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mercredi 22 janvier 2014

Italie, dans le miroir de la photographie au XIX° siècle, de Giovanni Fanelli et Barbara Mazza

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Les Éditions Nicolas Chaudun viennent de publier, dans cette catégorie qu'on désigne sous le terme de "beaux livres", un ouvrage consacré à la photographie en Italie au XIX° siècle.

Il faut rappeler qu'aux XVIII° et XIX° siècles, artistes, écrivains, amateurs d’art réalisaient leur Grand Tour, sorte de parcours initiatique européen pour parfaire leurs humanités. Cette odyssée culturelle et artistique passait plus particulièrement par l’Italie. Un certain nombre de villes italiennes et de sites antiques devenaient des passages obligés pour qui voulait « homologuer » son voyage.

Professeur d’histoire de l’architecture à l’Université de Florence, Giovanni Fanelli est l’auteur de nombreux ouvrages sur l’histoire urbaine, l’histoire de l’architecture, de l’art graphique et de la photographie. Avec Barbara Mazza, il nous propose de suivre un itinéraire à travers des vues d’époque prises par des photographes réputés – Leopoldo Alinari, Alphonse Bernoud, Robert Macpherson, Robert Rive, Giorgio Sommer – ou encore à identifier, et des citations d’auteurs ayant eux-mêmes fait leur Grand Tour (Alexandre Dumas, Théophile Gautier, Henry James, Guy de Maupassant, Emile Zola...).

J'apprécie peu, d'habitude, les personnages figés dans des paysages. Cette mise en scène m'évoque les papillons épinglés pour l'éternité et je les vois comme des éléments polluants des espaces dont je préfère conserver la trace intacte.

Mais ici, peut-être en raison de l'ancienneté des clichés, les individus apparaissent comme statufiés, incrustés, telles des ornementations architecturales.

L'humain devient, à mon sens, l'intérêt majeur du livre car si on cherche à connaitre les paysages on ouvrira plutôt un guide touristique.

Les 150 photographies obéissent néanmoins à une classification géographique selon 9 sections – Turin, Gênes, Milan et les lacs, Venise et la Vénétie, Bologne, Florence et la Toscane, Rome, Naples et la Campanie, la Sicile– chacune ouvrant sur une citation d’auteurs de l’époque : Théophile Gautier, les frères Goncourt, Henry James, Guy de Maupassant, Stendhal, Hippolyte Taine, Emile Zola.

Le livre nous renvoie vers la photographie des origines et rend compte du travail d'une communauté internationale de photographes. Ils nous parlent d'une Italie de jadis, qui sans doute n'existe plus, mais leurs clichés reflètent l'âme de ce pays qui, elle demeure toujours sensible.

Nous feuilletons une sorte de leçon de sensibilité et d'éducation du regard, avec une mise en page de l'éditeur plutôt innovante.

On y voit les hommes au pied du mur (p. 2), jouer aux cartes dans la rue (p. 344) et les enfants travailler  le verre (p. 106).
La couleur sépia domine sur la plupart des photographies. Mais quelques-unes ont été coloriées à la main comme cette Charrette sicilienne de Giorgio Sommer, datant des années 1870.

Ce que j'ai le plus apprécié, ce sont celles qui nous renseignent sur la condition de la femme en Italie au XIX° siècle. Le marchand ambulant d'étoffes suscitait le désir (p. 339). On remarque les vêtements d'époque, ceux qu'elles portaient quotidiennement, simple robe noire protégée d'un tablier (à Milan, p. 79) ou blanche à Taormine (p. 347).

Blanche et brodée celle de Jeanne Bosc au bord du canal, choisie pour la couverture du livre (également p. 110). On ne voit pas tout de suite qu'elle est en train de sauter. On avait déjà remarquée l'inconnue de la page 61 dans une tenue identique.

L'ouvrage nous montre aussi les costumes populaires, avec des coiffes enrichies de bijoux, toujours dans la région de Milan (p. 75), de Naples aussi (p. 273) ou de Capri (p. 289) ...

Les corps des paysannes ploient sous les charges de bois qu'elles transportent sur leur dos (p. 305). Le dernier cliché, d'une jeune femme sicilienne (p.348) annonce un autre siècle.

Les femmes ne sont pas systématiquement des objets. Elles sont parfois photographes comme ici à Rome :
Fondées au printemps 2004, les Éditions Nicolas Chaudun couvrent tous les domaines de l’histoire de l’art, avec toutefois une prédilection pour l’architecture et la photographie.

En marge des livres d’art et des catalogues d’exposition, la maison a développé deux collections de récits de voyages, et n’hésite pas à publier quelques romans et récits d’aventure.

Son catalogue s'enrichit d’une vingtaine de titres chaque année. Au-delà de la rigueur qu’elle revendique dans le choix des sujets et des auteurs, elle se distingue par le soin constant qu’elle apporte à la fabrication et à la finition de ses ouvrages. "Le beau utile", c’est à peu près à quoi se résume la profession de foi de l’éditeur.

Italie, dans le miroir de la photographie au XIX° siècle, de Giovanni Fanelli et Barbara Mazza, éditions Nicolas Chaudun

jeudi 7 novembre 2013

Le Festival international de la photographie culinaire sur le thème du luxe et de la fête en 2013

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Jean-Pierre Stephan a préparé un programme riche en expositions, animations, ateliers, rencontres et débats que je vous invite à consulter sur le site du Festival.

Le thème du millésime 2013 est le luxe et la fête, deux valeurs que le parrain de cette édition, Frédéric Anton s'attache à offrir au Pré Catelan. Il a souligné dans son bref discours qu'il les fait rimer avec simplicité et convivialité. Les partenaires de l'opération en ont fait une démonstration parfaite au cours d'une soirée orchestrée par Sopexa qui célèbre le X° anniversaire de l'apéritif "à la française".

Je reviendrai sur la manifestation en rendant compte de la compétition officielle installée au Carrousel du Louvre, 99 rue de Rivoli jusqu'au 26 novembre. Allez-y et votez pour le photographe que vous aurez préféré avant le 25 novembre minuit. 

Pour le moment je voudrais partager mes découvertes gustatives de la soirée. J'espère que mes photos qui sont très très loin du niveau attendu en compétition ne feront pas déshonneur à la qualité des produits.

On commence par un cocktail, parce que pour moi l'apéritif idéal c'est soit un verre de vin (bon, évidemment, et pas nécessairement un grand cru) avec de la charcuterie et des fromages, mais vous découvrirez bientôt que mon avis s'est trouvé modifié au cours de la soirée, soit une boisson plus sophistiquée qui est une occasion de redécouvrir un classique oublié. A consommer avec modération, évidemment !

Donc voici un Yellow Tonic, réalisé la Suze, créée en 1889, toujours délicieusement rétro, et qui fait un retour en force sur le marché des apéritifs. Le verre est préparé à l'instant par un barman que l'on prend toujours plaisir à voir officier. Il commence par disposer une branche de romarin en arc de cercle dans le verre à coté d'un huitième de citron vert. Il "travaille" l'agrume, entendez par là qu'il l'écrase, en frottant légèrement le romarin. Il ne faudrait surtout pas le piler comme on le fait pour la menthe d'un mojito car la boisson aurait un goût trop amer.
Il ajoute 1 trait de sirop de pêche,  1/3 de Suze, 2/3 de Tonic et beaucoup de glace pilé. Là est le secret pour rafraichir brutalement la boisson sans la noyer.
L'amertume caractéristique de la gentiane peut aussi être adoucie par une déclinaison aux fruits rouges, c'est ce que Julien Escot, chef barman à la renommée internationale, a décliné dans un petit opuscule inventif publié par La Martinière en juin 2013 avec 5 recettes salées et sucrées concoctées par Tiphaine Campet. Un livre à offrir avec la bouteille pour maintenir jeune cet apéritif.
Je ne sais pas si vous êtes comme moi mais je ne peux pas boire sans manger ... et même si ... je ne le voudrais pas.

Je suis tombée en amour pour les petites boites de Picotti Picotta, Cerise sur l'apéro qui n'ont que des qualités et qui ont été imaginées par un trio inventif ayant oeuvré dans le textile et l'agro-alimentaire.

L'entreprise a été créé il y a un an et est implantée en région lilloise. Les produits sont français, simples mais bons. On prévient sur le coté de la boite le consommateur de la région ou de la ville où ils ont été "mitonnés", selon leur expression.

J'adore leur emballage façon grosse boite d'allumettes avec des illustrations évoquant les années folles dans un esprit vintage très mode qui s'accordera aussi avec une bouteille plutôt moderne, celle du Pétillant de raisin des Petites Récoltes Bullent de Nicolas.

L'injonction Interdit d'interdire est amusante.

L'usage est réellement bien pensé. On tire, ce qui arrache l'étiquette vert fluo mentionnant la DLUO (comme cela on vérifie au passage que le produit n'est pas périmé, même si je n'approuve pas le diktat de ces limites souvent stupides). On prend le sachet. On l'ouvre et on exécute l'ordre de déshabiller, c'est-à-dire de verser ... On commence à grignoter. Et s'il en reste, ce qui est peu probable tant c'est bon, on n'a plus qu'à refermer et emporter avec soi pour terminer ultérieurement.
Car au départ le produit était destiné exclusivement aux brasseries et aux bistrots. L’idée était de mettre à disposition des clients quelque chose de meilleur que la cacahuète habituelle et trop banale, et de plus économique que l'assiette de tapas. Fort heureusement, le succès du produit a attiré également les épiceries fines, à un point qu’aujourd’hui les ventes se font autant dans ces dernières que dans les brasseries.
Les Picotta  sont les salés : Amandes toastées, Mix pimenté, Dentelles au fromage, Cochonnets aux noix et Grains de folie. Les  Picotti sont les sucrés : Florentines, Croquants aux amandes, Palets au chocolat, Coques de macarons, et Tuiles aux noix pour accompagner café ou thé.
Facile de se repérer puisque c'est écrit sur le coté si on préconise une dégustation Apéro gourmand ou Café gourmand. Ainsi les croquants aux amandes sont recommandés pour l'apéritif.

J'écrivais plus haut que les tapas pouvaient être onéreux ... dans les bars. Ceux qui aiment sont souvent freinés par le prix. La solution c'est de les proposer chez soi. Mais comme c'est long à préparer on peut piocher dans la gamme Ederki qui compte plus de 25 recettes. J'ai l'impression d'écrire un argumentaire publicitaire. C'est juste que je les ai tellement appréciés que je ne peux pas tarir d'éloges.
Tout est bon chez eux. Leur sauce basquaise à base d’oignon, d’huile, de tomates et de poivron légèrement piquante est incroyable. Elle sublime les chipirons entiers dont je pourrais me régaler à longueur de journée. Les moules et les calamars, moins typiques, sont excellents aussi.

Coté olives, on a l'embarras du choix avec des combinaisons originales et inattendues comme les manzanillas oblongues qui sont fourrées saumon-aneth-citron et l’olive. 

Ederki est une société qui a été créée en 1942 à Mouguerre (64) au cœur du Pays Basque et qui ne fait que de la haute qualité.
Les invités qui ne souhaitaient pas consommer d'alcool pouvaient découvrir de nouvelles saveurs avec la limonade Elixia. J'ai déjà parlé de ce produit sur le blog, en l'utilisant pour un cocktail en lieu et place d'un tonic, ou encore pour un "vin" de framboises non alcoolisé. Ce soir j'ai gouté une limonade à la fleur d'oranger et une autre au chocolat (proche du cacao) qui aurait eu sa place au Salon du Chocolat.

Billet sur le Palmarès du Festival ici.
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