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samedi 15 mars 2014

FoResT de la Compagnie Jérôme Thomas à l'Espace Cirque d'Antony (92)

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(mise à jour 28 mars 2014)

Très longue queue ce soir sur l'espace du Pôle national des arts du cirque d'Antony (92) qui accueille les premières représentations en Ile-de-France de FoResT, marquant le retour sous chapiteau de Jérôme Thomas.

S'il fallait caractériser son travail par quelques mots on pourrait associer jonglage, jazz et improvisation.

Le spectacle se déroule dans un calme impressionnant. Tout semble facile et fragile, faisant oublier la performance. Jean-François Baëz, partenaire de la Compagnie depuis plus de dix ans, accompagne les jongleurs à l'accordéon, composant avec eux un véritable trio.

En entrant le public découvre la piste, un disque recouvert de paillis qui évoque le sous-bois d’une forêt d’automne sous un ciel constellé d'étoiles. L'accordéoniste s'est installé sur une chaise bleue, la couleur est étonnante, invitant peut-être à penser à des éléments minéraux, de l'air ou de l'eau.

Quand nos yeux se sont habitués à l'obscurité on remarque deux silhouettes perchées, comme des rapaces nocturnes, qui, une fois au sol deviennent des échassiers sur le tapis craquant en se dirigeant vers l'accordéon dont la musique exerce un pouvoir hypnotique.

Les deux artistes sont comme des enfants qui jouent avec les objets enfouis parmi les écorces. Passé l'instant de surprise chacun met l'autre au défi de faire surgir une nouvelle image. La plume est un petit rongeur caracolant des épaules au bras de la danseuse. Une autre s'agite dans les cintres.
Le rapport à l'objet est empreint de poésie. La plume devient aigrette sur le front, chapeau de cérémonie, marionnette d'un théâtre d'objets ... harpe d'un orchestre imaginaire alors que les notes de musique s'étirent.

Après l'autruche et le paon, voici le pic-vert, cette fois entièrement métallique, qui descend en martelant le mât à moins que ce ne soit une masse pour assumer le public. Cet oiseau très malin ne cherche pas à percer des trous dans les troncs. Son ''tambourinage'' lui sert à faire connaitre sa position géographique aux femelles dans un rayon assez important.

Les artistes enchainent les cueillettes qui influenceront leur mode de jonglage. Jérôme Thomas déterre 2 balles blanches comme des oeufs. Il se déplace sur le sol comme s'il marchait sur un fil tendu au-dessus du vide.
Il entreprend avec un balai un ménage frénétique pour délimiter un cercle sur le disque qui tourne comme un manège. L'espace embaume le sous-bois, les champignons.
Aurélie Varrin découvre une canne et bientôt le couple se répond dans une chorégraphie qu'ils engagent allongés sur le sol. C'est cette pièce d'équilibre consistant à poser une canne en équilibre sur un pied qui a donné son nom au spectacle. L’air de rien, il s’agit d’une énorme performance qui exige une forte concentration.

Considéré comme l'un des artistes fondateurs du cirque contemporain, Jérôme Thomas est capable de jongler avec des objets qui ne sont pas destinés à tourner dans les airs comme la canne qui est davantage à sa place dans l'univers du cabaret, ou totalement inattendus, comme un sac de plastique vert qu'il extirpe de sa bouche à la manière d'un magicien.
Il danse avec l'objet, exécutant des vrilles de plus en plus rapides et provoquant les rires parmi les spectateurs, surtout les enfants.

Avec chacun, à la manière de Magritte, il nous dit "ceci n'est pas une canne ... , un sac ...".
La danseuse n'est pas en reste. La voilà qui découvre une paire de baguettes. Elle a l'usage de l'une d'elles pour retenir ses cheveux. L'autre deviendra "canne de jonglage" miniature.
Chacun son tour de défier l'autre, quand ce n'est pas soi-même que l'on met à l'épreuve. Ainsi Jérôme et ses balles ... assis, jambes écartées, sur un tabouret, à l'opposé de la posture traditionnelle du jongleur debout, lançant les objets vers le haut. L'artiste regarde ici vers le bas, impulsant à ses balles une énergie décuplée. Jongler assis en tambourinant le parquet a l'avantage qu'il peut simultanément faire quelque chose avec ses pieds (comme si c'était facile ...), battre la mesure, tourner sur lui-même pour ne jamais rompre le face-à-face circulaire avec  le public.

Il jongle les mains en dedans, les coudes en dehors, faisant danser littéralement 3 puis 5 puis 7 balles ... comme on s'y attendait, en jouant des claquettes avec une simplicité qui semble naturelle, ce qui est le signe d'une grande maîtrise.

Quand les artistes regagnent leur perchoir les spectateurs sont dans un état proche du rêve. La douceur et la sensibilité de la promenade dansée du couple, au coeur de l'intime, a généré un état de calme intérieur, assez inhabituel sous un chapiteau.
FoResT, jusqu'au 6 avril à l'Espace Cirque d'Antony, rue Georges Suant, 92160 Antony
Tel : 01 41 87 20 84
Renseignements et réservations sur www.theatrefirmingemier-lapiscine.fr


Le spectacle sera en tournée du 6 au 9 mai sur les Scènes du Jura à Champagnole
Les 18 et 19 mai au Centre Culturel Pablo Picasso d'Homécourt
Du 24 au 29 mai au Festival Théâtre en mai de Dijon
Du 11 au 13 juin au Festival Les Impromptus de St Denis
Du 5 au 8 août au Festival Fondus du Macadam de Thonon les bains
Entre le 15 et le 22 août au Festival la Route du cirque à Nexon.
La tournée se poursuivra sur la saison 2014/2015
Les photos qui ne sont pas logotypées A bride abattue sont de Christophe Raynaud de Lage

vendredi 22 novembre 2013

La Cie Galapiat fait courir Risque zéro à l'Espace Cirque d'Antony

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Aujourd'hui, Galapiat Cirque est une association qui fonctionne de manière collective, avec une vingtaine de salariés intermittents et permanents, artistes, techniciens, médiateurs. Galapiat Cirque, c'est aussi une vingtaine de personnes au Conseil d'Administration de l'Association et une centaine d'amis bénévoles pour les événements.

L'association est née en 2006 dans les couloirs de Châlons-en-Champagne au Centre National des Arts du Cirque de la rencontre de 4 puis 5, puis 6 artistes circassiens.

L'Amérique du Sud est à l'origine de leur projet. Voyager avec un spectacle, transmettre, apprendre, partager, faire du cirque sous chapiteau, habiter en caravane, vivre le cirque totalement.

C'est peu dire quand on voit Risque Zéro, un titre quasi mensonger parce que le spectacle est très impressionnant. Chacun fait comme si c'était pour rire mais il y a parfois de la casse. Plusieurs numéros sont en réalité hyper dangereux et ce n'est pas parce que les artistes "font semblant de" que la soirée est sous contrôle.

Je ne sais pas si vous êtes comme moi mais j'ai le vertige. Si je vois quelqu'un s'amuser à défier le vide en se penchant au-dessus d'un ravin j'ai le coeur qui s'affole, même si je sais que c'est pour de faux.

J'ai ressenti ce malaise toute la soirée. Et je ne pense pas qu'il soit raisonnable de voir le spectacle en-dessous d'une dizaine d'années. Il y a des scènes qui pourraient donner de mauvaises idées aux enfants.

Dès l'installation on remarque, comme le disait un gamin à coté de moi, "que des trucs dangereux" : une hache (affuté l'engin), un bec de gaz (allumée la flamme), une planche à clous (pointus les piques) ... seul le "pauvre" cactus (mais vraie plante) semble peu offensif.

Çà démarre cool sur un canapé moelleux où les 6 compères sont tout de même collés serrés. Le doute pèse sur l'assistance : si c'est çà le spectacle ... euh, comme dit un artiste dans le micro, c'est pas très violent.
L'idée du sampling est très futée. On monte le son. on monte la flamme. Les chassés croisés s'enchainent. J'hésite entre deux qualificatifs : sadique ou masochiste ?

Ils réinventent la main chaude en se frappant le cou et çà claque sec. Par contre le coup de la chaise en équilibre, même pas peur ! Yoann Bourgeois nous a enseigné la technique au Parc de sceaux au dernier festival Solstice.

Ping pong ping alors là çà dépote mais çà effraie aussi. Pourvu que l'un d'entre eux ne nous joue pas le rôle de la Belle au Bois Dormant (elle avait un morceau de pomme coincé derrière la glotte). Pour le moment c'est le Petit Chaperon rouge et l'Aigle noir qu'ils nous fredonnent.

La malle aux trésors est ouverte. Il pleut des fléchettes. Ce sont des malades me souffle-t-on à l'oreille. C'est pas dans la dentelle !

C'est quoi la règle du jeu ? Pour qui ? Pour quoi ? Vous êtes au bord de la mort réelle ! De vrais imbéciles ... c'est Moïse Bernier, le clown qui nous le dit, ne réussissant (mais c'est son objectif) qu'à nous faire rire.
Çà continue de plus belle ... avec des prises de risques toujours plus folles. Des accélérations et des ralentis.

Elice Abonce Muhonen est incroyable dans son numéro de sorcière. Elle est époustouflante comme trapéziste. Luco Smit sera très étonnant avec ses jonglages en altitude.

Sebastien Wodjan et Jonas Seradin ne cessent jamais de se lancer des défis. Moïse est l'as du mât chinois. Quant à Sébastien Armengol il démontrera avec pitrerie ses talents de photographe.

Risque Zéro tourne beaucoup en France, et en Europe. Il a dépassé les 200 représentations. Le spectacle est très rodé. Et pourtant je parie qu'ils se sont fait des petites surprises, çà se voyait, disait-on à la sortie ...

Un galapiat, c'est un vaurien, en l'occurrence ce soir ce furent 5 voyous et 1 voyelle.

Jusqu'au 8 décembre à L'Espace Cirque d'Antony, rue Georges Suant, 92160 Antony
Tel : 01 41 87 20 84

La tournée 2014 passera par Château-Gontier en mai, Amsterdam en octobre.

La photo qui n'est pas logotypée A bride abattue est de Julien Fourcade.

dimanche 10 novembre 2013

Le bal des Intouchables sous le Chapiteau de La Villette

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Si je n'avais le droit de défendre qu'un seul spectacle c'est sur Le Bal des Intouchables que je concentrerais mon énergie. Le qualificatif qui s'imposait en quittant hier le parc de la Villette était "prodigieux". Les prises de risques sont très osées, mais jamais gratuites. Presque chacune des scènes mène à une disparition qui provoque une renaissance.

La mort rode sans arrêt mais ne gagne jamais la partie.

Pourquoi "Intouchables" ? Mais en référence au film qui a bouleversé le public et que j'avais découvert avant sa sortie nationale. Il faut peut-être rappeler qu'Antoine Rigot, le fondateur des Colporteurs (avec Agathe Olivier) a perdu l'usage de ses jambes suite à un accident. Il a réussi à remarcher à force de ténacité et de courage. Il est même remonté sur le fil. Ce fut l'émouvant spectacle Sur la route.

Il est allé plus loin en concevant un spectacle autour d'un personnage de clown en fauteuil roulant qu'il a d'ailleurs interprété à la création à Lausanne en septembre 2012 et pendant plusieurs mois. Le handicap, la marginalité et la différence sont les fils directeurs de ce spectacle.
Le bouche à oreille est déjà très actif et une foule impressionnante composait une longue file d'attente plus d'une demi-heure avant le début depuis le bord de la Déferlante (c'est le nom de l'enceinte du chapithôtel où sont hébergés les artistes, à deux pas du chapiteau) qui est une oeuvre que l'on doit à l'artiste Johann le Guillerm.

Sur le sol, des étoiles de couleur vive où s'inscriront le nom de chacune des compagnies qui se produira à la Villette.
C'est le clown-girouette qui attend la file à l'autre bout. Le vent le fait danser, ouvrir et refermer les bras.  Il est cassé en deux mais si majestueux ... Il annonce le personnage central de la création ... mais personne n'a encore fait le parallèle. On se divise en deux groupes pour pénétrer dans le chapiteau pour effectuer le tour extérieur des gradins et profiter de 6 saynètes qui installent l'ambiance.
Vanité ... Automne. On découvre derrière un voile tout ou partie d'un corps ... Le dos, un bras, un visage, apparent ou prisonnier de la nappe qui enserre le plateau d'une table.
On peut ensuite grimper les quelques marches pour accéder aux gradins. Le moindre détail est pensé ... jusqu'aux paillassons au logo du spectacle.
Le public est très familial, avec beaucoup d'enfants qui, sans doute s'attendent à un spectacle de cirque plutôt conventionnel. Ce ne sera pas du tout cela mais personne ne sera déçu.

Antoine entre en scène, et va s'asseoir presque comme un spectateur "ordinaire" juste en face de moi. Le spectacle va commencer par la livraison de sacs poubelle. Les saynètes nous ont mis sur la voie. Chacun contient 1 ou 2 artistes mais si nous n'avions pas cet indice on ne le soupçonnerait pas ... jusqu'à ce qu'un bras ou une jambe perce le plastique comme un animal extraordinaire percerait une coquille. Le pied a une allure de tête d'oiseau.

Les boules se frottent dans des froissements musicaux. Une tête, deux ... les notes de musique retentissent. La bande marche en rond, comme des moutons, dans une ronde qui symbolise une autre forme d'enfermement. Un subtil jeu de cache-cache se met en branle entre les circassiens qui se doublent les uns les autres.

Les Colporteurs inventent le cirque sériel jusqu'à l'épuisement du geste.

Arrive le clown sur son fauteuil, fanfaronnant Bonsoir dans toutes les langues, empêtré dans une corde qu'il tente de s'enrouler autour du cou.

Le propos est tragique. Le traitement est artistique. L'humour veille. Bobby, lève-toi et marche, intime-t-on au clown qui s'exécute et qui tout à l'heure lâchera ses béquilles pour marcher sur le fil.

Suivront de subjuguantes envolées au trapèze et des traversées étonnantes sur le fil. La gestion de la prise de risques est purement époustouflante. A la fin on assiste, médusés, à la quasi évaporation des artistes qui disparaissent dans les air ou en coulisses en toute discrétion. L'espace est pensé comme une architecture.
Les artistes jouent avec les proportions, les perspectives. Agathe se faufile dans une robe immense comme celles que Goude avait conçues pour les cérémonies du bicentenaire de la Révolution. Rien ne l'empêchera de marcher sur le fil, ni le volume de tissus, ni la hauteur de ses talons rouges.

Les artistes témoignent que tout est possible, sans limite aucune, pourvu qu'on ait confiance, en soi et dans l'autre. Ils font voler en éclats le concept classique du couple, revisitant l'image idyllique du duo dansé, du double et du miroir. On oublie souvent qu'ils ne sont pas sur terre.

La musique est entrainante, parfois déchirante, avec des accents violents et sauvages de hard rock ou des mesures évoquant un SOS.
Les contorsionnistes miment la métaphore du conformisme. Il leur fait tenir dans un espace confiné et parvenir malgré tout à s'en échapper en résistant à la pression de l'entourage.

A la fin c'est plus qu'une ovation que l'équipe toute entière reçoit en hommage.

Le Bal des Intouchables
du 7 au 29 décembre 2013 sous l'Espace chapiteaux du Parc de la Villette (métro Corentin Cariou)
Informations-réservations 01 40 03 75 75

Tournée :
A Saint-Quentin -en-Yvelines (base de Loisirs de Trappes) du 24 janvier au 1er février 2014
A Calais (Le Channel) du 14 au 30 Mars
A Amiens (Cirque Jules Verne) les 10 et 11 Avril
A Noisiel (Ferme du Buisson) du 16 au 18 Mai

Le chapiteau peut s'endormir paisiblement sous les étoiles ...
La photo d'Agathe Olivier en robe de tulle est de Sébastien Armangol. Celle des contorsionnistes de JP Estournet et l'affiche a été illustrée par Anne Rigot

samedi 22 juin 2013

Balance de Lévité de Yoann Bourgeois pour le festival Solstice au Parc de Sceaux

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Yoann Bourgeois avait donné un spectacle d'une rare beauté pour l'édition de Solstice 2011. Il n'était pas question de manquer ce nouveau rendez-vous, d'autant que l'on nous avait annoncé une création.

Pourtant la météo, elle, n'était guère favorable et comme l'a souligné Marc Jeancourt, le directeur du Théâtre Firmin Gémier la Piscine, et "patron" du Festival, seuls les "courageux" étaient là, dans le Parc de Sceaux, sur cette Plaine des Quatre Statues d'où l'on aperçoit au loin le château du domaine.

Avec une bonne polaire, et un parapluie, nous étions prêts pour la performance. Je crois que, même sous la neige, on serait restés.

Sur le bitume, Yoann aurait tracé un cercle à la craie rouge. Sur l'herbe, il avait disposé des éclats de bois de couleur vive et personne n'allait franchir cette ligne symbolique.

Le ciel fut sombre. Nous avons été parfois à la limite de l'obscurité mais, en fin de compte, la pluie a suspendu ses gouttes le temps du spectacle (pour reprendre de plus belle au moment où nous avons quitté le Parc).
Comme quoi, ce soir, il n'y eut pas que les artistes à travailler sur cette question du point de suspension.
Au centre du cercle, nous découvrions un agrès d'un genre nouveau, appelé Balance de lévité, qui a donné son nom au spectacle, à moins que ce ne soit l'inverse. On a perçu un grondement très sourd qui est monté progressivement jusqu'à annoncer que les choses sérieuses allaient commencer.
Yoann a travaillé en collaboration avec Marie Fonte. C'est elle qu'il aide à prendre place dans une sorte de fauteuil-nacelle où elle s'est attachée solidement.
On l'avait deviné mais nous en avons la certitude : les deux contre-poids correspondent exactement à celui de la dame, vêtements et chaussures incluses.
Elle s'élève ... avec une extrême lenteur, et dans un épais silence.
Les mouvements sont d'une douceur étrange. L'évolution s'effectue dans un état proche de ce que doit être l'apesanteur dans une cabine spatiale.
Le vent soufflait assez fortement et poussait des cohortes de nuages gris foncé. Drôle d'augure !
Les enfants ne furent pas les moins impressionnés : j'ai un petit peu peur pour elle avec tout le sang qu'elle a dans la tête, s'inquiète un garçon sur ma gauche. Tu crois qu'elle va pas tomber ? interroge une fillette sur ma droite.
Le visage de l'artiste est toujours demeuré impassible. Comme si hausser un sourcil pouvait lui faire perdre l'équilibre. Et puis des notes de piano sont venues l'accompagner dans cette étonnante chorégraphie.
Elle revint sur terre, si l'on peut dire ...
Une nouvelle fois il fallut la complicité de Yoann Bourgeois pour la libérer de la balance.

Une expérience d'un autre genre attendait aussitôt les spectateurs qui, pour le coup, allaient devenir actifs dans une sorte de jeu du je et du nous à genoux ...
Imaginez un autre cercle, cette fois double, constitué de chaises qui se font face, où seuls des adultes étaient autorisés à s'asseoir. Yoann et Marie firent la démonstration de ce que nous allions faire.
La prudence voudrait que je vous prévienne, lecteurs, de ne pas tenter l'expérience chez vous. Et pourtant c'est tellement facile que je vous y encouragerais au contraire. Peut-être néanmoins en vous assurant de la présence d'un "troisième homme" pour la première fois, histoire de vous familiariser avec le déroulement.

Une fois que le ou la partenaire est décontracté on saisit les pieds de la chaise sur laquelle il (ou elle) est assis(e) et on les soulève. Son poids s'allège très nettement et assez rapidement jusqu'à ne plus rien peser. Ce n'est pas de la magie, c'est de l'équilibre.
On peut alors passer à une position plus sensible encore. Il devient possible de transférer nos mains sur se genoux ... de manière tout de même à "consolider" cet équilibre. Bien entendu les mouvements seront lents et mesurés.

A un signal sonore convenu à l'avance on replaçait les mains sur les montants des pieds de la chaise et on reposait le partenaire sur le sol. On inversait ensuite les rôles.
Certains duos sont parvenus très vite à vivre ce moment de suspension. D'autres ne parvenaient pas à décoller, tant la résistance du "manipulé" était forte. Alors Yoann proposait "tout simplement" de se positionner derrière, sans toucher  le siège mais pour rassurer la personne que "au cas où" il rétablirait la verticalité.

C'est cette simple présence que je conseille pour vous initier vous-même à l'expérience. Cela vaut le coup. Quelques-uns se sont assoupis. Il y eut des témoignages assez forts : impression de voler, de faire des roulades arrière, de flotter sans peser, d'atteindre en quatre minutes un état jamais réussi en dix ans de yoga.

Il faudrait pratiquer ce genre de relaxation (qui ne coute pas un centime) dans les entreprises. Il y aurait moins de stress au travail. Quant à la vie de famille elle est elle aussi gagnante en redonnant confiance dans le couple.

Nous étions proches d'un état second, avec l'envie d'échanger avec Yoann et Marie sur leur pratique artistique ... mais la pluie s'invitait au-dessus de nos têtes et nous nous sommes séparés un peu prématurément au goût de la plupart d'entre nous.

Balance de Lévité de Yoann Bourgeois pour le festival Solstice au Parc de Sceaux
Tous les renseignements sur le festival ici
Pour voir ou revoir les photographies (très impressionnantes) du précédent spectacle c'est
Et pour en savoir plus sur la Compagnie Yoann Bourgeois, leur site est http://www.cieyoannbourgeois.fr.

mercredi 12 juin 2013

Yoann Bourgeois au Parc de Sceaux samedi 22 juin pour Solstice

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En juin 2011 j'avais publié un compte-rendu sur un spectacle de la Compagnie Yoann Bourgeois. C'était dans le cadre de Solstice, un festival des Arts du Cirque dont les spectacles sont pour la plupart gratuits et accessibles à un large public.

Celui-là aurait pu être donné devant plus de mille personnes puisque nous étions en plein air, sur cette même pelouse du Parc de Sceaux qui accueillit Madonna, ... il y a un peu plus longtemps.

Yoann Bourgeois revient pour l'édition Solstice 2013, au même endroit, avec un spectacle différent, intitulé Balance de lévité, que l'on nous promet entre équilibres et suspensions.

Je vous encourage à venir le samedi 22 juin à 20 h 30 voir cette performance sur la Grande pelouse principale (Plaine des quatre statues). Je vous rappelle que l'accès est gratuit et tout public.

Pour vous convaincre, je ne vois rien de mieux que de vous remontrer les clichés que j'ai pu prendre du précédent spectacle, Rêve de cirque à la tombée de la nuit, qui sont assez surréalistes, laissant croire que les personnages ont été photographiés indépendamment puis collés a posteriori sur des images. Il n'y a pourtant aucun trucage.

Pas davantage non plus du coté des artistes qui se sont envolés facilement, "simplement" aidés par des trampolines insérés dans l'estrade.
Au départ il n'y avait que cette scène toute blanche, flanquée de deux escaliers, et posée sur la pelouse.Mathurin Bolze et Yoann Bourgeois sont montés d'un pas décidé
en nous jetant un œil semblant nous défier.Ils ont tiré un bas sombre de la poche intérieure de leur veste et se sont cagoulés.Ils ont alors commencé leurs évolutions.Spectaculairement géométriquesnous donnant parfois l'impression de voir double.Puis il se sont envolés.




Avant de se poser sur les marches comme le feraient des oiseaux migrateurs au bout d'un long voyage.

A moins qu'ils n'aient décidé de jouer au jeu de la statue.




Fin de la première partie.

Les artistes vont maintenant évoluer à visage découvert.

Et c'est parti pour une série de sauts savamment chorégraphiés selon un rythme alternativement crescendo et decrescendo.


On pourrait croire qu'il est facile de faire les pieds au mur.Le salut final arriva (trop) vite.Ils ne sont déjà plus que deux petits points qui s'enfuient au lointain.
Tout le programme du festival sur le site de Firmin Gémier/ la Piscine, qui est aussi un Pôle Cirque.
Et pour en savoir plus sur la Compagnie Yoann Bourgeois, leur site est http://www.cieyoannbourgeois.fr.
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