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dimanche 29 décembre 2013

Visite de la cave Mercier à Epernay

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Il y a deux semaines j'ai posté un billet rendant compte de la visite des caves De Castellane d'Epernay. J'ai eu la chance de pouvoir descendre également dans les caves Mercier. Et même s'il s'agit toujours de champagne (avec un mode de fabrication très semblable) cette expédition est fort différente.

J'étais montée en haut de l'Avenue de Champagne pour prendre quelques photos du vignoble.

Parler de ce breuvage sans marcher dans une vigne me semblait aberrant.

Les zones de culture sont restreintes en pleine ville mais il en existe encore, au-dessus de la maison Mercier qui occupe le 60 de l'avenue.

Si nous étions un jour de semaine il est probable qu'on verrait des vignerons à pied d'oeuvre. Auparavant on ne taillait pas avant la Saint-Vincent, le 22 janvier. Mais j'ai appris qu'on pré-taillait les rabots désormais bien avant.
On m'a dit aussi que le saint patron a été choisi pour la double allusion au vin et au sang. La fête se situe aussi à une période de transition pour la vigne, entre l’hibernation et le retour à la végétation. Le diction veut qu'à la Saint-Vincent, l'hiver s'en va ou se reprend.

Avoir entendu Emmanuel Mercier, ambassadeur de Mercier et arrière-petit-fils du fondateur, parler des caves m'avait déjà donné envie de les visiter. Les allers et venues des autocars ont achevé de me décider.

Au moment de prendre son billet on est déjà saisi par un objet monumental que l'on doit évidemment à Eugène Mercier, le fondateur de la maison en 1858, un visionnaire dont les idées restent révolutionnaires.

Il a lancé la construction du plus grand foudre du monde, 160 000 litres (l'équivalent de 213 000 bouteilles). Il aura fallu 150 chênes de Hongrie, 3 années de séchage et 11 autres pour le réaliser mais il a été achevé avant l'Exposition Universelle de 1889.

Rien que son acheminement vers Paris, en trois semaines, tracté par douze paires de boeufs fut un événement énorme. On imagine mal ce que cela a pu être avec les archi confréries de Saint-Vincent marchant devant, en tenue, avec les bâtons, et tous les accessoires. L'illustration de son passage sur la route Paris-Epernay est en bonne place dans l'espace d'exposition de la maison.
On peut penser que s'il n'y avait pas eu la concurrence de la Tour Eiffel c'est ce foudre qui aurait remporté le concours. C'est Gustave-André Navlet qui assure les sculptures. c'est lui aussi qui réalisera les bas-reliefs que nous verrons dans la cave (comme chez Louise Pommery -à Reims- entre autres). On y versa les vendanges de 1883.
On peut effectuer une visite classique ou s'inscrire sur le site des greeters pour découvrir un site sous un autre jour, au cours d’un moment de partage et d’échange convivial.

Le concept est new-yorkais et s'est bien implanté dans la Marne. Ils sont 38, tous passionnés par leur territoire, qui ont à coeur de partager leurs endroits préférés, leurs coups de cœur et leurs anecdotes lors de rencontres conviviales et qui plus est gratuites, en petits groupes de six personnes maximum. Chaque balade est unique : elle dépend de la personnalité des visiteurs, du greeter qui les accompagne, et des affinités qui se créent entre eux.
Pascal Pécriaux est l'un d'entre eux (ci-dessous sur la gauche, à coté d'Emmanuel Mercier) et j'aurais adoré le suivre si j'avais eu davantage de temps disponible. Bénéficier des connaissances (et de l'humour) de quelqu'un qui a travaillé plus de trente ans dans l'univers du champagne est un privilège. Il démontre que le touriste n'est pas qu'un "porte-monnaie sur pattes".

Ceci étant la visite des caves est bien conçue. Avec un film qui retrace les étapes déterminantes. L'histoire d'une maison commence avec l'ouverture des livres de comptes (d'où l'émotion que l'on peut ressentir quand on a la chance d'en consulter un de près comme vendredi soir).

On réalise combien Eugène Mercier (1838-1904) fut inventif. D'origine modeste, il créa sa Maison de Champagne à Epernay à 20 ans. Il opte d'emblée pour ce qu'on désignerait aujourd'hui comme un positionnement d'entrée de gamme. Son objectif est de rendre le champagne accessible à tous.

C'est un bourreau de travail, véritable self-made-man, qui réduit les coûts tout en inventant parallèlement la première cuvée spéciale. Il a fait creuser ses caves, à 30 mètres sous le sol crayeux d’Epernay, comme un monument de l'ère industrielle tant par leur plan orthogonal, à l'instar des villes américaines, que par leurs dimensions puisqu'elle  s s'étendent sur 18 kilomètres. La plus longue galerie, la galerie de Pékin, mesure 1, 2 km et permettait de relier les caves au Château de Pékin qui était propriété de la Maison.

Elles se visitaient autrefois en calèches. C'est aujourd'hui en ascenseur panoramique qu'on y descend, ce qui demeure révolutionnaire.
Les 4 km de circuit s'effectuent en voiture électrique, ce qui est bien commode. L'inconvénient est peut-être le manque d'interactivité auquel on est habitué avec une visite guidée. Nous longeons les imposants bas-reliefs sculptés à même la craie des crayères où l'on verra un hommage à Dom Pérignon (qui est pourtant une marque de son principal concurrent même si aujourd'hui ils appartiennent au même groupe international), des figures mythologiques, des statues.
On ne s'en rend pas forcément compte mais la plupart des galeries (47 au total) débouchent directement,  sur la voie ferrée Paris Strasbourg pour faciliter le chargement des bouteilles.

Eugène Mercier a inventé l'événementiel avant l'heure. Il signe avec Sarah Bernhardt un contrat en 1883 pour utiliser son nom (ce qui n'empêche pas celle-ci d'avouer publiquement sa préférence pour une autre maison). C'est encore lui qui invente le film publicitaire en sollicitant les Frères Lumière pour l'Exposition universelle de 1900.
Les caves sont ouvertes au public depuis 1885 et sont les plus visitées de la Champagne. L'électricité y a été installée très tôt, en 1886.

Comme dans les autres caves, on regrette de les voir alors qu'elles ne sont pas actives. Du coup on n'imagine pas le fourmillement qui doit y régner. On perçoit malgré tout leur gigantisme. On ne s'étonne plus qu'un rallye y soit programmé en 1950 pour le lancement de la 4 CV.
Elles sont modernes, comme ses soeurs, avec des gyropalettes en lieu et place des anciennes tables de remuage.
Après la visite on est invité à vérifier les trois caractéristiques du champagne Mercier : frais, fruité, intense, trois qualités dont Christophe Bonnefond, chef de cave, est aujourd'hui le garant.
Une exposition rappelle quelques moments exceptionnels en terme de communication.
Comme le souvenir de la dégustation dans un ballon captif, siglé de son nom, où sont montés 20 000 personnes pour déguster une coupe à 300 mètres au dessus du Champ de Mars en 1900.
 
Je me demande ce qu'Eugène Mercier aurait inventé pour soutenir la candidature de la région au Patrimoine mondial de l'Unesco. Réponse officielle en janvier 2014. Tous nos voeux l'accompagnent !
D'ici là je vous recommande la lecture passionnante de Coteaux, Maisons & Caves de Champagne, paru aux Editions De Larenée pour soutenir le projet.
Egalement le petit guide fort précis des auberges, bars, bistrots, brasseries, cafés restaurants, qui répertorie les Lieux de toujours Mercier, un voyage gourmand en France, paru chez Gallimard en octobre 2012. Tirée à un million d'exemplaires, chaque édition répertorie les meilleurs établissements dans toute la France. Ces bistrots, brasseries, restaurants, bars à vin proposent une cuisine de qualité et un cadre original et authentique, notamment la Table Kobus (p. 32) dont je vous parlerai prochainement.

mardi 17 décembre 2013

Parade automobile à Epernay dans le cadre des Habits de Lumière 2013

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C'est presque une façon de clôturer la fête, avec cette parade automobile jumelée à un concours d'élégance pour prolonger le week-end Habits de Lumière ici à Epernay.

Plusieurs centaines de véhicules de plus de 30 ans prennent part à ce rendez-vous sur l'Esplanade Charles-de-Gaulle. Il compte parmi les plus grands rassemblements de voitures anciennes du quart Nord-Est de la France.

De la voiture de prestige aux véhicules populaires, tous les modèles sont les bienvenus.
A tout seigneur tout honneur avec ce camion rouge de livraison Mercier. Il est en quelque sorte talonné par la "Motte de beurre". C'était le surnom qu'on avait donné à la voiture la plus vendue jusqu'en 1955 (et qui fut la première de mes parents ...) en raison de sa couleur jaune.

On la voit ici en gris souris annonçant avec humour un convoi exceptionnel. Je me demande si celle là a fait partie du rallye qui a été organisé dans les galeries des caves Mercier (mais oui !) en 1950 pour son lancement.

Dès 8h 30 les sparnaciens et nombreux touristes sont invités à observer le ballet des véhicules sur l’esplanade Charles-de-Gaulle, accompagnés par la fanfare Les Dromadulaires.

De 9h 30 à 10h 30 un concours d'élégance se disputait entre 10 véhicules de plus de 40 ans sélectionnés par un comité. C'est peut-être pour cela que certains participants avaient particulièrement "joué" le jeu en se costumant. J'avoue avoir profité des rayons du soleil pour monter dans les vignes, histoire de ne pas me contenter que du "minéral".
Mais à ceux qui pourraient être surpris par ce type de manifestation il faut rappeler que l'arrivée du rallye automobile Paris-Epernay le 21 octobre 1904 devant le château de Pékin, avenue de Champagne, a scellé une association indéfectible entre ce sport et cette boisson.

Il faut savoir aussi que le premier Championnat du Monde de Formule 1 a eu lieu en Champagne et que le vainqueur (on se souvient tous de son nom, devenu synonyme de vitesse, Juan Manuel Fangio) s'est vu offrir un jéroboam.

L'anecdote veut qu'il faut attendre une petite erreur, en 1966, pour que s'installe la tradition de "faire péter le champagne". c'état au 24 heures du Mans et le lauréat Jo Siffert arrose le public involontairement en ouvrant le jéroboam qui n'a pas été gardé suffisamment au frais. Depuis, et pour garantir l'effet, les pilotes automobiles secouent même les bouteilles. Mais si vous voulez faire la meilleure dégustation choisissez un magnum. C'est la contenance idéale, à ce qu'il parait.

Un défilé a démarré à 11 heures dans les rues de la ville avec une remontée, non pas des Champs Elysées, mais de l'Avenue de Champagne ...
... où "naturellement" je les ai croisés.
Une virée supplémentaire était organisée l'après-midi par l’association Flagot Légendes pour  20 véhicules anciens consistant en une virée dans les Coteaux Champenois.

Chacune de ces "étapes" est validée par une inscription, obligatoire et payante, en fonction du véhicule. Une dégustation de champagne est offerte aux participants aux alentours de 11 h 30.
Information et contact : parade.automobile@ville-epernay.fr

lundi 16 décembre 2013

L'Avenue de Champagne d'Epernay, de jour comme de nuit ...

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Je vous ai présenté Epernay sous ses Habits de Lumière, et sous ses Habits de Saveurs. Nous avons aussi visité ensemble une cave prestigieuse.

Aujourd'hui je voudrais vous montrer l'envers du décor, ou plutôt l'endroit tel qu'il est 362 jours par an, et ce n'est pas mal non plus, même si c'est radicalement différent. L'Avenue de Champagne, puisque c'est d'elle qu'il s'agit est belle sous toutes les lumières, celles du jour comme celles de la nuit.

Idéalement située sur la route royale reliant Paris à l'Allemagne, elle s’est développée quand le commerce des vins s’est spécialisé. Rebaptisée  alternativement "Faubourg du commerce", ou "Faubourg de la Folie", sous Louis XV (probablement en raison de la présence de riches propriétés), sa renommée commence véritablement au XVIIIe siècle en devenant  "la voie royale" qui conduit de Paris à l'Allemagne.

C'est en quelque sorte la première ZI (zone industrielle) aux abords d'une ville. Si on s'y promène le week-end on ne s'en rend pas compte mais c'est toujours un lieu très actif.
On remarquera d'ailleurs les quais de débarquement conçus pour les camions chez Pol Roger. Et je n'ose imaginer le ballet en période de vendanges. La brique industrielle jaune est clairement apparente.  On a perdu un pan du U caractéristique de la fin du siècle dernier mais l'influence art déco demeure au fronton, avec les masques et les motifs géométriques.Tous les bâtiments ne présentent pas la même valeur patrimoniale mais chacun a son intérêt architectural et leur diversité fait l'intérêt de la promenade.

Les plus grandes Maisons de Champagne se sont développées ici et ont fait apparaître les grandes demeures champenoises des négociants. Les "Châteaux " Perrier, Gérard, Pékin qui allient l'aspect familial et le commerce des vins de Champagne sont ainsi les témoins de l'époque. Les hôtels particuliers des Maisons Auban-Moët, Chandon, Maigret, Gallice, de Billy ou Mercier sont toutes prestigieuses, autant dans leur agencement intérieur que dans leur l'environnement.

Si bien qu'autrefois simple lieu de passage, l'Avenue de Champagne est aujourd'hui le siège des plus grandes Maisons de Champagne au monde (Moët & Chandon, Mercier, Boizel, Comtesse Lafond, De Castellane, Esterlin, Perrier-Jouët, Pol Roger, De Venoge, Demoiselle...) rejointes par quelques nouveaux noms comme A. Bergère au numéro 38.

Car, à quelques exceptions, les maisons les plus anciennes se trouvent du côté droit parce que la présence en contrebas, à gauche, du lit de la Marne (qui fut ultérieurement détournée de quelques mètres pour laisser place au chemin de fer) empêchait de creuser. En inaugurant le 2 septembre 1849, le tronçon "Paris-Epernay" de la ligne ferroviaire de l'Est le commerce du champagne a connu de nouvelles perspectives de développement. En 1925, l'essor est tel que l'ancienne rue du commerce est re-baptisée, cette fois définitivement "Avenue de Champagne".

On peut aussi estimer qu'on a le coté résidentiel avec ses châteaux ou hôtels particuliers au coeur d'un parc ou entre cour et jardin en U (sur la gauche) face au coté industriel (sur la droite).

Mais on y voit aussi des maisons particulières (comme celui qui est photographiée ci-dessus, en haut de l'article), et même quelques immeubles d'habitation plus ou moins heureux au plan architectural et sur lesquels par contre je ne vais pas m'attarder.

Le contraste le plus frappant est celui d'un même bâtiment, un des plus récemment construit, ici Demoiselle, vu le jour et puis la nuit :
Il suffit, comme partout, de laisser pendre de simples guirlandes pour embellir une fenêtre. Elles sont le plus souvent entourées de briques pour donner un peu d'animation aux façades en les soulignant de rouge.
Les trottoirs, récemment refaits, sont constellés d'inclusions rondes comme des bulles ... de champagne. Ils sont très larges, doublés de pistes cyclables.
Contraste toujours entre la nuit et le jour. On reconnait à peine l'hôtel de ville ainsi "maquillé".
C'est l'ancienne demeure de la famille Moët. Edifié en 1858 par le négociant Monsieur Auban, lequel épousa Madame Moët. Le voici photographié depuis l'avenue de Champagne, sur sa façade arrière, l'entrée principale étant à l'époque tournée vers la ligne de chemin de fer, en contrebas.
Le monument aux morts compte presque un millier de sparnaciens pour la seule première guerre mondiale.
Le style du monument, néoclassique, est plutôt sobre mais on dit que ses salons sont très chaleureux. Et du jardin le regard capte des vues insolites sur d'autres bâtiments.

Changement radical quelques mètres plus haut. La lucarne en fond de cour de Perrier-Jouët porte la mention de 1811 au-dessus de la cloche.
On remarque davantage en plein jour que les grandes maisons disposent de plusieurs bâtiments, de facture parfois très différentes avec une ornementation parfois chargée.
Ce sont ici des sphynges, là une statue équestre un peu lourde, évoquant la passion du propriétaire pour la chasse à courre, à ce qu'il m'a été dit, si ce n'est la référence aux places royales codifiées depuis Henri IV. car n'oublions pas que chaque bâtiment avait pour objectif d'attirer l'oeil et de démontrer sa puissance.
Nous sommes dans la cour du château Perrier, au numéro 13, construit dans un style néo Louis XIII. Il fut aussi une bibliothèque, un musée archéologique (le second en terme d'intérêt après celui de Saint-Germain-en-Laye) et un nouveau projet est en cours pour permettre de l'ouvrir au public.
Quel que soit l'angle par lequel on aborde ce "château" il surprend par ses mesures, évoquant Fontainebleau.
De l'autre coté la sobriété contraste avec des bâtiments fin XVIII°, autour d'une cour pavée, en U, aussi beaux cette fois de jour comme de nuit.
Il faut voir de près l’Arbre de Dégustation dessiné et sculpté par le designer néerlandais Tord Boontje, pour Perrier-Jouët au printemps dernier et qui occupe la cour voisine en version gigantesque. Je vous avais montré, dans le billet de vendredi consacré à a parade lumineuse, la version "salon" que l'artiste avait façonné en s'inspirant des anémones dessinées par Emile Gallé.
Ici, en plein air, sa réalisation est encore plus étonnante. Et l'envie est forte d'aller se servir une coupe, non ? Quand je dis coupe je devrais préciser flute mais vous aurez compris ...
Le contraste est peut-être moins puissant chez De Castellane car on reconnait la tour entre toutes.
Il est particulièrement marqué entre les bâtiments Moët & Chandon, aussi saisissant de jour que de nuit, tant ils sont différents.

Ce n'est pas la plus ancienne maison de champagne créé à Epernay. C'est Ruinart en 1729, mais elle s'expatria sur Reims pour bénéficier de caves existantes, dans des crayères gallo-romaines qui n'étaient plus utilisées.

Ainsi qu'en atteste l'inscription au-dessus du grand bâtiment rectiligne du 20 avenue de Champagne, Claude Moët fut par contre le premier à oser faire creuser des caves en 1743 dans l'immense terrain vague crayeux qui s'étendait aux abords de la ville. Car à Epernay toutes les caves ont été creusées par l'homme. Et avec un parc de 110 kilomètres de caves situé sous l'Avenue et plus de 200 millions de bouteilles au reflet d'or, on la surnomme aussi "l'avenue la plus riche du monde". Elle accueille plus de 400 000 visiteurs chaque année.

L'immeuble que l'on voit aujourd'hui, ci-dessous à droite, a été détruit pendant la Première Guerre. il a été reconstruit en briques jaunes dans les années 1920, avec un toit terrasse typiquement art déco.
Subsiste juste à coté, et le contraste est frappant, la statue du moine Dom Pérignon à qui on doit l'amélioration de l'effervescence qui valut à ce vin d'être servi aux festins honorant les sacres royaux ... à Reims, expliquant ainsi comment de vin des rois le champagne est devenu le roi des vins.

De nombreux bâtiments portent la marque Moët & Chandon. Celui ci, bâti pour Jean-Remy Moët en 1793,  est ornée d'une galerie où Napoléon 1er aimait s'y promener pour bénéficier de la vue sur les vignobles de la cuvée prestige, dite désormais Cuvée Impériale. Ce fut peut-être la première célébrité à s'être déplacée avenue de Champagne en 1807.
Des agrandissements se construisent de part et d'autre de l'Avenue, mais en préservant toujours l'horizon sur les coteaux. Une orangerie (ci-dessous) est adjointe en 1807 à l'instar de ce celle du Petit Trianon de Versailles.
Je ne cherche pas à être exhaustive. Pas davantage à établir un classement entre les bâtiments. Chacun a son charme et sa spécificité. Il en va d'eux comme des champagnes. Des goûts et des couleurs on ne discute pas. Sarah Bernhardt ne jurait que par De Venoge, Churchill préférait Pol Roger (à sa mort la maison fit border ses étiquettes de noir en signe de deuil) qui est toujours plébiscité sur la table de la famille royale d'Angleterre, Albert de Monaco adore Perier-Jouët et Marilyn Monroe ne buvait que Piper-Heidsieck ...

Je voudrais surtout vous donner l'envie d'aller sur place pour admirer ce patrimoine, lequel présente des aspects très variés, comme ce Collège de garçons, édifié au numéro 29, par Henri Picquart entre 1913 et 1923, orné de colonnes et de bas-reliefs faisant référence à l'Antiquité alors que l'ensemble se rapproche davantage d'une architecture industrielle, même si le bandeau de bois bleu et les céramiques assorties adoucissent la brique.
Je ne l'ai pas photographié une nouvelle fois mais il faut aussi regarder attentivement une villa de style "fin de siècle" ayant appartenue à Marcel Gallice, (1854-1930), négociant en vins de champagne et président de la maison de champagne Perrier-Jouët, au numéro 33. Elle fut achevée en 1899, et son architecte Charles Blondel a reçu le prix de Rome. 
La Maison se caractérise par le haut des fenêtres en chapeau de gendarme. L’entrée est marquée par une marquise ainsi qu’un balcon de fer forgé porté par deux griffons cernant les initiales de Marcel Gallice. C'est pour quelques mois encore le siège de l'ORCCA, Office Régional Culturel de Champagne-Ardenne. Mais bientôt cette villa de style «fin de siècle» sera investie par le champagne de Venoge, installé au nº46 de l’avenue, dans les locaux du champagne Boizel.

Elle va donc revenir à sa vocation initiale. J'espère l'an prochain visiter son jardin à l'anglaise, son intérieur, sa cheminée de bois sculptée et surtout son escalier monumental éclairé d'un magnifique vitrail de Grüber, classé monument historique et réalisé en 1921 à la demande de Marcel Gallice et d'après un dessin de Charles Blondel, pour commémorer le martyre d'Epernay pendant la Grande Guerre.

J'imagine que sa mise en lumière sera fort différente en 2014 de ce que nous avons vu cette année.

Il ne faudrait d'ailleurs pas se limiter à cette Avenue. Le théâtre Gabrielle-Dorziat mérite lui aussi le détour, avec son plafond, où l'on remarquera une toile marouflée du peintre Georges Clairin, amant puis ami fidèle de Sarah Bernhardt. La fresque représente les différents arts que l'on pouvait trouver à l'époque au théâtre, comme la danse, la musique, l'opéra, la tragédie, le drame, et certains y reconnaissent le visage de l'actrice chère à son coeur.
Et dans le centre ville d'autres bâtiments ont aussi leur intérêt architectural. Comme celle-ci au 1 rue Gallice et quia retenu mon attention samedi en face du marché couvert.

Construite en 1900 par l'architecte sparnacien Henry Clouet elle est assez lourdement ouvragée dans un style qui hésite entre le néogothique et l'Art Nouveau. Ce bâtiment a été financé puis offert par un notaire à Léonie Pasquier en gage d'amour, ce qui n’empêchera pas la jeune femme d'épouser un autre homme quatre ans plus tard. Voilà pourquoi on l'appelle désormais la "Maison de la Lune"en référence à la manière dont elle a été acquise ...
En réaménageant l'Avenue de Champagne à partir de 2006, la Ville d'Epernay a fait de ce lieu, un endroit de promenade plus agréable pour les Sparnaciens (trottoirs plus larges, pistes cyclables…) aussi bien à l'occasion des fêtes spéciales que pour quelques heures grapillées dans son emploi du temps.

C'est aussi une marque qui commercialise des objets et des livres intéressants sur le patrimoine régionale et que l'on peut trouver à l'Office du tourisme, au numéro 7.

Ainsi ces bouchons de champagne dont la ganache est réalisée avec un sucre pétillant qui provoque en bouche une effervescence comparable à celle du vin. Et puis, bien sur les capsules que s'arracheront els placomusophiles, puisque c'est ainsi qu'on nomme les collectionneurs.

J'ajoute pour terminer une liste qui pourra être utile cette année ou une autre ... tout en rappelant que l’abus d’alcool est dangereux pour la santé, et qu'il faut consommer avec modération.

Visites et dégustations
Ce week-end festif est l'occasion de visiter les caves de l’avenue de Champagne et de découvrir les principaux secrets de la dégustation. Tarifs à la coupe variables selon les bars. 

Liste des visites et dégustations de l'édition 2013 (je vous encourage à vous renseigner pour 2014 mais les changements seront probablement mineurs) classé dans le sens de la montée de l'Avenue :

Collard Picard
15, avenue de Champagne - 03 26 53 36 93
Vendredi, samedi et dimanche de 10 à 18 heures
Boutique ouverte avec dégustations et projection d'un film

Pol Roger
34, avenue de Champagne - 03 26 59 58 00
Samedi de 13 h 30 à 16 h 30
Visites des caves et dégustations

A. Bergère
38, avenue de Champagne - 03 26 32 07 19
Vendredi, samedi et dimanche de 10 h 30 à 12 h puis de 14 à 18 h
Boutique ouverte, dégustations, visites et projection d'un film

Paul-Etienne Saint Germain
51, avenue de Champagne - 03 26 32 31 12
Samedi de 11 h à 18 h et dimanche de 11 à 16 h 30
Boutique ouverte et dégustations

De Castellane
63, avenue de Champagne - 03 26 51 19 11
Vendredi, samedi et dimanche de 10 h à 12 h puis de 14 à 18 h
Visites des caves et dégustations spéciales Habits de Lumière

Mercier
68, avenue de Champagne - 03 26 51 22 22
Vendredi, samedi et dimanche de 9 h 30 à 11 h 30 puis de 14 à 16 h 30
Visites des caves et dégustations, réservation nécessaire à partir de 10 personnes

Comtesse Lafond
79, avenue de Champagne - 03 26 32 26 40
Samedi de 14 h  à 17 h 30, et dimanche de 10 h à 12 h puis de 14 à 17 h 30
Dégustations spéciales Habits de Lumière

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