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dimanche 28 avril 2013

Le Palmarès du théâtre ... il y a urgence à faire mieux

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On a été privé de Molières l'an dernier pour cause de mésentente entre directeurs de théâtre public et directeurs de théâtre privé. Comme si le théâtre avait les moyens de se diviser... mais passons et saluons l'initiative du Palmarès.

C'aurait pu être une belle soirée. Ce fut une sorte d'ersatz de la cérémonie traditionnelle. Et quand je dis ersatz c'est déjà trop gentil. A tout prendre il aurait mieux valu ne rien faire plutôt que rebuter le peu de téléspectateurs favorables à cet art. Moi la première.

Le Palmarès avait lieu en deux temps. D'abord l'annonce des lauréats à 18 h 50, et ensuite, une fois le Journal télévisé achevé, une soirée entièrement consacrée au théâtre. L'horaire de l'annonce n'était pas favorable, ce qui fut un avantage ... en restreignant l'audience on a en quelque sorte limité les dégâts.

La remise des prix était en direct, allez savoir pourquoi ... La honte n'en fut que plus flagrante. Pas question de gommer au montage les euh affolés du lauréat pressé de résumer ses émotions en 1 minute chrono. Et si je vous dis une minute ce n'est pas une métaphore. Une sonnerie tapageuse annonçait le passage des 45 secondes avant de retentir comme un couperet 15 secondes plus tard.

Quelle misère ! Prenez la servante et cassez-vous ! Au suivant !

Il n'y eut aucun extrait alors que la bande-annonce est pratiquée dans l'univers du théâtre. le réalisateur n'a même pas concédé l'insertion en arrière-fond l'affiche du spectacle primé, ou le défilement du titre de la pièce sur une bande en sous-titre. Le communiqué de l'AFP ne fait guère mieux puisque les théâtres ne sont même pas cités. Je serais leur directrice ... je m'étranglerais de cette tartufferie. Jugez plutôt :

Prix de la comédienne: Audrey Bonnet ("La Clôture de l'amour" de Pascal Rambert)
Prix du comédien: Grégory Gadebois ("Des fleurs pour Algernon")
Prix de l'auteur: Pascal Rambert ("La Clôture de l'amour")
Prix de la comédie: François Morel ("Carte blanche à François Morel")
Prix du second rôle féminin: Marie-Julie Baup ("Le Songe d'une nuit d'été")
Prix du second rôle masculin: François Loriquet ("Les Revenants")
Prix d'honneur du jury: Francine Bergé ("Le Prix des boîtes")
Prix d'honneur du jury: Robert Hirsch ("Le Père")
Prix "seul en scène": Didier Brice ("Le Journal d'un Poilu")
Prix de la révélation féminine: Sarah Capony ("Femme de chambre")
Prix de la révélation masculine: Félicien Juttner ("Hernani")
Prix "coup de coeur" théâtre public: Romane et Richard Bohringer ("J'avais un beau ballon rouge")
Prix "coup de coeur" théâtre privé: "L'étudiante et Monsieur Henri" (de Ivan Calberac, mise en scène José Paul)
Prix du spectacle privé: "Des fleurs pour Algernon" (Daniel Keyes, mise en scène Anne Kessler)
Prix du spectacle public: "La réunification des deux Corées" (De et mise en scène Joël Pommerat)

Il y a des stages d'initiation à la communication qui se perdent ... Les spectacles se jouent-ils encore ? A vous de chercher ! Faire de l'anti-pub à ce point relève de l'art.

Je ne pointerai qu'un seul, un des coups de coeur, celui qui concerne J'avais un beau ballon rouge, mis en scène par Michel Didym, venu chercher son prix (ils n'avaient pas tous fait cet effort) et qui a fort bien parlé dans le temps imparti. Le directeur de la Manufacture de Nancy voit récompensé le fruit d'un long travail avec Romane et Richard Borhinger qu'il connait de longue date. La pièce est actuellement à l'affiche du Théâtre du Rond-Point ... et jusqu'au 5 mai.

Un mot sur le trophée que l'on disait être une servante. Qui a eu cette idée passablement stupide ? Il faut avoir un certain niveau de culture pour savoir qu'il ne s'agit pas d'un clin d'oeil au personnage récurrent des pièces de Molière mais d'un accessoire. C'est une lampe posée sur un haut pied qui reste allumée quand le théâtre est plongé dans le noir, déserté entre deux représentations ou répétitions. Régulière, permanente, c’est elle qui veille lorsqu’il n’y a plus personne ce qui lui vaut parfois d'être appelée sentinelle.

Nul besoin d'avoir fait un doctorat de psychanalyse pour comprendre le lapsus. Il est inutile de rappeler ainsi combien les théâtres sont désertés. Quant à la sculpture elle même, on la doit à un jeune plasticien, Hubert le Gall, connu pour avoir décoré des restaurants branchés et la salle à manger du maire de Paris.

Je dois subir l'influence de la lecture des 50 Nuances de E.L. James, ou avoir été à mon insu conditionnée par le nom de "servante" ... j'y ai vu davantage un accessoire sado-maso qu'un objet de théâtre.

Il y eut Molière, n'aurait-on pas pu équilibrer avec une Sarah Bernhardt ? la comédienne aurait pu succéder à l'auteur ... parité oblige.

Je ne critique pas le choix du jury du Palmarès, encore que le nombre de votants ne soit pas représentatif. Ils ont couronné des personnes de valeur. Mais ce Prix en a-t-il ... de la valeur ? L'obtention d'une servante aura-t-elle autant d'impact que la remise d'un Molière ? Je le souhaite mais j'en doute. Le repas des fauves dont j'ai rencontré l'équipe en avril 2011 à la dernière Cérémonie officielle des Molières aurait-elle pu attirer autant de spectateurs, d'abord au théâtre Michel puis en ce moment même au Théâtre du Palais-Royal ? Sans parler de l'adaptation prévue pour le cinéma en 2014.
Le Molière jeune Public a été capital pour Vy, de Michèle Nguyen (photographiée au début de ce billet), comme il l'avait été pour Oh Boy l'année précédente.

Passons à la seconde partie avec les mêmes (la présentatrice a eu le temps de changer de coiffure ... à moins que cela n'ait pas été tourné le même jour ... il n'y a pas que Michel Drucker à nous faire le coup. Tout le monde -ou presque- sait que Vivement dimanche est enregistré le jeudi).

Pourquoi le théâtre à la télévision donne-t-il irrépressiblement envie de bailler ? Enfin ... ce théâtre là, qui devient mortel et qui finira par disparaitre si on oublie que sa particularité est précisément d'être du "spectacle vivant".

Il faut faire pour le théâtre l'équivalent de ce qui a été imaginé dans le domaine de la cuisine. On ne peut pas tendre la fourchette pour goûter à travers l'écran et pourtant cette frustration n'éloigne pas du poste de télévision les millions d'aficionados. C'est que les réalisateurs rivalisent d'imagination pour expliquer comment on choisit les ingrédients, dévoiler les dessous des grandes recettes, mettre en compétition des jeunes talents, imposer des contraintes qui rendent créatif, décortiquer les techniques ...

Transposé dans le domaine du théâtre on pourrait montrer comment on effectue un casting, faire un portrait d'un grand comédien, retracer une carrière, raconter des anecdotes, faire visiter des coulisses, mettre en avant des métiers tel que costumier, décorateur, sensibiliser le public aux aspects de la production, organiser des "battles" à l'instar de ce que faisait la ligue d'improvisation canadienne il y a (je n'ose l'écrire) plus de vingt ans ...

Ajoutez des extraits, des interviews bien rythmées, un jeu concours pour gagner des places ... bref tous les ingrédients qui donneraient envie de se lever, d'appuyer sur le bouton et d'y courir ... au théâtre.

Si les organisateurs manquent d'idées, qu'ils sollicitent les bloggeurs et le public, le vrai, celui qui est encore capable de s'enthousiasmer et faire vivre les salles par un bouche à oreille dynamique.

Pour ma part, le premier de chaque mois je récapitule les spectacles qui sont à l'affiche et dont j'ai déjà parlé sur A bride abattue, en veillant à ne pas m'enfermer dans un genre. En mai il y aura des places à gagner pour une comédie. Histoire de rire et de ne surtout pas se démoraliser !

lundi 14 mai 2012

Dom Juan de Molière mis en scène par René Loyon

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Il était nominé l'an dernier dans la catégorie "Molière des compagnie". Je n'avais pas pu voir ce Dom Juan au théâtre mais j'avais visionné un enregistrement vidéo parce que je me faisais un point d'honneur à connaitre le maximum possible des pièces avant de voter.

Si on avait d'ailleurs attribué en 2011 le Molière du spectateur j'aurais pu concourir avec une certaine probabilité de médaille.

Les temps changent. Il n'y a même plus de cérémonie. La compétition n'a pas eu lieu, ni en avril, ni en mai, malgré les appels des uns et des autres à l'égard des directeurs de théâtre (privé) qui ont démissionné de l'académie. Une pétition a circulé, que j'ai signée bien sur ... Il y avait sans doute des aménagements à faire mais l'absence de palmarès pénalisera la profession qui n'a pas besoin de ce coup dur là.

Bref, j'aime le théâtre et je partage cette passion avec vous. J'essaie d'avoir des choix assez larges. Je me dis parfois que les metteurs en scène manquent d'imagination en se tournant si régulièrement vers ceux qu'on appelle les classiques. Mais comment leur donner tort après avoir vu ce Dom Juan là !

On croit connaitre la pièce, souvent montée en opéra, parfois à la limite du ridicule, quand le décorateur décroche la mâchoire de la statue du commandeur, pensant l'animer avec le réalisme qui convient.

Je me suis aperçue, en suivant ce soir les dialogues, que mon niveau de connaissance se limitait au thème, à ce que je prenais pour un penchant extrême pour la séduction. En fin psychologue Molière va plus loin et mêle étroitement la comédie avec la tragédie. Son talent à faire rire n'est pas un scoop. Et pourtant je n'imaginais pas que cela puisse être si drôle.

Par le texte, avec des dialogues en vieux français très argotique et très amusant, surtout avec des comédiens qui le disent "avec l'accent" de nos campagnes. Par le jeu des comédiens, dont quelques-uns interprètent plusieurs rôles (huit pour Jacques Brucher). Par la mise en scène qui vient doper les effets comiques par exemple lorsque Don Juan, vautré sur le sofa qui occupe le centre du décor imaginé par Nicolas Sire se saisit d'un polochon comme d'un sexe gigantesque.
On riait beaucoup. Mais sans oublier d'une part quelques échos qui peuvent se faire avec l'actualité politique des derniers mois quand la sexualité devient une addiction. Ni d'autre part que Don Juan est ainsi parce qu'il n'a ni foi, ni loi. Certes, les allusions sont discrètes. A Sganarelle lui demandant en qui il croit, il répond qu'il croit que 2 et 2 font 4.

L'homme ne peut aimer durablement et ne connait sans doute aucun répit : je ne peux refuser mon coeur à un beau visage qui me le demande. Tout le plaisir de l'amour est dans le changement. (...)  Il n'est rien qui puisse arrêter l'impétuosité de mes désirs : je me sens un cœur à aimer toute la terre.

Don Juan est en fuite perpétuelle, incapable de se poser. Même quand sa route croise la pure Elvire. Trop faible pour contenir ses passions elle prie que le Ciel te punisse de l'outrage que tu me fais. Plus tard, et malgré les larmes, elle suppliera : coeur de pierre, il est tard, demeurez !

Dom Juan n'existerait pas s'il n'y avait pas Elvire et son pardon. On pense cette fois aux enfants rois, aux adolescents sans limites, aux adultes qu'Internet ne frustre de rien ... apparemment.

L'universalité de Molière fait mouche une fois de plus. René Loyon ne s'y est pas trompé, pour qui l’orgueilleux Dom Juan, et son inquiétant désir de toute-puissance, est certes objet de réprobation, mais, dans le même temps, la quête de vérité qu’on devine être la sienne fascine et émeut. Aujourd’hui encore il nous apparaît, à l’instar d’Hamlet, dans ses contradictions-mêmes et ses ambivalences, comme un prototype du personnage moderne et de son questionnement existentiel.

Dom Juan, de Molière, mise en scène : René Loyon
avec Claire Barrabes, Clément Bresson ou Maxime Kerzanet (dans le rôle-titre), Jacques Brucher , Yedwart Ingey, Adrien Popineau et Claire Puygrenier.
Décor : Nicolas Sire
Production Compagnie RL en Coréalisation avec le Théâtre de l’Atalante
photographie des comédiens © Nathalie Hervieux

vendredi 30 décembre 2011

Hollywood au Théâtre Antoine

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La salle du Théâtre Antoine est magnifique. Un bijou de théâtre et c'est un bonheur que de s'y rendre. Cette fois pour Hollywood.

Nous voici immergés dans la même époque que celle qui sert de toile de fond au spectacle musical qu’on peut voir dans le même théâtre à 19 heures, Une étoile et moi. Rien ne s’oppose donc à ce qu’on enchaine, d’autant qu’Hollywood est une pure comédie.

Néanmoins, autant le premier est très fidèle à la réalité même si Isabelle George ne revendique pas une biographie exhaustive de Judy Garland, autant le second est une vraie fantaisie. Cela commence comme une comédie musicale policière.

Après plusieurs années de préparation voilà que la production d’Autant en emporte le vent est bloquée sous prétexte que le scénario ne tient pas la route. On ne conservera de la première version que la première ligne du célèbre ouvrage de Margaret Mitchell, clair de lune et magnolia qui est d’ailleurs le sous-titre de la pièce.
Le producteur David O. Selznick n’est pas satisfait. Il a congédie son réalisateur et néanmoins ami George Cukor. Le tournage est stoppé, et tant pis si chaque jour cette attente coûtera des fortunes au producteur. Celui-ci convoque un nouveau scénariste, Ben Hecht et un nouveau réalisateur, Victor Fleming. Enfermés tous les trois dans le bureau de Selznick, ils s’emploient à réécrire le scénario en quelques jours.

Le livre est énorme et le scénariste appelé à la rescousse avoue ne connaître l’histoire « que de vue », autant dire pas du tout. Selznick et Fleming vont la lui raconter en mimant les scènes au cours de huit jours et autant de nuits de folie avant qu’Autant en emporte le vent devienne le film mythique d'Hollywood que les protagonistes prédisaient pourtant comme très bon navet ou très mauvais chef d'œuvre. Bref, un Guerre et paix américain en quelque sorte. Qui aurait prédit en effet que ce bled perdu (Hollywood) deviendrait le centre du monde ?

Les dialogues imaginés par Ron Hutchinson, et adaptés par Martine Dolléans ont un effet comique dévastateur. Et les comédiens s’amusent à en rajouter. Quand le scénariste dit " c’est bizarre de ne pas comprendre ", le producteur (Daniel Russo) avance en guise d’explication tout en étouffant lui-même un rire " Oh c’est Noël ", faisant redoubler de rire le public, lequel communique son hilarité sur la scène où l’on s’amuse tout autant.

Le réalisateur est prêt quant à lui à faire le film tel que le producteur le voit. Les répliques sont bien choisies, avec une dose d’ironie assez forte. Scarlett est une pimbêche, adultère, manipulatrice, esclavagiste, dont le rire se moque de tout, et dont le comportement est passible de violence sur mineure (puisqu'elle donne une gifle à sa fille). La terre de Tara est rouge, comme il se doit. A les croire l’intrigue ferait passer Proust pour un auteur de roman policier. Et Hitler lui-même serait incapable de supporter le stress d'un studio.

Les rebondissements s'enchainent jusqu'à la fin, somme toute banale, ce qui fait croire au scénariste qu'il a du sauter des scènes. A moins que ce ne soit la fin du premier volume, sous-entendant qu'il y aura une suite.

Plus pragmatique le producteur temporise : quand on achète les droits d'un livre on acquiert autant les trouvailles que les erreurs de l'auteur. Et le réalisateur de suggérer de prévoir une scène finale de rechange au cas où l'avant-première tournerait mal.

Toujours est-il que la (vraie) fin du film nous est projetée, surprenante en effet par l'absence de dialogues mais reconnaissable entre mille par la musique.

La pièce s'achève sur la conclusion mythique de Margaret Mitchell : demain est un autre jour. Le plateau est ravagé, les acteurs décoiffés et le public déchainé d'enthousiasme.

Vous avez jusqu'au 15 janvier pour en rire.

Hollywood, moonlight and magnolias, de Ron Hutchinson,
adaptation de Martine Dolléans, mise en scène de Daniel Colas
Avec Daniel Russo, Thierry Frémont, Samuel Le Bihan et Françoise Pinkwasser
Théâtre Antoine : 14 boulevard de Strasbourg 75010 Paris (M° Strasbourg Saint-Denis - Château d’eau)
Informations : réservations : 01 42 08 77 71 - theatre.antoine@wanadoo.fr
Du mardi au vendredi à 21h, samedi 16h et 21h, dimanche 15h30

jeudi 13 octobre 2011

Le Dindon jusqu’au 23 octobre à la Cartoucherie de Vincennes avant son envol pour une phénoménale tournée

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Hier le Dodo, aujourd’hui le Dindon, vous allez dire que je donne dans le volatile. Hasard du calendrier, voilà tout.

La pièce mise en scène de Philippe Adrien a été un des grands succès de la saison passée avec pour preuve quatre nominations aux Molières. Je n’avais pas pu la voir « en chair et en os » mais j’avais visionné un enregistrement qui m’avait convaincue du potentiel à remporter plusieurs trophées.

L’académie des Molières fut sévère en récompensant ce travail d’une seule statuette en la personne de Guillaume Marquet, Molière du jeune talent masculin. Le Molière du Théâtre public a été attribué à un autre Feydeau, le Fil à la patte, donné à la Comédie française. N’empêche que Philippe Adrien et toute son équipe ont fait un travail exceptionnel et ce n’est que justice d’afficher complet tous les soirs.



Qu’on me pardonne, je ne cite pas tous les noms mais j’ai choisi de faire figurer toutes les dates de la tournée pour être pragmatique. Profitez des vacances de Toussaint pour y aller : il reste quelques places à cette période. Vous passerez une soirée formidable.On en sort complètement dopé, absolument réjoui que le théâtre puisse encore nous surprendre de cette manière là avec un sujet que l’on connait par cœur. Deux jolis cœurs n’ont de cesse de multiplier les conquêtes. Deux femmes fidèles décident de ne pas se laisser berner par le machisme masculin. Faites les se rencontrer dans un décor à donner le tournis (sur une idée géniale de Jean Haas), multipliez les quiproquos, habillez les de costumes extravagants (les photos en donnent un léger aperçu) … et demandez leur d’aller au bout du bout de leurs personnages.
C’est un plaisir colossal qui ne se représentera peut-être pas de sitôt. A ne pas bouder en ces temps de morosité pour vivre deux heures quinze de jubilation non stop. Je vous prédis qu’en ressortant vous ne regarderez plus jamais le rituel du haka avec le même œil et, désormais les All blacks feront office d’enfants de cœur dans leur pratique.

Le Dindon de Georges Feydeau, jusqu’au 23 octobre, du mardi au samedi à 20h, le dimanche à 16h
Renseignements et réservations par tél : 01 43 28 36 36, du mardi au samedi 11h30-13h et 14h-18h ou par mail : billetterie@la-tempete.fr
Théâtre de la Tempête, Cartoucherie, Route du Champ-de-Manœuvre, 75012 Paris
collectivités : 01 43 74 73 83
En magasin : Fnac, Kiosque, Crous, Virgin, Cultura...
Sur Internet : www.fnac.com, www.theatreonline.com, www.ticketnet.fr

TOURNÉE 2012, en banlieue parisienne, en régions et à l'étranger

• Théâtre de Cachan (94) les 4 - 5 janvier 2012
• La Mals - Sochaux (25) le 10 janvier 2012
• Théâtre La Passerelle - Gap (05) les 13 - 14 janvier 2012
• Théâtre de l'Archipel - Perpignan (66) les 17 - 18 janvier 2012
• Sortie Ouest - Beziers (34) le 20 janvier 2012
• Théâtre de Rousset (13) le 26 janvier 2012
• Théâtre des Bergeries - Noisy-le-Sec (93) le 29 janvier 2012
• Théâtre Firmin Gémier / La Piscine - Châtenay-Malabry (92) les 31 janvier - 1er février 2012
• Les Passerelles - Pontault-Combault (77) les 3 - 4 février 2012
• Equinoxe - Châteauroux (36) les 6 - 7 février 2012
• Théâtre d'Angoulême (16) les 10 - 12 février 2012
• Théâtre national de Bordeaux Aquitaine / TnBA (33) les 14 - 17 février 2012
• Les Treize Arches - Brive-la-Gaillarde (33) le 21 février 2012, • Le Mail - Soissons (02) le 24 février 2012
• L'Espal - Le Mans (72) les 27 - 29 février 2012, • Théâtre de Privas (07) le 3 mars 2012, • Théâtre André Malraux - Rueil-Malmaison (92) le 6 mars 2012
• Théâtre d'Argenteuil (95) les 8 - 9 mars 2012, • Théâtre Claude Debussy - Maisons-Alfort (94) le 11 mars 2012
• Théâtre Alexandre Dumas - Saint-Germain-en-Laye (78) le 13 mars 2012, • Théâtre de Corbeil-Essonnes (91) les 16 - 17 mars 2012
• Théâtre du Beauvaisis - Beauvais (60) le 19 mars 2012, • Maison de la Culture - Amiens (80) les 22 - 23 mars 2012
• Espace Jean Legendre - Compiègne (60) les 27 - 28 mars 2012, • Théâtre de Saint-Quentin (02) le 30 mars 2012
• Théâtre municipal de Coutances (50) le 3 avril 2012, • Théâtre du Préau - Vire (14) le 5 avril 2012
• Espace Marcel Carné - Saint-Michel-sur-Orge (91) le 10 avril 2012, • Théâtre La Coupole - Saint-Louis (68) le 13 - 14 avril 2012
• Le Manège / La Luna - Maubeuge (59) les 17 - 18 avril 2012, • Théâtre municipal de Roanne (42) le 21 avril 2012
• Théâtre des Treize Vents - Montpellier (34) les 24 - 28 avril 2012, • Théâtre de Narbonne (11) les 3 - 4 mai 2012
• Espace Nuithonie / L'Equilibre - Fribourg (Suisse) le 7 mai 2012, • Théâtre de l'Onde - Velizy-Villacoublay (78) les 10 - 11 mai 2012
• Espace culturel Boris Vian - Les Ulis (91) le 13 mai 2012, • Centre d'Art et de Culture - Meudon (92) le 15 mai 2012
• Espace des arts - Châlon-sur-Saône (71) les 21 - 22 mai 2012, • Théâtre Gérard Philipe - Saint-Cyr-L'Ecole (78) le 25 mai 2012
• Centre dramatique régional de Tours (37) les 29 mai - 2 juin 2012, • Théâtre national La Criée - Marseille (13) les 5 - 9 juin 2012

mercredi 25 mai 2011

Michèle Nguyen présente Vy dans plusieurs festivals

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Michèle Nguyen a remporté le Molière du jeune public qu'avec beaucoup d'humilité elle se refuse à mettre en avant.

Personnellement c'est le terme de "jeune public" que je voudrais gommer parce que son spectacle a une portée universelle.

Elle est programmée dans de nombreux festivals, comme celui des Arts du récit de Grenoble ou Ô4vents de Paris. C'est d'ailleurs là, dans la salle du Centre Wallonie-Bruxelles que j'ai couru pour la voir car, après l'avoir rencontrée dans les coulisses de la cérémonie des Molières j'avais hâte de découvrir son travail.

Vy est le prolongement d'un voyage que la conteuse a commencé avec A quelques pas d'elle, mis en scène Alberto Garcia Sanchez en 2005 et qui s'est poursuivi avec Ma sœur ma juge, une adaptation d’un récit de vie d’une juge des enfants. Ce texte bouleversant l'avait renvoyée à sa propre enfance.

Celle d'une fillette qui rêvait de devenir danseuse et qui a fait le grand écart entre trois cultures, celle de son père, vietnamien, de sa mère belge et de la terre où elle est née, l'Algérie.

Le Vietnam lui a apporté la danse, particulièrement la passion du mouvement, fut-il infime, mais aussi le racisme. Elle revit avec surprise le regard que les autres posaient sur elle qui ne se voyait pas comme asiatique, sidérée d'être traitée de "chintok" et ne comprenant pas quel péril (jaune) elle était censée représenter.

Michèle Nguyen bouge peu et n’improvise pas. Tous ses textes sont écrits. Elle rêvait de travailler un jour avec une marionnette. Il lui a fallu composer avec ses capacités de manipulation. De quatre bâtons il n’en reste aujourd’hui qu’un seul.
Arriver à penser, dire, manipuler en même temps a nécessité de nombreuses répétitions. Jusqu'à ce que le geste vienne du propre corps de la conteuse pour prolonger naturellement l’émotion, remplacer un mot ou apporter un contre-point.

La marionnette arrive sur scène dans un sac. Puis elle devient vite une partenaire de jeu. Et on se surprend à la voir vivre. Elle permet de trouver les mots pour dire aux enfants (mais aussi aux adultes) que oui on peut continuer à vivre malgré tout ce qu'on a vécu d'horrible et d'indicible. C'est en s'appuyant sur sa propre enfance que Michèle Nguyen s'adresse (aussi) aux enfants en perte de tout, sans pour autant se lancer dans une thérapie car pour elle la scène n'en est pas le lieu.

Ouvrir la porte de son enfance conduit aux autres.

De l'Algérie où elle a vécu cinq ans, elle se souvient encore de l'odeur de sa nounou, des mots doux, de l'accent.

Elle doit à la Belgique une croyance immodérée dans des superstitions qui ouvrent la porte des rêves. Le spectacle relate par exemple le Combat de Saint Georges avec le dragon, a lieu chaque année sur la Grand'place de Mons, le dimanche de la Trinité. C'est un temps où tout le monde fait la fête. Elle ne peut pas regarder une étoile filante sans faire un voeu. J'ignore si une nuit elle a souhaité devenir une princesse mais je pense que le vœu de Vy d'être artiste est exhaussé pour toujours.

Elle aime la langue française qu'elle dit être son pays et dont elle joue comme d'une partition, avec dans la voix des intonations et des couleurs qui transportent d'un continent à l'autre sur un territoire commun qui est celui d'une poétique musicale. On en sort grandi et léger, magnifiquement.

Crédit photo pour le cliché du spectacle : ANIK RUBINFAJER
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