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dimanche 29 décembre 2013

Visite de la cave Mercier à Epernay

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Il y a deux semaines j'ai posté un billet rendant compte de la visite des caves De Castellane d'Epernay. J'ai eu la chance de pouvoir descendre également dans les caves Mercier. Et même s'il s'agit toujours de champagne (avec un mode de fabrication très semblable) cette expédition est fort différente.

J'étais montée en haut de l'Avenue de Champagne pour prendre quelques photos du vignoble.

Parler de ce breuvage sans marcher dans une vigne me semblait aberrant.

Les zones de culture sont restreintes en pleine ville mais il en existe encore, au-dessus de la maison Mercier qui occupe le 60 de l'avenue.

Si nous étions un jour de semaine il est probable qu'on verrait des vignerons à pied d'oeuvre. Auparavant on ne taillait pas avant la Saint-Vincent, le 22 janvier. Mais j'ai appris qu'on pré-taillait les rabots désormais bien avant.
On m'a dit aussi que le saint patron a été choisi pour la double allusion au vin et au sang. La fête se situe aussi à une période de transition pour la vigne, entre l’hibernation et le retour à la végétation. Le diction veut qu'à la Saint-Vincent, l'hiver s'en va ou se reprend.

Avoir entendu Emmanuel Mercier, ambassadeur de Mercier et arrière-petit-fils du fondateur, parler des caves m'avait déjà donné envie de les visiter. Les allers et venues des autocars ont achevé de me décider.

Au moment de prendre son billet on est déjà saisi par un objet monumental que l'on doit évidemment à Eugène Mercier, le fondateur de la maison en 1858, un visionnaire dont les idées restent révolutionnaires.

Il a lancé la construction du plus grand foudre du monde, 160 000 litres (l'équivalent de 213 000 bouteilles). Il aura fallu 150 chênes de Hongrie, 3 années de séchage et 11 autres pour le réaliser mais il a été achevé avant l'Exposition Universelle de 1889.

Rien que son acheminement vers Paris, en trois semaines, tracté par douze paires de boeufs fut un événement énorme. On imagine mal ce que cela a pu être avec les archi confréries de Saint-Vincent marchant devant, en tenue, avec les bâtons, et tous les accessoires. L'illustration de son passage sur la route Paris-Epernay est en bonne place dans l'espace d'exposition de la maison.
On peut penser que s'il n'y avait pas eu la concurrence de la Tour Eiffel c'est ce foudre qui aurait remporté le concours. C'est Gustave-André Navlet qui assure les sculptures. c'est lui aussi qui réalisera les bas-reliefs que nous verrons dans la cave (comme chez Louise Pommery -à Reims- entre autres). On y versa les vendanges de 1883.
On peut effectuer une visite classique ou s'inscrire sur le site des greeters pour découvrir un site sous un autre jour, au cours d’un moment de partage et d’échange convivial.

Le concept est new-yorkais et s'est bien implanté dans la Marne. Ils sont 38, tous passionnés par leur territoire, qui ont à coeur de partager leurs endroits préférés, leurs coups de cœur et leurs anecdotes lors de rencontres conviviales et qui plus est gratuites, en petits groupes de six personnes maximum. Chaque balade est unique : elle dépend de la personnalité des visiteurs, du greeter qui les accompagne, et des affinités qui se créent entre eux.
Pascal Pécriaux est l'un d'entre eux (ci-dessous sur la gauche, à coté d'Emmanuel Mercier) et j'aurais adoré le suivre si j'avais eu davantage de temps disponible. Bénéficier des connaissances (et de l'humour) de quelqu'un qui a travaillé plus de trente ans dans l'univers du champagne est un privilège. Il démontre que le touriste n'est pas qu'un "porte-monnaie sur pattes".

Ceci étant la visite des caves est bien conçue. Avec un film qui retrace les étapes déterminantes. L'histoire d'une maison commence avec l'ouverture des livres de comptes (d'où l'émotion que l'on peut ressentir quand on a la chance d'en consulter un de près comme vendredi soir).

On réalise combien Eugène Mercier (1838-1904) fut inventif. D'origine modeste, il créa sa Maison de Champagne à Epernay à 20 ans. Il opte d'emblée pour ce qu'on désignerait aujourd'hui comme un positionnement d'entrée de gamme. Son objectif est de rendre le champagne accessible à tous.

C'est un bourreau de travail, véritable self-made-man, qui réduit les coûts tout en inventant parallèlement la première cuvée spéciale. Il a fait creuser ses caves, à 30 mètres sous le sol crayeux d’Epernay, comme un monument de l'ère industrielle tant par leur plan orthogonal, à l'instar des villes américaines, que par leurs dimensions puisqu'elle  s s'étendent sur 18 kilomètres. La plus longue galerie, la galerie de Pékin, mesure 1, 2 km et permettait de relier les caves au Château de Pékin qui était propriété de la Maison.

Elles se visitaient autrefois en calèches. C'est aujourd'hui en ascenseur panoramique qu'on y descend, ce qui demeure révolutionnaire.
Les 4 km de circuit s'effectuent en voiture électrique, ce qui est bien commode. L'inconvénient est peut-être le manque d'interactivité auquel on est habitué avec une visite guidée. Nous longeons les imposants bas-reliefs sculptés à même la craie des crayères où l'on verra un hommage à Dom Pérignon (qui est pourtant une marque de son principal concurrent même si aujourd'hui ils appartiennent au même groupe international), des figures mythologiques, des statues.
On ne s'en rend pas forcément compte mais la plupart des galeries (47 au total) débouchent directement,  sur la voie ferrée Paris Strasbourg pour faciliter le chargement des bouteilles.

Eugène Mercier a inventé l'événementiel avant l'heure. Il signe avec Sarah Bernhardt un contrat en 1883 pour utiliser son nom (ce qui n'empêche pas celle-ci d'avouer publiquement sa préférence pour une autre maison). C'est encore lui qui invente le film publicitaire en sollicitant les Frères Lumière pour l'Exposition universelle de 1900.
Les caves sont ouvertes au public depuis 1885 et sont les plus visitées de la Champagne. L'électricité y a été installée très tôt, en 1886.

Comme dans les autres caves, on regrette de les voir alors qu'elles ne sont pas actives. Du coup on n'imagine pas le fourmillement qui doit y régner. On perçoit malgré tout leur gigantisme. On ne s'étonne plus qu'un rallye y soit programmé en 1950 pour le lancement de la 4 CV.
Elles sont modernes, comme ses soeurs, avec des gyropalettes en lieu et place des anciennes tables de remuage.
Après la visite on est invité à vérifier les trois caractéristiques du champagne Mercier : frais, fruité, intense, trois qualités dont Christophe Bonnefond, chef de cave, est aujourd'hui le garant.
Une exposition rappelle quelques moments exceptionnels en terme de communication.
Comme le souvenir de la dégustation dans un ballon captif, siglé de son nom, où sont montés 20 000 personnes pour déguster une coupe à 300 mètres au dessus du Champ de Mars en 1900.
 
Je me demande ce qu'Eugène Mercier aurait inventé pour soutenir la candidature de la région au Patrimoine mondial de l'Unesco. Réponse officielle en janvier 2014. Tous nos voeux l'accompagnent !
D'ici là je vous recommande la lecture passionnante de Coteaux, Maisons & Caves de Champagne, paru aux Editions De Larenée pour soutenir le projet.
Egalement le petit guide fort précis des auberges, bars, bistrots, brasseries, cafés restaurants, qui répertorie les Lieux de toujours Mercier, un voyage gourmand en France, paru chez Gallimard en octobre 2012. Tirée à un million d'exemplaires, chaque édition répertorie les meilleurs établissements dans toute la France. Ces bistrots, brasseries, restaurants, bars à vin proposent une cuisine de qualité et un cadre original et authentique, notamment la Table Kobus (p. 32) dont je vous parlerai prochainement.

dimanche 15 décembre 2013

Visite de la cave de Castellane à Epernay

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Vous commencez à le savoir : je passe le week-end en Champagne et il n'est pas envisageable de ne pas visiter au moins une cave. En fait ce sera deux, avec Mercier dont je vous parlerai ultérieurement.

Je vous avais fait part de ma surprise en découvrant la tour de la maison De Castellane, au bout de cette fabuleuse Avenue de Champagne, au numéro 63, que j'ai aperçue vendredi soir illuminée dans le cadre de la manifestation Habits de lumière.

En plein jour la ressemblance avec la tour parisienne de la gare de Lyon est encore plus frappante. Normal puisqu'ils ont eu le même architecte, Marius Toudoire. Et encore plus logique puisque c'est aussi une gare en quelque sorte.

C'est en 1895 que le Vicomte Florens De Castellane construit sa Maison de champagne à Epernay. 

Elle dispose de 9 kilomètres de caves et de bâtiments surmontés de cette tour, haute de 66 mètres, qui font désormais partie du patrimoine historique.

On raconte, mais je ne l'ai pas expérimenté, que la Tour De Castellane offre, après avoir gravi ses 237 marches, un panorama exceptionnel sur Epernay et sur les vignes de la vallée de la Marne.

Composé d’un harmonieux équilibre de briques rouges, de balustres en pierres de taille, de sculptures et décorations en émail, l’ensemble des bâtiments constituent une œuvre caractéristique de son époque, d'allure presque baroque aujourd'hui.
Ce n'est pas un hasard si la tour évoque la gare parisienne car, et c'était essentiel à sa construction, les celliers sont directement raccordés au réseau SNCF par lequel les vins sont expédiés vers les grandes métropoles dont les noms sont sculptés en gravures d’émail sur le fronton des immeubles : Bruxelles, Londres, Paris, New-York, Barcelone, Alexandrie ...

Il est possible que la visite que j'ai faite fut spéciale, puisque inscrite dans le cadre des habits de lumière. Vous trouverez tous les renseignements utiles pour préparer la vôtre sur le site de la maison.

En tout cas les caves d'Epernay n'ont rien à voir avec ce que l'on connait par ailleurs. C'est même un choc comparativement aux chais de calvados que j'ai visités cet été.

Elles se trouvent de part et d'autre de l'Avenue de Champagne. Contrairement à d'autres régions qui ont investi des caves existantes comme on l'a fait à Reims dans des crayères gallo-romaines désaffectées, l'homme a ici creusé  un total de 110 kilomètres de galeries sous-terraines, contre 130 de voirie, ... histoire d'avoir un point de comparaison. Elles ne sont donc pas "très" anciennes. Moët fut le premier à oser creuser dans un immense terrain vague crayeux en 1743. Ce sont d'ailleurs les plus grandes avec presque une trentaine de kilomètres de galeries.

Pour De Castellane il fallut attendre un siècle de plus. Installée de l'autre coté de l'Avenue, en contrebas, la maison avait l'énorme avantage de bénéficier du chemin de fer mais la proximité de la Marne rendait les percements difficiles. Ce fut le même contexte pour Mercier dont les quais étaient de plain pied avec l'Orient Express.

Situées sous 10 à 30 mètres de sol calcaire, elles s'étendent sur 18 km chez Mercier, 28 chez Moët ... et seulement 6 km chez De Castellane. Cela semble peu. Et pourtant tout m'a semblé démesuré chez eux. Peut-être parce que j'ai commencé par là.
La salle d'accueil est à la proportion des groupes de visiteurs qui doivent y transiter. Dans le fond un limonaire semble minuscule alors qu'il est immense.

La visite s'effectue à pieds (en train chez Mercier). C'est l'occasion d'apprendre le processus de fabrication du célèbre breuvage. De comprendre les anciens modes de conservation ... jusqu'aux plus actuels. Le plus surprenant pour le néophyte c'est que tout se joue dans la bouteille (et non dans le tonneau). Or rien ne ressemble plus à une bouteille qu'une autre bouteille. Il n'y a aucun parfum résiduel dans l'air. Ce n'est pas dans une cave à champagne qu'on humera la part des anges !
On verra d'immenses affiches témoignant de l'accord entre champagne, art et culture. Les plus grandes marques (Vuitton ci-dessus) se sont approprié ce vin. On traversera d'immenses salles. On découvrira  les secrets de l'assemblage des cépages, de la double fermentation alcoolique (la seconde a lieu à l'intérieur des bouteilles), les cuveries en inox (où sont désormais stockés 80% du vin), les cuves plus anciennes de ciment-céramique, l'atelier de tirage et de dégorgement, l'embouteillage, les espaces de remuage sous pupitre et en gyropalette, les espaces de stockage en palette, en tas et sur pointe.
Mais surtout on sera surpris par les enfilades de couloirs et les empilages de bouteilles ... et par le taux d'humidité qui est de 85%.

Ici les bouteilles vieillissent au minimum trois ans sur lattes, et non pas 15 mois comme la réglementation l'impose. On ne parlera de millésime qu'après au moins 6-7 ans. Les bouteilles les plus anciennes sont de 1915, conservées dans l'oenothèque, derrières des portes cadenassées.
Chez de castellane les galeries s'appellent des avenues et portent le nom de personnes. On peut encore y voir des objets anciens comme ce ratelier. Et comprendre pourquoi on en est venu à inventer la bouteille  en verre coulée à fond creux ... après avoir subi les explosions des bouteilles à fond plat sous la pression de 6 barres.
Tout ce qui nous parait "normal" aujourd'hui est le résultat de recherches progressives. On apprend notamment que le champagne est aussi une affaire de femmes. Autrefois Louise Pommery, la tante Lily (Bollinger), aujourd'hui Evelyne Boizel ... elles sont nombreuses à avoir marqué l'histoire.

La plus remarquable est sans doute Nicole Clicquot, plus connue sous le nom de Veuve Clicquot, généralement représentée âgée, alors que lorsqu'elle prend la succession de son mari elle n'a que 27 ans. On lui doit des inventions capitales comme la table de remuage sur, dit-on, sa table de cuisine en 1864 qui alors n'était pas encore inclinée à 35°.

Les opérations de remuage s'organisent trois ou quatre mois avant la date prévisible de commercialisation. Elles consistent à rassembler le dépôt constitué par les lies inactives et à les faire migrer vers le col de la bouteille au contact du bidule (l'opercule conçu pour récupérer les lies).

Dans un premier temps les bouteilles sont inclinées à 35° environ sur un chevalet en chêne, ou pupitre (voir photo un peu plus haut), constitué de deux faces planes assemblées par des charnières à leur sommet. Chaque face est percée de six trous taillés en biseaux sur dix rangées soit 120 bouteilles.

En les tenant par le fond, le remueur imprime aux bouteilles un mouvement bref et sec de rotation sur elles-mêmes de 1/8e, 1/6e, ou 1/4 de tour, tantôt à gauche tantôt à droite. Il s'agit de décoller le dépôt alourdi par les adjuvants de remuage de la paroi du verre et favoriser son déplacement vers le col, sur la face interne du bouchon (ou bidule), sans le remettre en suspension (un repère à la peinture blanche lui facilite l'opération). Au fil des semaines, il les redresse peu à peu, pour les amener à la verticale, tête en bas, dans la position dite sur pointe.

Un "bon" remueur manipule 40 000 bouteilles par jour, mais il n'est pas exceptionnel de monter à 70 000, d'où l'intérêt des gyropalettes, inventés en 1975,  qui effectuent ce travail mécaniquement.

La visite se termine par les dernières opérations précédant l'expédition. Le dégorgement (opération consistant à expulser le dépôt) a laissé dans la bouteille un vide qu'il faudra combler. De plus, l'acidité naturelle du vin et du gaz carbonique étant élevée, il est nécessaire d'édulcorer le contenu, selon que l'on désire obtenir un vin "extra-brut", "brut nature", "brut", "extra-dry", "sec", "demi-sec", ou "doux".

C'est le rôle que va jouer ce qu'on appelle la "liqueur d'expédition" (ou "liqueur de dosage") qui n'est autre qu'un mélange de sucre de canne très pur et de vieux vins de Champagne adapté à chaque cuvée.
Restera à mettre ensuite le bouchon de liège, la capsule et le muselet sur la chaine d'habillage. Et bien entendu l'étiquette dont la Maison de Castellane dispose d'une immense collection dans la salle des Etiquettes que j'ai eu la chance de visiter au sein de son fort intéressant Musée de la tradition champenoise.

On y voit moult déclinaisons de la célèbre étiquette dont certaines sont dues à de très grands artistes. Elles évoquent toutes la croix rouge de Saint-André qui est l'emblème du plus vieux régiment de Champagne-Ardennes, à l'époque des armées napoléoniennes. Mumm s'est attribué un cordon rouge. Et De Venoge un cordon bleu en double référence, d'une part à la rivière la Venoge qui coule en Suisse et dont la maison est originaire, d'autre part à Henri II, dernier Valois qui institua le port du cordon bleu comme insigne de l'ordre du Saint-Esprit en en faisant un symbole d'excellence. On sait bien ce que représente l'expression en gastronomie ...
Une dégustation termine le périple ... en toute évidence.
Bientôt je vous emmènerai dans une cave très différente d'aspect, à bord d'un petit train électrique, chez Mercier.
Je sais déjà que l'an prochain, et pour ce qui est d'Epernay, j'aurai envie de visiter celles de Moët & Chandon qui sont les plus vastes de la région Champagne et qui s’étendent sur 28 km. On raconte que dans ce labyrinthe souterrain légendaire, les forces de la nature se sont alliées pour créer un cadre unique propice à la métamorphose de fruits de qualité en vin de la Maison ... sous les auspices de Dom Pérignon dont la statue domine la cour.

Tous les articles :
La visite des caves De Castellane
Quelques restaurants d'Epernay

vendredi 13 décembre 2013

Habits de Lumière : Parade et illuminations sur l'Avenue de Champagne d'Epernay

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Voilà typiquement la manifestation que j'aurais aimé annoncer en avant-première ... Vous me direz que d'une certaine manière je le fais avec un an d'avance ... car elle se répétera en 2014.

Cela fait maintenant quatorze ans que la ville d'Epernay honore la célèbre boisson, avec le Comité de l'Avenue de Champagne, d'une manière qui n'a rien à envier aux fêtes parisiennes.

Le prétexte de départ fut de fêter le passage à l'an 2000. Le succès fut tel que l'opération est devenue rituelle.

L'Avenue de Champagne devient pendant trois jours un lieu d'exception où les décorations m'ont semblé plus magiques que celles des Champs Elysées. C'est dire !

Le thème de cette année 2013 est l'Inattendu et la surprise fut de taille. Voici quelques photos de la première soirée qui en ce vendredi 13 fut plutôt exceptionnelle.

Entre spectacles, concerts, son et lumière, performances, parades et installations, les différentes animations sont conçues pour surprendre le public. Aussi bien les grands que les petits d'ailleurs et j'ai été étonnée du nombre de poussettes transportant des enfants au regard radieux.

L’Avenue de Champagne est la voie la plus prestigieuse de la ville et elle compte plus d’un kilomètre (Il faut le savoir et vous voilà prévenues : il est inopportun de vous rendre à la soirée juchées sur des talons de 12 ... cm). Comptant Maisons de Champagne et hôtels particuliers, cette voie est bordée de bâtiments d’une architecture marquée de la fin du XIXe siècle. Hôtels particuliers et grandes Maisons de négoce composent un ensemble aligné et rythmé par de hautes grilles massives et ouvragées.

La découvrir de nuit est un souvenir impérissable ... à vivre avant une visite attentive de jour, ce que je démontrerai dans un prochain billet.
A partir de 19 h 15 l'avenue se transforme en un drôle de terrain d'attractions avec les Brimborions, de la Compagnie Picto Facto. Ces  trois cyclistes "allumés" comme des lampions remontent les pavés en se faufilant dans la foule qui, pour une fois investit toute les 18 mètres de largeur ...
La compagnie des Plasticiens Volants est visible de plus loin. Certains éléments font jusqu’à 20 mètres de long et culminent entre 5 et 15 mètres de haut !
Tout a commence au 7 bis de l'Avenue, en face de l'Hôtel de ville où est projeté un Ideo-mapping intitulé Souris. Loin du sons et lumières "classique" des années précédentes celui-ci offrait une vision originale et décalée, toutes les 30 minutes jusqu'à 23 heures. On aime ... ou pas, parce que c'est loin de l'univers du champagne. le mérite est en tout cas d'être très actuel, ancré dans le monde des jeux vidéo.
D'autres projections illusionnistes ont lieu sur d'autres façades plus haut dans l'avenue. Comme celles que Stéphane Bordonaro a créées pour jouer de l’architecture de cette maison de maître, le château Gallice, qui abrite l’Orcca pour encore quelques mois.
Mais ce sont surtout les illuminations des cours et des façades des Maisons de Champagne et Vignerons qui procurent ce sentiment incroyable de prestige. Certaines ont déployé des trésors d'imagination. D'autres sont plus modestes mais tout est féérique.
C'est déjà un privilège que de les admirer de l'extérieur. Parfois on peut entrer dans la cour pour prendre quelques photos de plus près.
Et puis, mais là c'est le nec plus ultra ... on bénéficie d'une invitation personnelle qui vous place dans les happy few. Comme ici chez Perrier-Jouët, toujours fidèle à l'esprit Belle Epoque depuis la redécouverte de la bouteille dessinée en 1902 par Emile Gallé, le fondateur de l’Ecole de Nancy et pionnier de l’Art nouveau. Malgré sa beauté elle fut oubliée puis retrouvée en 1964. Elle n'est pas prête de s'évanouir de nouveau.
La cuvée Belle Epoque avait l'honneur de l’Arbre de Dégustation dessiné et sculpté par le designer néerlandais Tord Boontje, pour Perrier-Jouët au printemps dernier. A l'intérieur de la salle, ce service à champagne fleurissant d’anémones et de flûtes s’épanouit au pied d’un seau à glace.
Mais dans la cour voisine c'est en version gigantesque qu'on peut l'admirer. Tord Boontje a façonné une véritable sculpture végétale à la fois esthétique et utile, raffinée et innovante pour réenchanter le rituel de dégustation en conjuguant raffinement et modernisme.

Il s'est inspiré des anémones dessinées par Emile Gallé, mais aussi des lignes fluides et des motifs organiques empruntés au monde végétal. Les branches de métal sont travaillées à la main, les feuilles soudées une à une et les anémones laquées de blanc.

La cuvée Perrier-Jouët Belle Epoque se caractérise d’abord par sa robe dorée. Au nez, elle dévoile un bouquet de fleurs blanches légères ponctué de notes fruitées et exotiques (poire, gingembre frais, anis et ananas), puis développe en bouche des parfums de fruits blancs et jaunes. Cette sensation de fraîcheur aérienne et soyeuse se déploie autour d’un axe minéral avant d’offrir une finale d’une persistance subtile. Tout est dit ! A ceci près qu'il faut ajouter que la consommation se doit de rester modérée.

Ce type de soirée présente aussi des moments intimes. Comme par exemple lorsque Michel Letter, le directeur général adjoint de Mumm Perrier-Jouët accepta d'ouvrir un livre de comptes pour faire plaisir à une vendangeuse saisonnière.
Ce soir, comme demain, certaines cours, habituellement fermées au public, sont ouvertes. Si certaines restent d'accès privé d'autres ont installé en extérieur un Bar à champagne et un stand de restauration rapide (tarifs variables mais raisonnables).
C'était le cas chez Pol Roger dont les flutes en Plexiglas vert vif avaient de quoi surprendre quand on sait que c'est un Pol Roger Special Reserve NV qui fut servi au menu du mariage princier de Kate et William. Ceci étant leur couleur s'accordait parfaitement aux illuminations acidulées qui chatoyaient sur les façades de la cour et elles se repéraient ensuite dans la foule à la main de ceux qui lavaient conservé l'objet.
La matriochka de la cour Demoiselle était particulièrement attractive. Je n'y ai rien dégusté (il ne faut pas arriver après 22 heures 30 ... or il y a tant de centaines de mètres à arpenter ...) mais le décor fut un régal et une surprise incomparable.

A l'intérieur des bouteilles d'une beauté elle aussi inspirée de l'Art nouveau.
Champagne Demoiselle avec sa bouteille inspirée de l’Art Nouveau apparaît en 1985. Ce nom « Demoiselle » vient des libellules qui peuplent l’étang du château des Castaignes à Montmort près d’Epernay, propriété de Vranken. On dit que Lalique, natif de champagne, a beaucoup utilisé cet insecte parce qu'il lui était familier.

J'ai trouvé étonnant et intéressant le manège de chevaux de bois galopant au-dessus de ces jolies bouteilles. Dommage que la lumière n'était pas favorable.
Je n'ai bien entendu pas tout vu. Il me reste des découvertes à faire ou à prolonger une autre année. Tout au bout de l'Avenue se trouvent Mercier (dont je visiterai les caves après-demain) et De Castellane dont la tour étonnante est une réplique de celle de la gare de Lyon.
Je n'ai pas vu non plus le feu d'artifices qui est tiré en tout début de soirée, ce vendredi, ce qui est une bonne idée pour que les enfants ne soient pas contraints de veiller trop tard.

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La photo des Brimborions qui n'est pas siglée A bride abattue est de Frank Barrat Arnal.
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