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vendredi 17 janvier 2014

Monochromes & Readymades, Mathieu Mercier expose une partie de sa collection à Vélizy (78)

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Le centre d’art de l’Onde a invité Mathieu Mercier à faire un choix dans sa collection personnelle pour les présenter au public.

Cet artiste achète et échange des œuvres depuis qu’il a commencé à produire à la fin des années 1980. Il réunit des tableaux de peinture figurative et minimale, des œuvres d’art conceptuel, des pièces de design, des photographies, des dessins, des livres et des objets divers comme des curiosités naturelles...

L’exposition Monochromes & Readymades rassemble ainsi deux extrêmes de l’art : d’un côté la peinture réduite à une seule couleur, de l’autre la sculpture readymade, objet manufacturé désigné comme une œuvre.

Quand on connait un peu les oeuvres qu'il signe comme artiste on peut considérer sa collection comme étant sa première source d'inspiration. Interrogé sur le sujet Mathieu Mercier répond avec malice que ce serait plutôt le contraire : il achète ce qu'il aurait aimé faire, ou ce qu'il juge être d'un niveau supérieur à ce qu'il a déjà fait.

Pour cette exposition il a sorti un nombre impressionnant de son appartement, lequel n'est pas encore vide ... nous dit le collectionneur.
Commençons avec Now and when, une articulation d'horloges, d'ampoules et de cables électriques conçue par Matthew Mccaslin en 2012.
Plus ancienne, la Joconde est dans l'escalier de Robert Filliou en 1969, composée d'une pancarte, d'un pastel gras, une ficelle, un balai-brosse, un seau et une serpillière.

L’intérêt de John Armleder pour le ready-made est bien connu. On peut voir une des associations de la série Don't do it (non photographiée ... et j'espère que ma description vous donnera envie d'aller sur place pour la découvrir) où l'on reconnait plusieurs citations. Comme Marcel Duchamp, avec Porte-bouteilles (1914) qui serait, historiquement, le premier ready-made strict de l'artiste. Un ballon qui fait penser à Jeff Koons, des canettes à Andy Warhol, des shopping bags griffés à Sylvie Fleury, (elle a souvent disposé sur le sol des sacs de boutiques de luxe remplis des achats effectués par l'artiste), un ours en peluche au "Teddy" de Bertrand Lavier présenté sur socle comme un objet d’art primitif. Les bonbons évoquent le tas imaginé par Félix Gonzalez-Torres pour rappeler le souvenir de son ami Ross Laycock, décédé du SIDA. Idéalement le tas de bonbons pèse 87 kg, c’est à dire le poids du compagnon de l’artiste, au moment où les médecins lui ont diagnostiqué la maladie. Et quand le spectateur prenait un bonbon le tas diminuait, rappelant la perte de poids de Ross et sa souffrance avant sa mort en 1991.

Avec quelques autres objets, palettes, bouteilles ... l'ensemble parait abandonné au pied du poteau... comme des encombrants qui attendraient une seconde vie sur les trottoirs jusqu'au statut d'oeuvre d'art.
Au mur, un pop-up de Daniel Spoerri assez rare (1973) car l'artiste a combiné cette fois des objets réels et des reproductions en papier.
On peut lire une jolie réflexion de Carl Andre sur l'art.
L'exposition met face à face des readymades et des monochromes. Y voir un Claude Rutault est une évidence avec dé-finition/méthode n°145 datant de 1985. On y perçoit deux chassis de 130 x 89 cm et 12 x 18 cm entoilés et peints de la même couleur que le mur.
Mathieu Mercier est aussi présent en tant qu'artiste. Avec par exemple En attendant, réalisé en 2012 avec Sismo Design. le crâne qui y figure est bien celui de l'artiste, imprimé en 3D, à coté d'une plante et d'un couple de phasmes.

Dans la Rue traversante, un ensemble de sérigraphies conçu par Olivier Mosset en collaboration avec des étudiants, dont Mathieu Mercier faisait partie il y a vingt ans, propose des variations autour d’un rectangle et d’un fond colorés.
En face plusieurs dizaines d’objets produits en série et dont la fonction ne correspond pas à l’image qu’ils renvoient, sont quelques éléments d'un travail en cours de l’artiste. Cet ensemble affirme simultanément la matérialité des objets et leur nature de représentation. Il convoque l’exercice de notre regard et notre attention au réel.

Depuis le début de sa carrière, Mathieu Mercier mène une réflexion sur la définition de la place de l'objet, à la fois dans l'industrie de la consommation et dans le champ de l'art. Sa recherche se traduit par un questionnement permanent sur les fonctions symboliques et utilitaires des objets qui ici ont été choisis parce qu'ils ne sont pas ce à quoi ils semblent destinés.
Ainsi cette chaussure Merry Christmas n'est pas davantage un escarpin qu'un des souliers de rubis de la mauvaise fée du Magicien d'Oz. C'est un porte-bouteille.

Dans la première vitrine le paquet de corn-flakes est un coffre-fort, le saucisson cache un couteau à découper, les jumelles sont une gourde, un objectif photographique est un mug ou un minuteur. Il y a des gommes, des dessous de bouteille, des clés USB ... Mathieu Mercier est fasciné par le sens cachés des objets manufacturés. Il les agence pour les faire entrer dans le champ de l'art.

C'est très amusant de le suivre dans une visite guidée particulière. On pense à Magritte qui montrait une pipe en sous-titrant l'oeuvre "Ceci n'est pas une pipe". Cette fois c'est vrai.

Du Salon à l'Exposition, Monochromes & Readymades
Collection Mathieu Mercier
Exposition du 18 janv au 22 mars 2014
du mardi au vendredi de 13 à 19 h, samedi de 10 à 16 h

Micro Onde Centre d'Art de l'Onde
8 bis, avenue Louis-Breguet, 78140 Vélizy-Villacoublay, 01 34 58 19 92

lundi 9 décembre 2013

Le sapin de Noël dans la rue Traversante de l'Onde à Vélizy (78)

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L'Onde respecte la tradition du sapin de Noël mais en la revisitant artistiquement chaque année. Françoise Doléac avait fait un travail remarquable il y a deux ans.

La version 2013 du sapin de Noël de l’Onde a été conçue par Olivier Vadrot, un designer et scénographe qui a détourné l’arbre le plus emblématique de notre enfance.

Il en a fait un lieu pour s’amuser, ... puisqu'on peut s'installer à l'intérieur  pour se laisser compter des histoires et pour rêver Noël.

L'installation a pris place dans la rue traversante et sera accessible jusqu'à la fin du mois.

L'arbre d’Olivier Vadrot est une structure textile tendu pénétrable, mis en tension par un grand banc circulaire où l'on peut s'asseoir presque confortablement. Le sapin-cabane sera investi par les enfants (et quelques adultes) par petits groupes à l’heure du conte.
Un partenariat avec la Maison du conte de Chevilly-Larue et la Médiathèque de Velizy-Villacoublay a fait de la troisième édition du festival Fête des Mômes une sorte d'avant fête de Noël qui était adressée en journée aux tout petits à partir de 18 mois, et le soir, aux familles dès 6 ans.

Cette courte manifestation s'est déroulée sur les trois premiers jours et si vous l'avez manquée programmez la tout de suite pour décembre 2014. Vous ne direz pas cette fois que je ne l'aurai pas annoncée suffisamment tôt.

La Maison du conte de Chevilly-Larue assure la direction artistique en proposant un choix de spectacles contés et la Médiathèque de Vélizy-Villacoublay accueille les enfants dans un espace cosi offrant un grand choix de livres, d’ateliers ludiques et co-anime le Bar à son au café de l’Onde.

Le sapin de Noël reste pour vous "consoler" pendant les vacances...

Le mien sera plus classique ... voire même ultra classique puisque pour la première fois ce sera un "vrai" sapin.
Et puis la pièce centrale de l'exposition l'Archipel des Images (Entrée libre), nommée l'Ile aux images, est toujours visible jusqu'au 14 décembre,. Elle offre une nouvelle lecture et une redistribution des images du fonds Jules Maciet, conservé à la Bibliothèque des Arts décoratifs de Paris, dans un esprit qui évoque les expositions entomologistes des musées d'histoire naturelle.
Micro Onde, Centre d'art de l'Onde, 8 bis avenue Louis Breguet 78140 Vélizy-Villacoublay 
Du mardi au vendredi de 13h à 19h, le samedi de 10h à 16h
et 1h avant chaque représentation
fermeture dimanche et lundi

vendredi 17 mai 2013

Vincent Mauger expose ses abscisses désordonnées à l'Onde (78)

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Vincent Mauger n'hésite pas à hisser en haut de la salle d'exposition une plaque de contreplaqué découpée, un serre-joint et un tasseau de bois et à se tenir droit à l'aplomb pour deviser sereinement avec des visiteurs.

Je n'ai pas eu le loisir d'entendre la présentation que l'artiste a faite à l'occasion du vernissage de sa dernière exposition. Je n'ai pas voulu l'interroger spécialement, préférant découvrir toute seule les oeuvres qu'il a crées spécialement pour le lieu.

Pour évoquer son travail on emploie les termes de démesure, d'apesanteur, d'attraction ou de répulsion, de réel et de virtuel. Pourtant, si les sculptures de Vincent Mauger sont souvent monumentales elles sont toujours équilibrées.

Vous ne serez pas pénalisé puisque vous allez l'entendre grâce à ce petit film et j'espère que cela vous donnera envie d'aller voir de plus près ce que fait cet artiste hors normes. Et vous verrez à la fin combien il peut se risquer sur la notion de l'équilibre, avec talent, et avec humour.

Les découpes hypothétiques de Vincent Mauger par Mediapart

Il donne la vie à des matériaux inertes empruntés à l'univers du chantier : briques, PVC, parpaings ou gaines plastiques qu'il découpe, visse, plie, brûle, colle scie ou meule ...
S'il parle très agréablement de ce qu'il fait il ne va pas jusqu'à nommer ses oeuvres. Aucune n'a de titre. A nous de jouer donc. J'ai entendu ce soir qualifier le ballon de foot ces plaques de mélaminé brûlé, diamètre 1,30 m, 2010 de "ballon de foot du PSG".

Sur le mur et réalisées sur des planches de découpe millimétrées, des compositions géométriques évoquent des chutes de papier.
Le catalogue permet juste de savoir quelle est la matière employée. Ici ce sont des plaques de stratifié compact gris et de l'inox pour former une sorte de météorite d'un diamètre supérieur à deux mètres.
Là du PVC semblant avoir absorbé l'impact d'un objet.
Certaines sont massives et compactes, d'autres laissent le regard les traverser.
Les plaques d'inox et les tubes d'aluminium pourtant immobiles, donnent l'impression d'être en mouvement.  

De l'intérieur, la façade du Micro Onde est trouée d'obus tirés par un canon.
Mais à l'extérieur rien ne transparait ... ou si peu.
Il faut avoir été initié pour discerner quelque chose.
L'Onde présente une compilation d'oeuvres autonomes, de nouvelles productions et d'oeuvres conçues in situ. Le résultat est étonnant, puissant, inattendu, fragile ... et poétique.

Abscisses désordonnées de Vincent Mauger à l'Onde (78) jusqu'au 5 juillet 2013
du mardi au vendredi de 13h à 19h, le samedi de 10h à 16h
et 1h avant chaque représentation
fermeture dimanche et lundi

samedi 23 mars 2013

Frères de sang de la Compagnie Dos à Deux en création à l'Onde (78)

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(mise à jour 2 avril 2013)
S'il existait un Molière du théâtre sans paroles il serait décerné à Frères de sang sans contestation possible. C'est un des spectacles les plus aboutis que j'ai vus.

On ne dit pas théâtre sans paroles, mais théâtre gestuel. Je le sais. Je préfère ma tournure parce qu'il y a de très beaux moments où l'action n'est pas corporelle. Certains désignent aussi cela sous le terme de théâtre d'objets. On pourrait tout aussi bien parler de théâtre d'ombres et de lumières, comme faire allusion à la danse.

André Curti et Artur Ribeiro ont fondé la Compagnie Dos à deux en 1997. Ils combinent l'évocation et la narration en composant des tableaux qui tiennent parfois de la magie ou de l'illusion d'optique. Chapeau bas en premier lieu (même si ce n'est pas leur objectif) pour la performance physique et la prise de risques qui ne passe pas inaperçue à un oeil exercé.

Que l'absence de dialogues ne déroute pas les non initiés. L'histoire est très écrite, et ne laisse place à aucune improvisation une fois qu'elle a été fixée. On comprend immédiatement que le spectacle obéit à un scénario, et que les séquences ne sont pas découpées au petit bonheur.

Si comme moi vous avez vu Fragments du désir, vous croirez savoir à quoi vous attendre. Et pourtant, je vous prédis une surprise à la mesure de leur talent. Immense.

Je suis partagée entre deux positions. L'envie de vous décrire la beauté des images, car c'est bien de cela qu'il s'agit, d'évocations oniriques qui font écarquiller les yeux. Et, au contraire, garder le silence sur cette histoire très particulière.

Le moindre mal serait que je me limite à la description communiquée aux spectateurs mais alors à quoi sert-il que j'écrive ce billet ?
Imaginez un noir intense. Deux hommes, dos à dos, dont le profil est progressivement mis en lumière. Ils se retournent, semblent se découvrir ... Ils se tournent autour. On ne voit pas qu'ils se rapprochent l'un de l'autre pour s'étreindre ... ou se frapper ...

Des voix d'enfants se font entendre au loin. Flash back. Le ballon est démesuré dans les bras d'un homme qui se revoit enfant. Le doudou- chien en peluche est toujours là pour exacerber la joie ou la jalousie mais les vêtements du Père ne sont plus qu'une coquille vide dans le fauteuil roulant.
Après des années d’éloignement, les deux frères se retrouvent le jour de son enterrement. Une épreuve qui commence par la toilette.
Les retrouvailles sont tendues, à la limite de l’implosion, leurs relations étant tissées de sentiments d’amour et de haine. Alterneront des séquences très joyeuses, portées par une musique enlevée comme le Rhum and Coca-cola des Andrews Sisters avec d'autres images quasi surréalistes comme l'arrivée du choeur des pleureuses.
Les secrets sont vite perceptibles. Le public devine le drame qui se tait. Parce qu’il y a eu un autre concernant le troisième frère, celui qui n’est plus ... et dont leur mère n'a pas encore fait le deuil dans la maison familiale, boite évoquant un castelet.
Le récit s'accélère dans une surenchère insensée, souvent drôlissime, entre les deux frères, ou les trois, parce qu'on se laisse volontiers embarquer dans leurs souvenirs sans chercher à prendre parti. Ils revivent les jeux de l'enfance comme des gosses, le tourniquet, le ping pong, la promenade du chien ... ressuscitant leur frère, et leur mère, dans un nuage de fumée.
Comme le dit la sagesse populaire, jeux de mains ... jeux de ... bref, c'est l'accident. Chatouilles et réanimation ne feront pas de miracle.
S'ils sont concurrents, ils n'en sont pas moins complices et la ronde reprend avec son cortège de chamailleries, de bataille de polochons (absolument magnifique) et de goûter d'anniversaire.

Le récit devient haletant, très cinématographique jusqu'à nous faire revivre la pièce entière en accéléré. C'est une performance, rendue possible grâce à un travail d'écoute intense entre les comédiens.
Frères de sang
écriture, mise en scène, chorégraphie et scénographie André Curti et Artur Ribeiro
avec Cécile Givernet, Matias Chebel, André Curti et Artur Ribeiro
Musique originale : Fernando Mota
Marionnettes et costumes : Natacha Belova
Accessoires, perruques et maquillages : Maria Adelia et Marta Rossi, assistées de Morgan Olivier et Camila Moraes; Décors : Demis Boussu; Lumières : Bertrand Perez et Artur Ribeiro
Direction de production : Nathalie Redant

La création a eu lieu sur la scène de l'Onde le jeudi 21 mars 2013 et le spectacle sera en tournée tout le mois d'avril. Voir les dates sur le site de la compagnie. Les lecteurs de la banlieue sud retiendront la date du mercredi 3 avril à La Piscine de Chatenay-Malabry (92)
Les photos qui ne sont pas logotypées A bride abattue sont de Xavier Cantat.

mardi 12 février 2013

La Grande Sophie chante à Vélizy(78) .. et à Palaiseau (91) bientôt

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Victoire de la musique ou pas j'avais décidé bien avant de connaitre le palmarès d'aller écouter La Grande Sophie au Centre d'art de l'Onde. L'affluence était maximale ce soir et il ne restait pas un siège de libre dans la salle vélizienne.

La Place du fantôme a été couronné Meilleur album de l'année, et je peux vous dire que Sophie était à la fois très heureuse, très fière, et un peu génée par rapport à Françoise Hardy qui concourrait dans la même catégorie. Elle admire beaucoup cette artiste pour qui elle a écrit une chanson ... mais Françoise a du se réjouir pour sa cadette puisqu'elle lui a adressé un gentil mot de félicitations.

Françoise Hardy connait bien La Grande Sophie qui lui a écrit la chanson Mister pour l'album La Pluie sans Parapluie en 2010. Cette année là elle offre Personne à Sylvie Vartan qui l'inclue dans Soleil Bleu. deux ans plus tard ce sera Dans les bras d'un pompier (musique et chœurs), pour l'album concept ElleSonParis, titre chanté par Romane Bohringer.

Mais c'est surtout pour elle-même qu'elle compose. Des mélodies qui oscille entre le plein soleil et les zones d'ombre qui m'ont fait choisir un cliché un peu trop flou, certes, pris après le concert qui témoigne du coté insaisissable d'une artiste toujours souriante. Après une résidence au Café de la Danse en mars, et un Trianon en mai, c'était à l’Olympia que La Grande Sophie avait retrouvé le public parisien, dans le cadre de sa tournée pour La place du fantôme, et dont Vélizy fut une étape.
Une brève première partie a permis au duo composant Hi Cowboy de faire entendre leur talent prometteur, puissant et mélodique.
La Grande Sophie s'est installée à l'abri des projecteurs dardant leurs rayons sur le public. Elle dira plus tard que la salle est "drôlement impressionnante", sans doute en raison de son inclinaison. Le tour de chant commence avec un titre du dernier album Ma radio (piste 6) qu'elle chante sans sa traditionnelle guitare, en frappant des claves pour appeler d'entrée de jeu les spectateurs à taper des mains, ce qu'ils font volontiers sans se douter qu'ils sont partis pour deux heures d'accompagnement en oubliant le temps qui passe.

La scène est habillé d'un camaïeu de rectangles bleus et gris évoquant un Mondrian mélancolique et nostalgique des années 60/80.
Tu fais ton âge (piste 7)... même si ce n'est pas facile de compter les saisons s'accorde bien avec les arbres d'automne. La roue tourne, Sophie nous remercie d'être là,prend sa guitare, et poursuit avec un titre de l'album Des vagues et des ruisseaux, Quand le mois d'avril (piste 2) ... devant un décor kaléidoscopique et stroboscopique (rendant la photographie très aléatoire) qui la fait paraitre minuscule alors que plus tard, déchaussée de ses bottines à talons aiguilles elle paraitra bien plus grande.
Elle poursuit avec On savait, une chanson qui avait sa place dans deux albums, Toute seule comme une grande,  Et si c'était moi qu'elle accompagne avec une guitare roue flamboyant, électrique en diable. Qui avait la solution pour ne jamais devenir grand ?

Grandir, pourquoi pas, mais vieillir, c'est effrayant. Surtout quand on ne pourra plus que Sucrer les fraises  (piste 4 de La Place du fantôme) la haut sur la falaise ... un jour. Car rien n'arrête l'appétit du temps.      

Mais rien n'arrête non plus la chanteuse qui enchaine en caracolant ma romance et c'est là le paradoxe de cet album, profondément intimiste et pourtant tout à fait adéquat pour faire se lever une salle entière qui se met à chanter à tue tête avec une vitalité joyeuse.

Faire exister le fantôme caché au fond de moi ne semble faire peur à personne. Sophie frappe sur le bois de sa guitare, tourne et tourne. Le public se déchaine.
Le ton est plus doux avec la suivante. Elle pourrait être un jour heureuse ... elle rêve d'une vie délicieuse, elle a du soleil dans la voix ... 
L'ambiance reprend sa tonalité rock. Sophie laisse de côté sa guitare et nous défie : on va voir si votre joie tient au bout de vos doigts pour qu'on l'aide à trouver Du courage.
Retour à la Place du fantôme (piste 10) avec Suzanne, un titre très mélancolique qui évoque Léonard Cohen à qui elle dit ne pas avoir cherché à rendre hommage. C'est simplement un prénom qu'elle aime beaucoup et qui lui a inspiré une chanson lumineuse et nostalgique à la fois, ponctuée de longues vocalises, accompagnées par les notes aux accents métalliques de sa célèbre guitare à la bandoulière marquée d'une tête de mort.
Ne m'oublie pas (piste 3 de La Place du fantôme ) démarre sur quelques notes en boucle obsédante. Elle déchaine le public qui exécute une très longue reprise. Je ne pense pas qu'une seule personne soit restée assise et silencieuse. Le pleins feux sont allumés pour que la chanteuse réalise l'implication On ne risque pas de l'oublier sous la plume de l'oreiller ...
Ecris moi (piste 9)est une supplique plus paisible. Le camaïeu gris-bleu convient bien à sa tonalité. Bref moment lyrique avant le Bye bye etc (piste 1) qu'elle ponctue à coups de mailloches sur le tambour que l'on entend comme autant de bang-bang.
Je suis ton ombre
Je suis ton brouillard
Ton symptôme
Ou ton cauchemar
Je suis ta peur
Et ton échec
Dans ton royaume

Cette fois ce sont de simples maracas qui ponctuent les paroles de ce royaume (piste 5). Et pus retour de la guitare rouge pour accompagner mon docteur , une chanson un peu surréaliste d'un album plus ancien, Le porte bonheur, qu'elle exécute avec quelques mouvements de poupée mécanique.

Elle nous surprend avec Don't get me wrong, une reprise des Pretenders avant de chanter Quelqu'un d'autre, le célèbre titre de l'album Des vagues et des ruisseaux, de dire un peu brusquement au-revoir et à bientôt ... à Palaiseau (91) où elle donne un concert jeudi.


Premier rappel pour la très belle reprise de la chanson de Barbara, Dis quand reviendras-tu ? qui clôturait magnifiquement le précédent album. Elle s'assoit sur un haut-parleur pour poursuivre avec Petite Princesse, les yeux dans les yeux des spectateurs des premiers rangs.

C'est le moment qu'elle choisit pour descendre de scène et monter dans les gradins, sans cesser de chanter pour un public aux anges, très à l'écoute de ce qui peut se trouver derrière le rideau blanc.

Elle ordonne : ceux du fond passez devant, et vous qui êtes devant allez derrière. Mélangez-vous !  Soyons rassurés elle entonne Je ne changerai jamais avant de disparaitre en provoquant une exigence de rappel encore plus forte.

Elle revient pour Martin, un autre titre de l'album Toute seule comme une grande avant d'achever par Peut-être jamais (piste 2 de la Place du fantôme) où le mot "peut-être" est la touche optimiste qui contrebalance la fatalité ... dans une autre vie, un autre monde, une autre chance.
On a dit qu'elle avait eu besoin de se délester d'un poids, cela semble fait. Et même s'il est probable que son obsession du temps qui passe ne s'atténue que partiellement elle a su mettre des lots sur un ressenti que l'on partage facilement.

Elle nous promet de beaux rêves cette nuit, dès qu'on posera la tête sur l'oreiller pour peu qu'on ne l'oublie pas ...

Deux heures de concert avec un public debout la moitié du temps. A croire que cela donne une pêche d'enfer parce que Sophie est restée un long moment dans le hall de l'Onde, pour signer des autographes, répondre quelques questions, avec son sourire inoxydable, et sa voix douce.
Une poignée de fans ultra fidèles était là, évoquant avec elle le souvenir de la tension de la soirée des Victoires de la Musique. Les Sophistos, c'est leur nom, avaient une jolie surprise. Audrey, la guitare à la main a interprété une de ses chansons, paroles revisitées biens sûr, qu'elle a écoutée en compagnie de ses musiciens avec un plaisir non dissimulée, tranquillement assise sur la "banque".

La fatigue et la faim pointaient mais elle a accepté volontiers de partager la bouteille de champagne que ses admirateurs avaient apportée. Rendez-vous à Palaiseau ... évidemment ou sur une autre ville de la tournée.

Site officiel de La Grande Sophie

lundi 11 février 2013

Lorraine Féline s'expose à l'Onde (78)

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Le Micro Onde expose toujours deux artistes en parallèle et le plaisir de la découverte est une des clés pour apprécier. On peut venir spécialement ou profiter d'un spectacle (ou d'un concert parce que la programmation de l'Onde est vraiment éclectique, pour preuve avec la Grande Sophie, auréolée de sa Victoire de la Musique qui ne viendra pas en fantômette demain soir). 

L'exposition de Damien Cadio est accessible une heure avant chaque spectacle. Mais celle de Lorraine Féline l'est en permanence puisqu'elle occupe la Rue Traversante.

Je suis venue la voir en début de soirée cette semaine et j'ai remarqué pour la première fois la découpe des fenêtres du conservatoire sur le mur. D'habitude des spots annulent cet effet qui, au final, a été respecté par Lorraine qui a fini par l'apprécier comme un effet artistique.

Tout est dans le détail et je vous mets le nez dessus.  
Pour un peu on pourrait douter de la place de l'oeuvre tant dedans et dehors ne font qu'un ...
Lorraine Féline a suivi une formation de danseuse qui a influencé sa carrière de plasticienne. Ses recherches artistiques relèvent de l’impossible : représenter le geste, par nature ineffable, transitoire et principalement inscrit dans une histoire d’un art d’attitude.Tous les petits (et grands) rats utilisent les mêmes chaussons en ignorant qu'ils sortent des usines Freed. Le nombre d'opérations est faramineux comme en témoigne le film qui est diffusé sur l'écran de la Boite.





Quelqu'un a-t-il compté le nombre de retournements et de pièces collées en superposition ? On comprend en tout cas que ce soit si solide, et pour cause ...

L'artiste effectuera une performance dans le cadre de l'exposition le mardi 26 mars sous le titre de La sylphide à 20 h 30.


Lorraine Féline, Le Ballet Mécanique du 19 Janvier au 30 mars 2013
du mardi au vendredi de 13h à 19h, le samedi de 10h à 16h et 1h avant chaque représentation, fermeture dimanche et lundi
Durant les vacances scolaires, les visites se font sur rendez-vous de 10h à 16h, sur contact avec Laureline, chargée de la médiation sur les expositions au 06 19 77 32 89
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