat avec Babelio que j’ai lu Facebook : mes amis, mes amours ... des emmerdes ! La vérité sur les réseaux sociaux d’Olivier Levard et Delphine SOULAS
Éditions Michalon - 34, rue de Lancry - 75010 Paris, 192 pages, 16 €
Pour connaitre les prochains débats de l’association Autrement : consulter leur site
mercredi 19 mai 2010
Effilochée de lieu jaune à la mode de Toscane
D'accord le titre est ronflant mais cela m'est venu en cherchant un nom qui sonne l'Italie. La faute à Frédéric Berqué dont les très belles photos de sa Cuisine à bâbord m'ont fait un peu divaguer.J'ai reçu ce dernier-né de la collection Toquades de First éditions hier soir dans le cadre du partenariat engagé avec Babelio et j'étais aux fourneaux dès aujourd'hui. Non pas pour exécuter une recette mais pour laisser libre cours à mes propres envies.
Je vous explique pourquoi : ce livre m'a tout d'abord enthousiasmée parce que je me sens toujours un peu coupable de ne pas manger assez souvent de poisson. Je trouve ce type de plat difficile à réussir. Je dois ce que je sais à ma grand-mère qui était davantage familière des abats, escargots et autres plats bourguignons en sauce. Préparer un poisson ne m'est donc pas "naturel".
Ce fut la déception dans un second temps car il n'y a rien de très original dans les propositions de Frédéric Berqué. Qu'à cela ne tienne je me suis lancée dans une version tribord. Et c'est là que ce livre est finalement une valeur sûre. Parce qu'il présente tout l'éventail des déclinaisons faciles et classiques qu'on peut souhaiter faire avec poisson et fruits de mer. Et c'est ce type de livre qui manque trop souvent sur nos étagères. Avec Cuisine à bâbord vous garantissez la réussite de votre diner.
Voici donc la version tribord du mille-feuille de cabillaud à l'écrasé de pomme de terre de la page 48.
Ce que j'ai changé : j'ai préféré du lieu jaune, beaucoup moins cher et tout autant goûteux.
J'ai servi avec une salade verte mélangée avec quelques feuilles de roquette pour apporter un peu d'acidité et un jus de tomate jaune pour surprendre les convives avec un peu de douceur.
Le citron confit au gingembre est un des produits-phares du Coq noir, une société familiale née de la culture malgache et réunionnaise, installée à L’Ile la Sorgue (84800) dont la devise est "cuisine facile pour cuisine gourmande".
J'ai découvert les jus et nectars de fruits d'Alain Milliat il y a presque deux ans au Murano, le temps d'un brunch d'exception que j'ai raconté dans le détail ici. Hélas, ce fournisseur, qui a démarré dans les années 90 au pied des Pyrénées, a ensuite été rayé de leur carte. Imaginez ma joie quand j'ai vu l'alignement des petites bouteilles à Nancy dans le frigo de l'Epicerie du goût qui distribue aussi le citron confit.
