Voici une série que Tana éditions consacre au collage ou au pliage de serviettes, aux scoubidous, à l'origami, à la feutrine, au point de croix et aux perles. Certains sont des rééditions, d'autres de vraies nouveautés.
Un peu de travail manuel allait me rincer le cerveau après les intenses lectures estivales pour publier sans délai les critiques des livres "de la rentrée".
Les modèles sont simples et je me suis vite mise à l'ouvrage. J'étais tentée par cette bague (photo ci-dessus), vue en page 17 du livre sur les perles, et qui me semblait être dans mes cordes. La réalisation a été un peu délicate même si tout avait facilement commencé.
Vous remarquerez sur la photo ci-dessous le tissu en velours sur lequel j'ai travaillé. Et si j'ai un petit conseil à donner c'est de toujours se poser sur un morceau qui freinera la glissade des perles au moment fatidique. On constatera que mes réserves sont importantes puisque j'avais quasiment les coloris préconisés. et que le résultat est proche du modèle. J'ai pourtant fait avec les moyens du bord. Je n'ai pas pu m'empêcher de modifier la recette en formant non pas deux mais quatre feuilles dorées entre les pétales bleu turquoise. J'arbore maintenant une bague 100% faite main pour briller aux prochaines avant-premières théâtrales ou cinématographiques.J'ai aussi réalisé un petit sac où glisser le strict minimum pour sortir : portable, clés et agenda.
Reste à me lancer dans une série de bagues en feutrine pour offrir autour de moi et à finaliser un joli carnet de recettes. Un peu de futilité servira à oublier la fin des vacances ...
Perles, collection Petits doigts de fée, juillet 2011, Tana Editions, Format : 164 x 211 mm, 64 pages, 4, 90 euros
Point de croix, collection Petits doigts de fée, juillet 2011, Tana Editions, Format : 164 x 211 mm, 64 pages, 4, 90 euros
Feutrine, collection Petits doigts de fée, août 2011, Tana Editions, Format : 164 x 211 mm, 64 pages, 4, 90 euros
Prenez une trentenaire aux doigts de fée capable de fabriquer une panoplie de grigris et de poupées vaudou. Munissez-la d'un appareil photo. Soufflez-lui l'idée de concrétiser sa formation de designer professionnelle et vous obtiendrez assez vite quelque chose qui ressemblera à un petit bijou. Amélie Blaise invente de la fantaisie à foison.
Ce que j'ai pu moi-même vernir comme collier de pépins , torsader des fils de cuivre, enfiler des perles, nouer des brins de ficelle, tisser des rubans ... je n'ai jamais dépassé le stade micro-artisanal. Nous étions des centaines de milliers de nanas à bricoler main nos parures. Les filles d'aujourd'hui aiment autant les fanfreluches que celles d'hier. La différence c'est qu'elles ont les moyens (techniques) de transformer leurs désirs en réalités.
Amélie Blaise adore raconter des histoires. Chaque collection est une occasion pour en inventer de nouvelles . L'an dernier c'était Alice et Scarlett. Cet hiver ce sont trois univers très proches qui se télescopent :
L'esprit vaudou, imprégné de magie noire, tourné vers la sorcellerie, utilisant des matières naturelles dans des couleurs un peu terreuses pour un rendu assez brut sans être pour autant ethnique.
Le monde des superstitions, sur un mode ludique , avec un chat noir, une pâquerette qu'on effeuille, le chiffre 13. Un monde fantasmagorique de chimères, avec des animaux qui n'existe pas comme un lapin à pattes de tigres ... qui aurait pu s'inspirer des modèles des Maximonstres de Maurice Sendak.
Sa soeur, Mathilde, assure la commercialisation et la gestion. Amélie se charge de la production qu'elle confie à des artisans parisiens, spécialisés dans la dorure, la résine, la découpe. S'il est toujours vrai qu'il est difficile d'être atypique, il n'empèche que cette détermination à faire de la fantaisie de fabrication entièrement française lui vaut une vraie reconnaissance dans le milieu.
Elle travaille à Paris mais sans pouvoir encore tenir boutique. Elle est distribuée depuis presque 5 ans chez Insolite où elle vient régulièrement renconter ses fidèles clientes. Ce sont des moments qu'elle apprécie parce qu'elle aime voir des modèles identiques portés par des femmes très différentes. Cela lui permet de constater qu'elle devient en quelque sorte "intemporelle".
Amélie Blaise ne semble pas prête d'épuiser son originalité et pourtant elle désire déjà prolonger ce type de création sur d'autres objets de décoration. Souhaitons lui prospérité et abondance comme elle nous le promet sur ses pendentifs et gageons donc que nous verrons bientôt de nouvelles choses.
Jamais encore le bijou avant-gardiste de la période arts déco n'avait fait l'objet d'une exposition. C'est dire la chance que j'avais de découvrir les pièces la veille de l'ouverture officielle et de pouvoir en photographier quelques-unes.
300 bijoux et pièces d'orfèvrerie des années 30 sont rassemblés au Musée des arts décoratifs, traduisant la modernité de l'époque par des matières, un graphisme, et des thèmes particuliers, s'inspirant du cubisme, du futurisme et du constructivisme russe.
Pour la première fois une rétrospective est consacrée à Jean Després (1889-1980). Ce grand artiste dont le nom est peu connu du grand public a connu pourtant un immense succès de son vivant. L'oubli provient probablement du fait qu'il n'avait jamais été exposé. Également de la conséquence de la fermeture de son atelier à sa mort puisqu'il n'avait jamais voulu former de successeur. Les quelques citations de cet homme affichées sur les murs laissent entrevoir un caractère bien trempé, peu enclin à la tolérance. Comment interpréter autrement cette phrase choisie au hasard : la mécanique impose une discipline toute moderne de précision et de robustesse ainsi que le rejet de ce qui est inutile et compliqué.
Les formes sont épurées, architecturées. Les lignes sont géométriques, combinant sobrement cube et rectangle. Il associe sur des bagues étain et ébène macassar comme on le faisait déjà dans le mobilier dès les années 20. Chaque pièce est unique. Nous ne sommes pas dans l'univers de la joaillerie mais le succès est rapide.
L'univers de la mécanique est très présent. Bielle, engrenage, roue dentée sont lisibles sur ses bijoux.
Il conçoit aussi des bijoux-glaces en argent et verre en s'associant avec le lorrain Etienne Cournault qui assure la gravure et la peinture sous verre, et sur l'envers. La couleur rouge sur fond noir est caractéristique de leur collaboration.
Il travaille ensuite un an avec le céramiste Jean Mayodon, futur directeur de la manufacture de Sèvres. C'est en 1937. Ce pendentif en est un exemple.
Dans les années 70 il revient au lisse et au martelé. Et il emploie des pierres "brutes", ce qui est une nouveauté.
La palette de Jean Després s'étend au mobilier liturgique. Une grande exposition fut organisée à Vezelay dans les années 50 alors que Puiforcat en était le maitre incontesté.
Il a aussi travaillé l'orfèvrerie, souvent pour une clientèle bourguignonne, en s'attachant à renouveler le design des couverts, quitte à passer beaucoup de temps sur une seule pièce. L'idée était que chaque maitresse de maison puisse avoir les siens propres. Par contre l'ergonomie n'est pas toujours optimale ...
D'autres bijoutiers sont à l'honneur. C'est Jean Dunand, dinandier et laqueur, fasciné par les bronzes japonais. Il découvre, en essuyant son pinceau sur un chiffon, que le laque (le mot est masculin) pourra épouser un vêtement. Il en fera pour madame Agnès, célèbre modiste qui saura le convaincre de faire aussi des bijoux. Madeleine Vionnet, Joséphine Baker comptent parmi ses clientes. Il créé le collier girafe et imagine d'élégants étuis à cigarettes puisque désormais la femme fume en société.
C'est un expérimentateur qui incrustera le cuivre avec l'argent, puis les coquilles d'œufs dans les laques. Ses bracelets manchette sont radicalement nouveaux.
Gérard Sandoz ( 1902-1995), très doué, fera des bijoux très remarqués avant de se lancer dans le cinéma. Ses créations ont une originalité encore perceptible comme cet étui dont le dessus en trompe l'œil semble être le rabat d'une pochette en tissu.
Les petits sacs minuscules, dits "minaudières" ont été imaginés par les bijoutiers de la place Vendôme.
Jean Fouquet (1899-1984) associe avec audace le cristal de roche avec le bois, l'aigue-marine avec le corail. L'or blanc succèdera au platine. Les pierres semi-précieuses autoriseront des bijoux plus imposants. Ce bijoutier s'était lié avec Aragon et Eluard. Arletty porta ses bijoux.
Raymond Templier (1891-1968) est davantage inspiré par le courant futuriste, ce qui se sent avec la répétition des motifs. De nouveaux besoins apparaissent avec l'émancipation féminine. Les femmes désirent des étuis à cigarettes qui soient des œuvres d'art. Les créateurs en profiteront pour célébrer l'industrie et les nouvelles tendances comme le jazz ou la compétition sportive. Le goût de la vitesse se retrouve dans ces lignes évoquant le compteur d'une voiture, le clavier d'une machine à écrire ou les rails du chemin de fer.
Une nouveauté apparait en 1920 avec le clip, une idée venue de la pince à linge et qui sera plus tard brevetée par Cartier.
Il orne le chapeau, la veste, ou intervient pour magnifier un bijou épuré. L'objet autorise les transformations.
Le bijou s'apparente à une sculpture. Plus il devient monumental plus il s'arrondit, surtout quand ses créateurs seront des créatrices.
L'exposition est aussi l'occasion d'admirer une autre innovation : les bijoux dits irradiants qui sont une mosaïque de petits miroirs sertis en nid d'abeilles. Et de rêver devant de belles pièces de collection prêtées par les grandes maisons que sont Cartier, Boucheron, Van Cleef & Arpels.
Certaines autres sont grandioses comme ce bracelet qu'un système astucieux de ressorts intérieurs permet d'enfiler. Ou encore celui-ci réversible, d'une préciosité ravissante, pour pouvoir être porté différemment le jour et la nuit.
Mais nombreux sont ceux qui révèlent une certaine simplicité annonçant le bijou que l'on porte aujourd'hui.
Musée des Arts décoratifs - jusqu'au 12 juillet 2009 107 rue de Rivoli - 75001 Paris - Tél. : 01 44 55 57 50
Ainsi que je l'annonçais le 28 octobre, je suis allée au Salon et j'ai passé une journée qui contrebalance financièrement les créations exposées au Bon Marché. J'avais la chance d'avoir une invitation, ce qui m'a valu "en plus" d'éviter une bonne demi-heure de queue pour acheter un billet tellement l'affluence était forte ce dimanche.
Je reviendrai en détail sur certains stands (étant précisé que ceux que je cite ici ne le sont que parce qu'ils m'ont plu et en aucun cas parce que j'avais un quelconque intérêt à en parler). Pour vous donner un avant-goût voici quelques photos, plus ou moins réussies, j'en conviens (mais l'éclairage plombait les reliefs ...). Pour l'heure les légendes seront brèves. J'insisterai globalement sur l'ambiance générale, décontractée mais studieuse. Le public, majoritairement féminin, mais pas que, débordait de bonne volonté pour apprendre sur le champ les techniques les plus sophistiquées. Les exposants assuraient avec calme et professionnalisme cette formation continue créative un peu particulière.
Commençons par ce qui est le moins couteux puisque les objets ne sont réalisés qu'avec des matériaux de récupération.
Ces cabas avaient un franc succès. Vous pourrez vous les procurer directement au siège de l'association Débrouille cie, 4 ter rue de la Solidarité 75019 Paris. Sur leur site vous saurez tout de leur philosophie, des artistes et des oeuvres.
Cet après-midi la patience de Mari, jeune artiste finlandaise, m'a tout de même permis de réaliser ce petit bougeoir à partir d'une demi-canette usagée bien sûr. Et de me donner la technique pour faire ce bracelet :
La technique seulement parce que je ne voulais pas manquer l'atelier Fiskars où j'ai réalisé en suivant pas à pas les conseils de Frédérique une broche fleurie qui fera l'objet d'un billet à elle toute seule. D'autant que Florence, responsable de la marque sur le Salon, m'a commenté le développement du marché des loisirs créatifs en Europe au cours d'une rencontre particulière. Je ne résiste pas à vous montrer une de leurs dernières créations. Ces ciseaux sont beaux, solides et donneraient envie à tous les enfants de devenir premier de la classe en découpage.
Les lecteurs du blog connaissent ma passion de la mosaïque. Je ne pouvais pas éviter Championnet et ses smalts si tentants, et ses chutes de Murano, et sa pince ronde et ... j'arrête. Il va falloir que je finisse ce que j'avais dit que je terminerai. C'était en juin déjà.
Il y avait aussi sur le salon un petit carré Cuisine et accessoires où j'ai surtout vu des moules en silicone (inouï le nombre de revendeurs) et retrouvé celui que j'avais utilisé au printemps pour une recette spéciale Aster en Avril sur le stand Scrapcooking. Leur site fourmille de trucs et astuces pour utiliser ces moules.
Un petit chocolat, cela vous dit ? Ceux- là sont fabriqués dans le Gâtinais par le Comptoir du Cacao. Leurs parfums sont pour le moins surprenants (curry, gingembre ...) , les croustines sont gourmandes. Les parisiens les trouveront à la Grande Epicerie (encore et toujours le Bon Marché) ou au Lafayette Gourmet. Les autres pourront commander par Internet. Pour terminer il y eut une longue station au Nuage des Filles qui regroupe 5000 blogs de femmes (bientôt 5001 ?). Pendant quelques années les journalistes ont exercé un contre-pouvoir qu'ils n'ont pas toujours su préserver. C'est tellement difficile de rester objectif et "droit dans ses bottes" déontologiquement parlant. Sont arrivés les bloggeurs qui reprennent en quelque sorte le flambeau en terme de libre expression . Ils intéressent de plus en plus la presse comme en témoigne ce cliché d'une équipe de FR3 interviewant Elodie Jacquemond, la chef d'orchestre du Nuage. La situation a amusé la journaliste qui riait de se voir dans la position de l'arroseur arrosé.
Outre les billets d'humeur et les prises de position, les blogs sont aussi le terrain privilégié où s'expriment les mordus de loisirs créatifs. Le Nuage des Filles avait eu l'idée de favoriser les rencontres entre bloggeuses. Nous fumes une poignée à quitter le virtuel pour non seulement échanger des idées mais aussi des créations. Pour cela il fallait avoir amené avec soi quelques TRUCS, malgré le TRAC (est-ce que cela va plaire ?) pour se lancer dans le TROC.
C'est ainsi que j'ai troqué des duos de bagues-fleurs-broches contre d'autres colliers, broches et bagues avec Diane de hibou-caillou-chou Sabine, des 400 coups Ioulia de Julie adore
puis deux écharpes feuille (explication ici) avec Manel de Manoulou creation contre de très jolis bijoux. Lea de o bout de mes doigts était présente aussi. C'est un job de costumière dans le théâtre qu'elle aimerait bien trouver. Alors si quelqu'un cherche ... faites-moi signe et je transmettrai.
Merci à toutes pour vos sourires !
Ne soyez surtout pas jaloux, les autres .... Il y a une rubrique "troc" sur le blog du nuage où vous pouvez rêver. Comme çà c'est Noël tous les jours. Suffit d'avoir quelques trucs à troquer sans trac.
C'est ce qu'on peut appeler une journée bien remplie !
Me croirez-vous si je vous dis que les décorations de fête sont déjà installées au Bon Marché ? Avec l'immense sapin au 3ème étage et un choix invraisemblable de délicates décorations ....
Cela signifie que pendant plus de deux mois vous allez pouvoir en profiter. Si je calcule correctement Noël mobilise un cinquième de l'année.
Qui dit Noël ne dit pas seulement décoration mais aussi et surtout chaussettes, chaussons et donc ... cadeaux à glisser dedans ou dessus! Est-ce un effet du hasard, mais à ce même troisième étage s'est ouverte depuis une semaine la Galerie imaginaire qui, malgré des prix plutôt élevés (la moindre petite chose est à 50 € ou au-delà) présente des objets plus que tentants, si bien que je voudrais ...
... tout, presque tout, mais est-ce un souhait raisonnable à faire à papa Noël ? au pris de 120 € ...
... peut-être alors cette matriochka, plus petite, moins chère, comme ses compagnes de vitrine ? (tout de même entre 50 à 80 € )
Ces "offrandes votives" en feutrine ont été imaginées et créées spécialement pour le Bon Marché par Julie Ansiau(photographe pour la presse française et japonaise) en s'inspirant de la tradition des ex-voto, dont le nom est une abréviation du latin ex voto suscepto, signifiant simplement "vœu fait".
Depuis la nuit des temps on conçoit un objet, une peinture, un dessin, qui illustre le souhait et qui est d'avance destiné à remercier la bonté divine en supposant qu'il suffit de le faire pour que son désir soit exaucé.
C'est en quelque sorte un chantage honnête. Comme une preuve concrète d'une prière intense. Particulièrement d'actualité pour la future période de l'Avent.
Jaime Hayon est un jeune artiste madrilène (né en 1974) qui s'est vite fait remarquer pour ses installations baroques réalisées pour les galeries prisées des collectionneurs et des meubles devenus cultes créés pour quelques grands noms du design - comme Established & Sons, Lladro, Bosa ou Gaia & Gino.
On le dit baroque, joyeux, intuitif. Il est tout simplement très talentueux. La créativité n'est pas un travail, a-t-il déclaré, c'est une manière de vivre. Il a revisité les figurines du célèbre porcelainier espagnol Llardo pour leur insuffler davantage de vie et de couleurs. Et le résultat qu'il qualifie de "contamination positive" est enthousiasmant, à la mesure de cet étonnant petit bonhomme, malicieux comme le farfadet Puck du Songe d'une nuit d'été de Shakespeare.
D'autres personnages de la collection Fantasia sont prisonniers, sous cloche, comme les objets précieux d'un cabinet de curiosités. Cette fois le prix frôle 700 € , mais quand on aime ... je crois que je vais arrêter de présenter les tarifs. Je ne veux pas décourager le lecteur. Juste lui signifier que de deux choses l'une, ou il a les moyens de s'offrir ces objets, et qu'il ne s'en prive pas, soit il ne les a pas et que cela ne l'empêche pas d'aller les admirer. Au moins il aura fait le travail de deuil avant et ne reviendra pas dépité, en m'en voulant de l'avoir tenté. Voilà c'est dit, le Bon Marché ne l'est pas (bon marché) mais c'est le tout premier grand magasin et il demeure un lieu d'exception.
Fondé en 1838 par les frères Videau il est vite racheté par de riches résidents de Fontenay-aux-Roses, Aristide et Marguerite Boucicaut. En 1852, ils se lancent dans la transformation du magasin, développant alors le nouveau concept de grand magasin avec (c'était alors un pari insensé) un assortiment large et profond, des prix fixés et indiscutables (finis les tarifs à la tête du client) , un accès direct et une mise en scène de la marchandise dans un espace de vente.
C'est le Bon Marché qui a servi de modèle à Émile Zola pour écrire Au Bonheur des Dames : « Une cathédrale de commerce pour un peuple de clients ». Mais revenons dans la galerie. Toutes les nuances de bleus y cohabitent. Même les oiseaux sont azurés, comme ce duo de carreaux de faïences anglaises aux reflets d'argent.
Les boiseries noires de ce meuble de parfumeur miroitent. Sous cloche, ce sont des senteurs délicates que l'on hume tour à tour. C'est une présentation raffinée pour des cires qui seraient les plus parfumées au monde.
Ce sont les bougies de cire de la Maison Trudon. Qui autrefois fabriquait depuis la manufacture royale d'Antony pour la Cour de Versailles, et maintenant pour Hermès, Cartier, Dior, Guerlain, Kenzo, les palaces et les restaurants étoilés. Souvenez-vous, nous avons visité ensemble les vestiges de cette industrie dans le cadre des Journées du patrimoine, en septembre dernier.
Voici dans une profusion de dorures et de lumières ma senteur préférée, une alliance de verveine et de roses. Un parfum tendre et vif qui garde l'esprit des conversations de madame la marquise de Pompadour et des charmes voluptueux du chic Rocaille.
Bon, il faut investir 50 € pour donner à son petit chez soi l'air poudré et allègre d'un boudoir délicieux, quelques 70 à 80 heures, c'est le temps de combustion promis. Difficile de juger le rapport qualité/prix. Il faudrait comparer avec d'autres produits.
C'est justement ce que je m'empresse de faire consciencieusement en découvrant ces étagères installées depuis quelques mois au troisième étage, au milieu du linge de maison.Il y en a plusieurs autres que je n'ai pas photographiées. C'est dire combien le choix est immense. Un des grands avantages du magasin, c'est d'avoir des vendeuses qualifiées et non stressées. On a donc tout le temps de respirer les flacons et d'enregistrer les conseils. Avec calme, luxe, et volupté, ce qui est déjà une promesse de bonheur.
Les parfums sont tous plus enivrants les uns que les autres. Il y en a des bougies pour tous les goûts :
*des sucrées à l'arôme chocolaté (imaginées par la maison Ladurée, réputée pour ses macarons)
*des fleuries, des boisées,
*des petites, des moyennes, des gigantesques,
*des rondes surtout, mais aussi des carrés, au design très moderne, comme celles de la marque Ex Voto (décidément un terme très tendance à cet étage), élue par Madonna et Agassi, qui apprécient des senteurs conjuguant harmonieusement l'esprit masculin et le féminin. Le Deep Ginseng est un modèle du genre.
*Il y a aussi les crépitantes (grâce à une mèche plate spéciale) comme les très vanillées de Dayna Decker qui existent en version blanche ou noire.
Coté prix on oscille toujours entre 40 et 50 €, mais on me fait remarquer qu'il existe souvent les recharges (en général pour la moitié du prix d'origine) que l'on peut glisser dans le pot d'origine. Les plus beaux ont un couvercle de métal. Comme ceux de Rigaud, qui serait avec Dyptique, les deux marques favorites des parisiens.
Toujours est-il que quelque soit votre choix, voici les 3 principes de base pour tirer le meilleur profit de vos bougies.
avant d'allumer, vérifiez que la mèche ne dépasse de plus d'un centimètre. Théoriquement il faudrait la couper un peu après chaque brûlage.
à chaque brûlage laissez brûler jusqu'à ce que la surface totale de la bougie se soit liquéfiée. (Il faut savoir que la première phase de liquéfaction demandera plus de temps que les suivantes). Ce conseil est capital pour éviter que la bougie ne se creuse et perde en durée de vie.
recentrez la mèche dès que la bougie aura été éteinte, et avant que la cire ne se resolidifie.
Beaucoup de fabricants proposent les parfums d'intérieur coordonnés qui peuvent agir en complément.
Un dernier petit détour la Galerie imaginaire avant de nous quitter pour découvrir ces tubes imaginés depuis trois ans par Thibaut de Breyne et Philippe Tisserand pour Flowerbox.
Une sorte d'alternative miniature au mur végétal que le botaniste chercheur au CNRS, Patrick Blanc, fait pousser sur les façades des hôtels de luxe (comme l'Hôtel du Pas-de-calais, 59 rue des Saints-Pères dans le VI° arrondissement de Paris) ou sur un des murs du musée du Quai Branly.
Le Bon Marché est situé dans le 7e arrondissement, au 24 de la rue de Sèvres (angle rue de Babylone et rue du Bac). La Galerie Imaginaire y est ouverte jusqu'au 31 décembre.