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samedi 12 avril 2014

Encore un Salon du blog culinaire

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Les salons du blog culinaire se suivent et se ressemblent comme les membres d'une même famille. Il y a les jumeaux qui grandissent à Soissons. Il y a les cousins qui surgissent à Paris, et qui prennent des allures différentes, en se centrant sur le sucré ou sur les boissons.

Le petit dernier se déroulait aujourd'hui dans une galerie (vide pour l'occasion) de la Place des Vosges , toujours sous l'égide de Chef Damien et de 750 grammes, avec un parrain que les bloggeurs culinaires apprécient particulièrement, Philippe Conticini.

Outre le plaisir de nous retrouver, d'échanger et de partager les expériences poursuivies depuis la dernière fois (et c'est déjà beaucoup) nous profitons de ces journées pour faire des découvertes ou approfondir des connaissances. C'était le cas aujourd'hui avec Olympus .. pour ceux qui ont pu se glisser dans un des ateliers (ce sera une autre fois pour moi).
Ou avec les appareils Kenwood (là aussi je n'ai pas eu l'opportunité d'essayer une nouveauté mais ayant gagné à la tombola de fin de journée le même appareil que celui avec lequel oeuvrent les candidats du Meilleur Pâtissier je pense que je vais faire désormais davantage de pâtisserie).
On aime toujours goûter des produits qu'on connait mal. Anne-Lise, Estelle et Sylvain, de Terre Exotique nous ont fait une superbe démonstration de l'ampleur de ce qu'on peut entreprendre avec des épices et des mélanges. Moi qui adore la fève Tonka j'ai énormément apprécié la leur, très grosse, et c'est avec regret que j'ai appris que cet épice allait prochainement disparaitre en raison de la raréfaction du Coumarou, l'arbre de teck brésilien. Ménageons donc nos stocks.

Je suis rentrée avec un Carnet de voyage qui retrace l'histoire passionnante de beaucoup d'épices.
Lidl a créé la surprise avec sa gamme de rosés et ses macarons au foie gras, nous faisant apprécier la vie en rose. On remarquera que beaucoup d'entre nous, moi la première, avaient par hasard un tablier de circonstance.
 
Chef Damien mis la main à la pâte avec Sandra, de Cuisine Addict, pour démontrer combien on pouvait oser en la matière ...
... avec des cupcakes très fondants.
Nous n'avons pas fait que goûter une gamme de vins rosés. Les légumes verts et les fruits furent aussi présents, et appréciés, nature ou sculptés par le Chef Claude (dont faute de temps je n'ai pas suivi les démonstrations).
On croyait connaitre l'univers de l'huile d'olive mais Erik Carteau nous a bluffé par ses explications dans une ambiance très joyeuse. Je ne savais pas l'huile d'olive fragile. Il faut la conserver à l'abri de la lumière et de la chaleur. Son conseil est simple, mais il fallait y penser. On remplit à moitié un bac à glace (on recycle) et hop au congélateur. On y puise des copeaux à volonté, lesquels fondront ensuite doucement sur les plats chauds.
Erik nous a expliqué que ces huiles se dégustent (c'est le mot) à 27° et que le seul goût que nous avons l'habitude de reconnaitre est l'amertume alors que les oléologues notent aussi le fruité et le piquant. Il a plusieurs fois répété que nous n'étions pas "en panel officiel" et nous avons enchainé les découvertes à la bonne franquette.
Il nous a appris à discerner le fruité vert du floral, nous a fait apprécier la longueur en bouche. Il nous a sensibilisé sur les défauts principaux comme le rance, le moisi (atroce odeur de bois humide) et le chomé, qui a cependant un statut particulier lorsque les olives ont fermenté en anaérobie avant l'extraction de l'huile. On obtient alors un fruité mur très parfumé évoquant la tapenade, le sous-bois et même des notes cacaotées. C'est le cas de l'huile d'olives confites que Puget commercialise en édition limitée (et numérotée) seulement 30 000 bouteilles sous le nom de Fruité noir à partir d'avril. Et tant pis si la réglementation interdit alors de faire figurer la mention "vierge extra" sur l'étiquette.

Erik nous a conseillé de ne pas acheter d'huile en septembre (sauf à l'utiliser très vite) parce que ce que l'on trouve en bouteille provient de la récolte de l'année passée, et que donc elle se conservera moins longtemps.

Interrogé sur les marques 1er Prix il nous a mis en garde sur l'absence de constance dans le goût toute l'année, parce que les approvisionnements en olives ne sont pas constants. Et il nous a exhorté à goûter avant d'acheter l'huile qui est proposée sur les marchés.
Nous avons goûté, et regoûté chacune des bouteilles qu'il avait apportées, même si les tapenades et le caviar d'aubergine "glissaient" plus facilement. Une fine tranche de pomme verte pour nous rincer le palais et nous étions prêts à poursuivre.
A signaler que Marabout vient de sortir un nouvel opus dans la collection des tout-petits récapitulant 30 recettes culte à faire avec l'huile d'olive Puget.
Echanger, expérimenter, goûter sont nos motivations à venir. Mais rien n'égale le plaisir de cuisiner en improvisation. Surtout quand on peut piocher dans un si large choix de légumes et de produits.
J'ai choisi du brocoli, du fenouil, des asperges vertes, un citron vert et une mangue, du cerfeuil et l'huile fruité noir, aux olives noires confites. Je fus opposée à Béatrice qui a préparé un dessert chocolaté.
Brocoli et fenouil ont été braisés. L'asperge était coupée en sifflet et seules les tiges ont été cuites (pas les sommités qui ont été ajoutées crues, comme les fines tranches de mangue). Quelques peluches de cerfeuil et un trait de cette huile très typée achevaient la préparation.
Mon adversaire gagna un appareil photo. J'étais très satisfaite du panier qui me fut attribué parce que je pressentais qu'il serait l'occasion de poursuivre les découvertes gustatives.
Par exemple diverses vinaigrettes qui renouvellent notre manière de déguster les asperges. On ne le voit pas sur la photo mais la Douceur de balsamique à l'orange est l'association la plus audacieuse.
Et puis, comme si nous pouvions encore avoir faim ... nous avons partagé, au cours d'un déjeuner à la fortune du pot et selon la coutume,  les plats que nous avions apportés.
J'avais finalisé sur place une Bufala en folie dont je vous donne la recette demain.
Beaucoup de monde tout au long de cette journée qui s'est prolongée en soirée dans les locaux de 750 grammes pour ceux qui avaient encore un peu d'énergie.
Rendez-vous est d'ores et déjà pris pour Soissons le week-end des 14-16 novembre prochains.
Et merci à Bertrand, pour ses photos qui me permettent ... c'est très rare ... de figurer parmi les participants.

vendredi 28 mars 2014

Conférence à Omnivore autour des problématiques d'ouverture d'un restaurant avec Badoit

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La Bourse de la création Badoit soutient les jeunes talents depuis 33 ans. Elle a décidé à l'occasion du festival Omnivore d'organiser une conférence autour des problématiques d'ouverture d'un point de restauration.

Le partenariat entre Omnivore et Badoit a permis de mettre au goût du jour cette Bourse de la création au profit de jeunes chefs confrontés à des difficultés financières. L’aide s’est accentuée depuis deux ans avec un vrai accompagnement en conception et en communication.

A cette occasion ce sont (de droite à gauche sur la photo ci-contre) Thierry Marx, chef du Mandarin Oriental, Kristin Frederick, la créatrice du Camion qui Fume et Steven Ramon, candidat de Top Chef, qui ont débattu du sujet dimanche après-midi sur la Scène sucrée du festival, en répondant aux questions de Marie-Laure Fréchet, journaliste culinaire et animatrice de la Scène sucrée pour la seconde année.

C'est avec beaucoup de simplicité que Thierry Marx a confié avoir traversé toutes les formes du succès à la faillite avant de devenir une icône dans l'univers de la restauration. Lui s'est lancé seul et il fallut convaincre des partenaires. Il obtint certes sa première étoile en huit mois mais ce fut une victoire à la Pyrus. Le banquier a une règle à calculer et le dépôt de bilan n'a pas pu être évité cette fois là.

Kristin Frederick est une nouvelle star à la tête de deux food trucks à burgers, deux "Camions qui fument" qui sont devenus emblématiques de ce que peut faire un chef dans un camion itinérant. Se sont alors posées des questions comme celle de savoir quelle somme le particulier serait prêt à dépenser pour manger du « bon » dans la rue. Ce fut le succès qu'on connait. Et, depuis, la jeune femme a ouvert un Freddie's Deli qui lui n'a rien d'itinérant.

Steven Ramon va ouvrir dans quelques semaines son premier restaurant, ce qui fait de lui un exemple de la problématique. Il a évolué pendant près de 10 ans dans un seul restaurant, "La Laiterie" de Lambersart, qu'il a vue couronnée d'une étoile Michelin, juste avant que son patron, Benoit Bernard ne le cède à un investisseur. Arrivé commis il en sortira Chef de Cuisine pour se lancer dans l'aventure top chef.

A la question de savoir s’il existait un profil type pour espérer postuler à bon escient, Thierry Marx a insisté sur le nécessaire cumul de compétences de quasiment trois personnes alors qu’on n’en financera qu’une seule : le savoir-faire, le savoir faire-faire et le faire-savoir.

Il faut aussi déterminer son projet avec le plus de précision possible parce que, dit-il, si on laisse trop d’incertitudes c’est une mer à traverser.

Pour Kristin il est capital de comprendre la réalité du métier sans toutefois perdre son potentiel de réaction. Ainsi elle-même se croyait prête ... mais par exemple pas pour le volume de clients qui s'est présenté. Elle ne savait alors pas gérer deux heures de queue. Thierry Marx approuve en estimant qu'ouvrir un restaurant est plus facile que se lancer dans l'itinérant.

Steven de son coté estime avoir un avantage car il "pense déjà comme un patron". Son but a toujours été de s’installer même s’il ne s’était pas fixé une date. Et il est entouré de gens qui partagent sa passion.

Thierry Marx souligne qu’il est très important de réfléchir en amont à ce qu’on est prêt à abandonner de son environnement pour avancer. Parce qu’un tel projet sera forcément chronophage. Si on n’est pas disposé à travailler 7 jours sur 7 pendant les deux premières années il est inutile d’envisager de commencer (tous les chefs d’entreprise que j’ai rencontrés m’ont fait la même confidence). A dire vrai c’est même 120% serait plus proche de la réalité. Faire la cuisine, qui est la partie la plus satisfaisante, ne représentera pas plus de 30% du temps, ce qui implique de pouvoir supporter la frustration et d'être capable de raisonner en projet de vie.

Il ajoute que "ça va être compliqué" si on est déprimé au premier découvert en affirmant qu'il n'y a pas de dramaturgie de l'échec. Cela n'empêche qu'il est essentiel de monter un business-plan qui laisse peu de place au hasard adossé à un rétroplanning efficace.

C'est pourquoi il est important d'emmener avec soi son entourage dans le projet. celui qui sait se constituer un réseau dans divers champs de compétences est mieux loti : il bénéficiera de conseils sans devoir mettre systématiquement la main au portefeuille.

Quant aux diplômes, on dira qu'ils sont des facilitateurs. Le banquier regardera aussi le nombre d'années passées en entreprise. Celui qui gagne n'est pas forcément le meilleur mais sa volonté de ne pas perdre doit être sans faille.

Thierry Marx est convaincant aussi par les chiffres qu'il avance. Sachant qu'il existe 170 000 restaurants il est difficile d'exploser dans une telle masse si on n'amène pas un quelconque relief. Hors de question de se lancer en "faisant le coup du terroir". Personne ne va plus au restaurant parce qu'il a faim mais pour passer des moments d'émotion.

La cuisine doit être une histoire; le projet est forcément hollistique. Avec trois fondamentaux : le sourcing de produits de qualité, la gestion du client et l'identité de l'accueil. Et cela en 3 ans alors qu'autrefois on avait 30 ans pour réussir, même si la politique des petits pas demeure valable.

Les cuisines étaient alors fermées. Elles se sont ouvertes et se sont même déplacées carrément au centre de la salle. Il faut oublier les stéréotypes périmés. Le client veut désormais "voir la main qui le régale". Le chef enfermé dans sa cuisine avec un torchon (sale qui plus est) n'a plus cours. C'est même lui qui va (aussi) servir, ce qui permettra une réduction des coûts de main d'oeuvre.

Le déjeuner gastronomique ne cesse de décliner depuis vingt ans. On veut maintenant déjeuner en 45 minutes, café inclus. La carte n'a plus besoin de s'allonger d'une vingtaine de plats. Sept suffiront avec cinq plats et trois desserts.

Il évoque le lauréat 2013 qui va faire un estaminet ambulant en faisant parler son coeur. Thierry Marx qui connait bien les contraintes de la profession estime à 7€ le prix moyen de départ en cuisine de rue, sachant qu'avec une bonne proposition on peut espérer sortir à 20.

Kristin Frederick a voulu rendre hommage aux réseaux sociaux qui permettent de remplir une salle qu'elle soit dans le 1er ou le 20ème arrondissement. Le nom de Camion qui Fume, qui semble si juste, lui a été soufflé par son mari qui avait noté que chaque ville a son Chien qui fume, quand ce n'est pas un autre animal. L'appellation s'inscrivait spontanément dans la mémoire collective. Et c'est une véritable communauté qui s'est créée.

Mais attention, l'effet serait à double tranchant pour qui ne tiendrait pas la promesse qui ne doit surtout pas être virtuelle. Cela étant il n'y a pas de cuisine illégitime ... sauf celle qui n'a pas de client.
Je vous signale que l'appel à candidature se poursuit jusqu'au 15 mai sur le site Internet badoit.fr. Faites le savoir autour de vous.

dimanche 23 mars 2014

Le Salon du Livre 2014 ...

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(mise à jour le 11 mai 2014)

Dimanche soir, le Salon du livre s'achève et le bilan est semble-t-il très positif. Il suffit de jeter un oeil sur les étagères qui se sont vidées. Les piles ont fondu.

Rien d'étonnant. J'ai vu des dizaines de fans, un livre à la main, faire le pied de grue pour quelques secondes de partage avec leur auteur préféré.

Ce qui était amusant c'était d'écouter les petites phrases. Entre celui qui n'a pas reconnu une figure ultra médiatisée, cet autre si déçue que sa "vedette" ne ressemble pas (ou plus) à la photo qu'elle préfère renoncer à la dédicace ("Ah, ça, mieux vaut l'image !"), ou celle-ci qui ne cherche qu'à se photographier à coté d'une figure emblématique du show business, pour dare dare poster sur les réseaux sociaux, quitte à s'infiltrer de force dans une conversation, et surtout ne même pas faire semblant de s'intéresser à la personne en tant qu'auteur. Lire son livre ? On n'y pense même pas.

Vous aurez compris que tous les visiteurs n'ont pas des motivations littéraires. Cette année était un peu spéciale pour moi. J'y suis allée pour voir et revoir les auteurs que je connais (et réciproquement) et ce ne sont pas nos conversations que je vais déballer ici. Ces moments de partage, en particulier le soir du vernissage, sont des instants privés.
Je suis heureuse d'avoir pu voir ou revoir des personnes dont j'ai chroniqué les romans ces derniers mois comme Ariane Bois, Véronique Olmi dont le prochain titre sortira en janvier, Philippe Mathieu, Cookie Allez, Caroline Sers, Valérie Clo, Xavier de Moulins, Gilles Paris, Laura Berg, Brigitte Giraud, Sophie Adriansen, les auteurs de l'Ecole des loisirs (qui prépare déjà à fêter en 2015 son cinquantième anniversaire) ou du Square culinaire.

J'ai même fait la connaissance d'auteurs dont je vais lire les ouvrages dans un futur proche. Ces rencontres m'ont davantage intéressée que l'inauguration proprement dite, jeudi soir, par la présidente argentine, Cristina Kirchner et le premier Ministre français Jean-Marc Ayrault. 

A deux ou trois exceptions, je préfère aujourd'hui adopter l'oeil du visiteur lambda pour vous montrer ce que vous auriez pu voir si vous vous étiez égaré dans les allées, Porte de Versailles, et j'ai bien davantage tiré le portrait d'inconnus que de mes écrivains préférés, à deux ou trois exceptions près, comme je viens de l'écrire.

Egaré est le mot juste. Le repérage des stands au-delà du nombre 50 est toujours très compliqué, avec un chamboulement de l'ordre alphabétique qui provoque l'énervement. Mais même dans les hautes eaux j'ai remarqué une jeune auteure -dont je garde le nom secret- qui partait systématiquement dans le mauvais sens avant que je la remette sur le droit chemin.

Je n'ai pas mesuré la longueur des files mais il me semble qu'elle fut très longue pour Douglas Kennedy (chez Belfond), un peu moins étendue devant la table de Dominique Besnehard, immense en face d'Eric-Emmanuel Schmitt (chez Albin Michel) ... signant aussi bien la Trahison d'Einstein que les Perroquets de la Place d'Arezzo.
Le Salon du livre peut être cruel pour certains. J'ai remarqué quelques célébrités désoeuvrées devant une table vide. J'ai constaté combien les nombreux visiteurs se précipitent sur… les personnalités les plus médiatiques dans un mouvement de cohue qui lui-même aimante d'autres badauds. Bel attroupement devant Mazarine Pingeot (chez Julliard) qui, hélas pour elle, suscite davantage de remarques sur sa parenté que sur son travail d'écriture.
On voyait de surprenants groupes, affalés dans les allées, prenant leur mal en patience. Dans ces cas là il faut reconnaitre qu'avoir un bon roman à portée de main, ça aide à supporter l'attente. Il m'a semblé qu'avant espérer dire deux mots à Marc Lavoine à propos de "1er Rendez Vous" (Editions de la Martinière) il faudrait bien une bonne heure de patience.
Cécilia Attias m'a paru très studieuse ... appliquée à "bien" dédicacer ... une Envie de vérité, chez Flammarion.
... tandis que des lecteurs avaient décidé de s'offrir une retraite loin du brouhaha, de pique-niquer en toute discrétion derrière les stands, et de lancer des discussions. Me croirez-vous si je vous dis qu'à quelques mètres c'est la cohue dans des allées trop étroites ?
L'équipe de Babelio avait disséminé des extraits des critiques de ses membres sur ce qu'ils appellent les éditeurs partenaires. On m'a parlé de 500 cartons mais je n'y ai pas retrouvé un bout de mes chroniques. Je n'ai pas trop cherché tout de même. Un livre a attiré mon attention, réveillant une forme de culpabilité. J'avais promis de le lire. Il le mérite d'ailleurs et puis d'autres sont venus ...
C'est en cherchant Babelio que j'ai été orientée vers le stand MyBOOX où j'ai participé à un Speed Booking. Nous fûmes une dizaine à nous relayer de table en table pour nous convaincre les uns les autres de lire les livres que nous avions élus. Ce petit jeu littéraire pouvait rapporter de grands romans parus cette année ainsi que des liseuses Kobos Aura aux trois participants qui avaient obtenu les plus de voix.

Nous disposions de 90 secondes chrono pour faire l'article à un autre participant, et cela 9 fois de suite, avec ou non le même livre. Après chaque confrontation, on attribuait une note sur un petit formulaire avant de passer au concurrent suivant, et ainsi de suite, jusqu’à avoir rencontré tous les joueurs. Je n'ai pas remporté le premier prix mais, en me classant dans les trois premiers, je suis repartie avec plusieurs livres ... grâce à mon pouvoir de conviction et donc mon honneur de bloggeuse fut sauf. J'ai surtout eu envie de découvrir certains livres dont on a réussi à me persuader qu'ils me manqueraient.
Irène Cao (chez JC Lattès) était venue d'Italie pour présenter la trilogie italienne qui va bientôt détrôner 50 nuances de Grey et dans laquelle je vais prochainement plonger, en commençant par Sur tes yeux, une occasion de retourner virtuellement à Venise.

Chez Buchet Chastel, JM Erre savourait encore le succès de son passage à la Grande Librairie le soir de l'inauguration. Sophie Van der Linden confiait qu'un nouveau roman était fin prêt, dans un style radicalement différent de la Petite fabrique du monde. On peut faire confiance à son talent. Il s’appellera "L’incertitude de l’aube", paraîtra le 21 août, et je pense pouvoir vous en dire plus sur le sujet à la fin du mois de mai.
Andrès Neuman était venu spécialement pour Parler seul, un des derniers livres à m'avoir bouleversée. Il balaie mes scrupules à cette manie de vouloir se faire photographier à coté de x ou y. Il est manifestement si heureux ce soir que j'accepte.
C'est sans complexe que j'enchaine avec Dominique Dyens (chez Héloïse d'Ormesson), dont j'ai beaucoup apprécié Lundi noir, et dont je suis en train d'achever La femme éclaboussée, à paraître début mai dans la nouvelle collection Suspense au féminin.
C'est Norman Ginzberg qui a fort galamment insisté pour prendre le cliché. Si j'avais déjà lu Arizona Tom nous aurions "posé" tous les trois ... Ce livre apparaitra bientôt sur le blog.
Nadine Monfils (chez Belfond) reprenait la conversation avec un lectorat très fidèle qui navigue comme elle entre Bruxelles et Paris. Très reconnaissable à ses tenues vestimentaires, souvent vêtue de rose, elle orne ses dédicaces de jolis petits dessins et conseille d'aller au festival du film fantastique de Bruxelles. Après avoir envoyé le Commissaire Léon enquêter sur Il neige en hiver et le Silence des canaux elle retrouve le personnage ultra déjanté de Mémé Cornemuse qui cette fois prend des vacances à Hollywood. J'en parlerai bientôt.
J'ai fais connaissance avec Murielle Magellan (chez Julliard). Elle m'avait surprise en s'abonnant à mon fil Twitter @abrideabattue alors que je n'avais encore rien chroniqué à son sujet. Je découvre une femme très sympathique, que je vais très prochainement revoir à propos de son dernier livre, N'oublie pas les oiseaux. Elle m'a raconté avoir expérimenté elle-même cette situation particulière de ne pas ressembler à la photo qui était affichée grand format au-dessus de sa tête. Elle se souvient du regard de la lectrice balayant l'espace, allant de la photo à son visage ... persuadée que la personne qui était en train d'écrire sur son livre ne pouvait être qu'une imposture.
J'ai la tentation de paraphraser le titre du dernier livre de Anna Gavalda (chez le Dilettante) La vie en mieux (3ème place au box-office des ventes cette semaine) en lui décernant la palme de la dédicace "en mieux". Elle est la seule à prendre à ce point soin de son lectorat : deux assiettes de bonbons et surtout un confortable fauteuil, histoire de se sentir dans une certaine intimité. Et tant pis pour tous ceux qui attendent pendant que l'heureux élu tape l'incruste. Je ne vous montre pas la queue ... qui s'allonge sur plusieurs stands.
Antoon Krings (chez Gallimard) prenait le temps de croquer des insectes fidèles à son univers.
Claudie Gallay (Actes Sud) s'apprêtait à se mettre à table, pour dédicacer une Part de ciel (dont je viens de commencer la lecture). Elle m'apprend que son prochain roman, Détails d'Opalka, sortira dans quelques jours. La voici en conversation avec Frédérique Deghelt qui fait partie des 6 derniers finalistes pour le Prix de la Maison de la Presse 2014 (qui sera décerné au Centre national du Livre le 21 mai) avec Les brumes de l'apparence. J'avais beaucoup aimé La Vie d'une autre et j'avoue que je lui souhaite de l'emporter.
Certains auteurs étaient empêchés de dédicace, comme Sandra Mézière (chez Numerklire), que j'ai connue lorsque nous étions toutes les deux jury du Grand Prix des Lectrices de ELLE. Ses publications sont sur téléchargeables à partir d'un serveur. Ce mode de lecture est en pleine expansion mais j'avoue ne pas avoir encore pris le temps de l'explorer malgré mon envie de lire en particulier un de ses romans, Les Orgueilleux.
Le Salon du livre est aussi l'occasion de découvrir des opérations autour du livre, comme le Camion des Mots, ou le programme Nouveaux talents qui accompagne et révèle les écrivains de demain.
J'ai assisté à des séances d'analyse de manuscrits absolument passionnantes au cours d'une session du Labo de l'écriture de la Fondation Bouygues Telecom. Bruno TessarechClaire Silve (éditrice chez Editions JC Lattès) et Claire Debru (aux éditions NiL) ont analysé sans concession les 4 premières pages de premiers romans en cours. C'était passionnant ... et instructif.
Nous avons clos cette soirée par un moment convivial entre bloggeurs (merci Sophie) toujours agréable de retrouver ceux qu'on lit par voie électronique, pour deviser sans intermédiaire.
On voit ensuite le Salon sous un autre angle ... encore animé ici ou là sur les stands où les fêtards s'attardent, sans se préoccuper des chariots de ménage déjà en action. L'ambiance est sans comparaison avec celle du salon de l'agriculture, vivant jour et nuit à plein régime, mais il y avait tout de même une effervescence palpable.

A ceux qui estiment que je suis une "grande" lectrice j'ai envie de répondre que non. La production est immense et j'ai toujours un rayonnage de retard. Ainsi je n'ai ouvert aucun des 30 livres en compétition pour le Prix Orange du Livre 2014. Je repars avec La Petite communiste qui ne souriait jamais de Lola Lafon, chez Actes Sud (gagnée au Speed Booking). Avec La Fin du monde a du retard et N'oublie pas les oiseaux, j'aurai lu pile un dixième. Y aura-t-il le gagnant parmi eux ?

Je crois que je vais céder à la tentation de me connecter sur My Little Book Club pour lire en ligne le premier chapitre des autres même si c'est un peu bizarre que ces trois jours sur le Salon me renvoie finalement sur la toile.
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