Affichage des articles dont le libellé est Plessis Robinson. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Plessis Robinson. Afficher tous les articles

mardi 24 avril 2012

Pain d'épices Mulot&Petitjean en accompagnement de poires au poivre de cassis

with 2 comments

Les lecteurs du blog savent combien j'aime le pain d'épices. J'en fais souvent, alternant les recettes pour en varier le goût. Mais quand l'occasion m'est donnée de déguster le "vrai", celui de la célèbre maison dijonnaise Mulot&Petitjean installée sur la place Bossuet je ne boude pas mon plaisir.

On peut y acheter le pain d'épices au poids, mais aujourd'hui, j'ai choisi le pain aux 8 épices, selon une recette mise au point par Benoit Charvet du Relais Bernard Loiseau à Saulieu, toujours à la farine de froment. J'apprécie l'équilibre de ses choix : coriandre, cannelle, gingembre, clou de girofle, anis, fenouil, noix de muscade et poivre qui sont adoucis par le miel.

Certains associent le pain d'épices au foie gras ou au fromage de chèvre. J'ai servi celui-là avec des poires cuites dans un peu de sucre, arrosées de jus de citron pour conserver leur robe claire, et relevées de poivre de cassis. Oui, vous avez bien lu. Ce poivre est né une année de surproduction de baies de cassis dont les producteurs bourguignons ne savaient que faire. Elles furent finement broyées et employées alors pour épicer les gibiers. Mais ce poivre convient parfaitement aux desserts.

On le trouve, comme les spécialités Mulot&Petitjean, chez Bourgogne&Cie si on habite en banlieue sud. Sinon on peut toujours commander directement dans l'e-boutique de la célèbre maison fondée en 1796, toujours familiale depuis plus de deux cents ans, et respectueuse de la tradition des pains d'épices dijonnais. Première société labellisée "Entreprise du Patrimoine vivant" en Bourgogne dans le domaine de la gastronomie.

Mulot&Petitjean se caractérise en effet par une histoire et un patrimoine séculaires, ce qui n'est pas incompatible avec de belles capacités d’innovation. La nonette en est un exemple au moins aussi fort que le pain d'épices.

La maison réédite des visuels collectors, qui ornent des boites pour glisser les nonettes, ces bouchées de pain d’épice moelleuses fourrées à la confiture pour réveiller notre mémoire gourmande. Les dernières versions déclinent caramel, lemon curd et pomme-bergamote. Demeurent malgré tout les nonettes plus traditionnelles, à l'orange, à l'abricot (et à la verveine pour obtenir une saveur végétale), au cassis (et à la rose pour cette fois sentir une note florale), et à la framboise.

La boutique se remplit aussi de fantaisies de Pâques et de Noël en saison. La visite vaut le détour. On a toujours envie de gouter quelque chose de nouveau ... pourquoi pas le pain d'épices thé earl grey-essence de bergamote ou celui qui est enrichi de griottes. Ils m'ont tous deux poussée à opter pour le thé au lieu de mon habituel café au petit déjeuner.
Laurence LAMORY, Bourgogne & Cie
1 Grande Rue, 92350 LE PLESSIS ROBINSON
Tel 01.46.30.94.20, Mail : contact@bourgogne-et-compagnie.fr
Site de Mulot&Petitjean ici

lundi 2 avril 2012

Et si on poussait Mémé ... sur les routes de campagne ... et même plus loin ?

with 0 Comment
Mémé est le nouveau dénominatif d'une Feuille de chou peu ordinaire, un journal qui s'adresse à tous ceux qui sont amoureux du terroir, en particulier de la Bourgogne, mais pas que.

Pour preuve, le numéro qui est distribué actuellement, et gratuitement en prime, fait une incursion dans la sphère parisienne. Avec en bonne place la photo de Déborah, la super patronne de la Librairie Gourmande de la rue Montmartre.

Je mettrais tout de même mon grain de pralin sur cette double-page consacrée à Paname (p. 26-27). Le meilleur Paris-Brest n'est pas celui qui est cité. La création de la Pâtisserie des Rêves atteint des sommets. Vous me direz qu'il faut l'avoir gouté pour le savoir ...

Mamie ménage la chèvre et le chou, zigzagant entre les adresses branchées et les bons plans. Elle m'amuse en citant Colette, le temple de la hype, comme elle dit, qui se trouve tout de même un peu en marge du terroir, sauf pour ce qui est des eaux minérales certes. Et c'est sympa de nous glisser la bonne info, les cours de cuisine y seraient gratuits. Il faudra que j'aille voir cela de plus près car depuis le carnaval cela me titille d'y aller.

Les lecteurs réguliers seront déçus du changement de titre de leur mag. C'est vrai que l'expression feuille de chou sentait bon la France par double allusion à la nature et à l'imprimerie puisque à l'origine les journaux n'avaient qu'une page, donc une feuille unique. Ils étaient fabriqués avec du papier bon marché, autant que le légume qui poussait partout.

Seulement le terme était déposé et l'équipe conceptrice de Divine Comédie a du revoir sa copie. Chacun s'est pris le chou et après un bon mal de tête et une jolie colère a clamé haut et fort qu'il fallait pas pousser mémé dans ... le nouveau nom était trouvé. Et la voilà dévalant la campagne à bicyclette pour le numéro de Printemps 2012.

Les élections font coucou recto ou verso, toujours avec intelligence et humour. La force de ce journal est de s'ancrer dans le traditionnel avec un ton décalé. A l'instar de la tortue du Père la Fontaine Mémé va très loin, mine de rien, nous faisant avaler des pages publicitaires comme si c'était des sucreries. Vue par elle la moutarde Fallot n'est pas pâlotte ! (page 12)

La lecture est l'occasion d'apprendre que Label Rouge est cinquantenaire, et Montblanc sexagénaire, que Bébé Cadum est centenaire et que chez Ladurée c'est madame qui a eu l'idée, il y a un siècle et demi, d'allier une salle de café à la pâtisserie familiale (en 1862) pour donner naissance au premier salon ... pas de café mais de thé !

Mémé vous dira que si le fromage de Sainte-Maure est percé d'une paille c'est pour le consolider à l'instant fatidique du démoulage. Une paille de seigle, pyrogravée au laser et comportant le nom du fromager et le numéro d’agrément du laboratoire de fabrication, ce qui assure aussi une parfaite traçabilité du produit.

Quand le consommateur entend partout clamer qu'il faut consommer des produits de saison et qu'il s'interroge à chaque achat, puisqu'il n'y a plus de saison pleurent les  météorologues cela fait du bien d'apprendre que le maquereau n'en a pas, de saison. Coté poisson la question est réglée.

Mémé en connait un rayon aussi coté musique et les recettes qui ont été élaborées en accord avec des titres mémorables sont belles à voir et sans doute bonnes à déguster. London Calling des Clash a inspiré des Filets de haddocks frits avec une brunoise à la Piccadilly au Café Ellefsen de Montréal (page 37) que j'ai bien envie de tester avec mon ActiFry.
Je cause, je cause, mais cela ne vous dit pas comment vous procurer le précieux document. Un peu partout en Bourgogne, son lieu de naissance, à Tours chez Slow Food, dans les Vosges (Epinal, Gérardmer, Val d'Ajol ...), à Paris dans les bars à vins, épiceries fines et à la Librairie gourmande of course, et aussi pas très loin au Plessis-Robinson (92) chez Bourgogne & Cie que les rédacteurs ont découvert ... sur A bride abattue. C'est que Mémé et moi sympathisons fortement.

Laurence LAMORY, Bourgogne & Cie
1 Grande Rue, 92350 LE PLESSIS ROBINSONTel 01.46.30.94.20, Mail : contact@bourgogne-et-compagnie.fr

dimanche 15 janvier 2012

Léna de Virginie Deloffre

with 0 Comment
(billet mis à jour 17 mars 2012)
C’est une jolie histoire agréable à lire, mais c’est aussi une manière d’éclairer un pan de l’histoire de l’Union soviétique et de nous expliquer la Perestroika sous l’angle d’un conte.

Lena est une jeune femme dont l’âme est russe au-delà de ce qui nous est montré dans les romans de Tolstoï. Elle est pure comme le pays d’où elle vient. Elle porte le nom d’un fleuve de Sibérie. Elle est née dans le grand nord, et elle est habitée par l’immensité blanche et interminable, de ce que peuvent être ces paysages de banquise quand la mer s’arrête parce qu’elle est figée par l’hiver ...

Assise sur sa chaise, la jeune femme attend les retours de mission de son pilote de mari, Vassia. Elle écrit à ses parents nourriciers, restés dans le grand nord sibérien en revivant le monde de son enfance, à tel point que sa nourrice Varia, finit par se demander si ce n’est pas l’absence qu’elle préfère à la présence. Mais en fait non.

Le roman commence en 1988 pour s’achever 4 ans plus tard. L’utopie communiste avait fait long feu. Le système n’a pas marché mais on avait eu le mérite d’essayer (p. 213). L’époque fut porteuse d’espoir. Perestroïka signifie reconstruction, comme si on pouvait bricoler une réparation de fortune dans un état aussi vaste. La métaphore architecturale est filée à l’extrême (p. 99) quand un fourbi est mal fichu et qu’il tient debout quand même y’a drôlement intérêt à pas y toucher.

Le pays traverse une crise profonde. L’effondrement du monde soviétique est en toile de fond du roman. Ces personnages, tous assez différents, vont vivre l’écroulement du monde qu’ils ont construit, pour les plus vieux, Varia et Dimitri, du monde dans lequel ils ont grandi pour le jeune couple, Lena et Vassia. Le terrible écroulement d’un des pays les plus puissants du monde en quelques mois, faisant plusieurs millions de morts, économiques mais réels.

Virginie Deloffre combine la dimension philosophique à l’aspect politique, tout en respectant la trame historique. Sorti l’année dernière, alors que le système libéral et la mondialisation font autant de dégâts qu’autrefois le communisme … son livre prend une autre résonance.

Comme tous les russes, les héros de cette histoire raccrochent à un rêve, soit celui de vivre dans son monde interne, soit celui de partir là haut voir d’autres images. Dans les deux cas il s’agira de trouver une place tout de même dans ce monde qui s’effondre. Ils y parviendront parce que ce sont des gens dignes, nous offrant ainsi un message finalement optimiste.

Une autre épopée est narrée parallèlement, bien réelle au demeurant, à partir de la page 146, en remontant il y a quatre millions d’années pour justifier le désir de l’homme à vouloir conquérir l’espace. Seront bien entendu évoqués le Spoutnik (compagnon en russe), premier satellite artificiel en octobre 1957, suivi un mois plus tard par le lancement de Spoutnik 2 emportant la petite chienne, Laïka, premier être vivant à voler dans l’espace, précédent Youri Gagarine et son légendaire sourire, le premier homme à avoir volé.

Une aventure « incroyable » retransmise par les télévisions du monde entier, gagnée par un peuple de rêveurs et de fous comme le nôtre, dira Vassia (p.153) pour guérir d’une certaine manière le pays de la défaite de la guerre froide remportée par l’ennemi de toujours, l’Amérique. C’était à celui qui le premier ferait la conquête de l’espace. Parce qu’on croyait alors que la vie y serait possible et ouvrirait vers d’immenses développements économiques.

Léna est une jeune femme sensible qui supporte mal les changements, disant qu’elle ne sait rien faire en l’absence de Vassia, sauf les files d’attente devant les magasins et regarder l’orme de la cour (p.68). Le bonheur est-il comme la pâte dont on fait le pain, qui se lève, puis bientôt se rassit ? (p.13) La première ligne du roman annonçait le conte, la dimension philosophique du récit, le mouvement au rythme des allers-retours de son mari, supportables somme toute tant qu’ils sont aléatoires. Léna a peur de perdre son âme, son mari, son espace terrestre. Écrire à ceux qu’elle désigne sous le nom de mes tendres et chers vieux mes amours est nécessaire pour mettre à distance les sentiments qui l’effraient.

Il ne faut pas quitter la terre pensent les vieux comme Mitia, le père adoptif de Léna. Tous deux font partie de ceux qui croient que l’espace intersidéral est et doit rester du domaine du mystère. De quoi craindre les foudres, en quelque sorte divines, pour qui oserait braver l’interdit. Alors quand Léna comprend que son époux va intégrer l’élite de la Cité des Étoiles elle s’effondre … à l’image de la chute du monde soviétique.

Le récit est alternativement épistolaire pour nous placer du point de vue de la jeune femme, longtemps empêchée de tracer sa route, puis de celui de ses parents adoptifs, lesquels n’ont d’ailleurs pas la même façon d’analyser les choses, tantôt enfin du coté de la stricte narration des faits.

La paix semble s’installer à la fin du roman, avec l’instauration d’un nouvel équilibre. Les deux époux sont devenus très proches. Léna sera institutrice dans un village perdu au bout de la Russie. Il assure le gardiennage d’une station. La vie continue …

Encore un premier roman, pour lequel les bibliothécaires du Plessis ont eu raison d’avoir un coup de cœur, parce qu’on aurait pu passer à coté de cette jolie histoire. Le livre a été couronné en mars 2012 du Prix des Libraires en obtenant 142 voix, devant Opium Poppy, d'Hubert Haddad (Editions Zulma), 132 voix et Eléctrico W, de Hervé Le Tellier (Editions JC Lattès), qui en a totalisé 92.

Léna de Virginie Deloffre, chez Albin Michel, 2011
Livre chroniqué dans le cadre du Prix robinsonnais.

lundi 2 janvier 2012

Prix du livre et du disque robinsonnais 2012

with 0 Comment
(billet mis à jour le 10 juin 2012)
Le lancement du Prix robinsonnais a eu lieu le 10 décembre, après une intéressante rencontre avec Dominique Vittoz, venue parler de son métier de traductrice aux abonnés de la médiathèque du Plessis-Robinson (92).

A l'instar de la façon dont j'ai procédé l'an dernier je vous donne aujourd'hui les titres sélectionnés avec un bref résumé. Au fur et à mesure de mes lectures j'ajouterai la photo de la couverture sur laquelle il suffira de cliquer pour ouvrir le lien conduisant vers le billet dédié. Vous pouvez d'ores et déjà en consulter plusieurs. Les illustrations des pochettes de disques ne seront par contre pas associées à des critiques.

Je rappelle que, pour participer, il suffit d’être inscrit à la médiathèque et de s’engager à lire au moins les 5 ou 6 documents d’une des sélections. Tous les livres et les CD vous seront prêtés.
Date limite de vote : vendredi 8 juin à 19h
Annonce des lauréats : samedi 9 juin à 10h30 (résultats ajoutés en fin de d'article)

Fabienne Serris, la directrice, avait annoncé la sélection de manière originale en installant le suspense. Elle avait bénéficié de la complicité de Gérard Savoisien, le directeur du Théâtre du Coteau, lequel a lu des extraits des livres de la sélection Best sellers, dont bien sur l'assemblée a deviné les auteurs sans grand effort.

· Catégorie Best-sellers (5 livres)

D'acier de Silvia AVALLONE
Traduit de l'italien
L. Levi, 2011
Ce roman social suit deux amies italiennes, Anna et Francesca, 13 et 14 ans, vivant dans des HLM construits en bordure de mer à Piombino en Toscane. Les deux jeunes filles supportent, grâce à leur relation, un contexte social et familial étouffant, marqué par le chômage que provoque le déclin de l'aciérie locale et l'oppression masculine sur les femmes. Prix des lecteurs de L'Express 2011.

Des vies d'oiseaux de Véronique OVALDÉ
Ed. de l'Olivier
Gustavo Izzara constate que sa maison de Villanueva a été cambriolée et décide d'appeler la police. Le lieutenant Taïbo apprend alors que la fille de Gustavo et Ida, Paloma, 18 ans, s'est enfuie avec Adolfo, le jardinier. Sa mère les soupçonne d'être venus habiter la maison en leur absence. Un roman sur les liens conjugaux, familiaux et sociaux qui se croisent et se défont.

Rien ne s'oppose à la nuit de Delphine DE VIGAN
Lattès, 2011
Au cœur de la mémoire familiale, entre souvenirs lumineux et secrets enfouis, un roman autour de Lucile, la propre mère de Delphine de Vigan.

Le Système Victoria d’Eric REINHARDT
Stock
La vie de David Kolski bascule le jour où il aborde Victoria dans une galerie marchande. Onze mois jour pour jour après leur rencontre, la jeune femme trouve la mort. Aujourd'hui, David vit retiré dans un hôtel de la Creuse, détruit par le rôle qu'il a joué dans ce drame.

Tout, tout de suite de Morgan SPORTÈS
Fayard
En 2006, une bande de délinquants de banlieue enlève un jeune homme et exige une rançon à sa famille. Le montant réclamé est beaucoup trop élevé pour le milieu modeste dont la victime est issue, mais le choix des agresseurs s'est porté sur lui car il est juif et supposé riche. Le récit de 24 jours de séquestration, de brutalités et de guerre psychologique qui conduiront à la mort du garçon.


· Catégorie Coups de cœur des bibliothécaires et des libraires (6 livres)

Léna de Virginie DELOFFRE
Albin Michel
Léna affectionne son Grand Nord sibérien. Quant à son mari Vassia, pilote dans l'armée de l'air, il rêve de poursuivre l'épopée soviétique de l'espace. Mais tous deux voient leur univers s'effondrer et doivent s'acclimater aux difficiles temps de la perestroïka. Premier roman.




Niloufar de Ron LESHEM
Traduit de l'hébreu
Seuil
Kami, jeune provincial iranien venu étudier à Téhéran, loge chez sa tante Zahra. Loin des regards malveillants, Internet lui ouvre des portes sur le monde. A l'université, il rencontre Niloufar, fille de la grande bourgeoisie, qui défie les normes religieuses et qui l'entraîne dans les souterrains de la ville : drogue, alcool, abandon du voile, livres interdits.

Quatre jours en mars de Jens Christian GRONDAHL
Traduit du danois
Gallimard, 2011
Au cours de quatre jours dramatiques, Ingrid Dreyer, architecte et mère divorcée, va être amenée à replonger dans les souvenirs de sa jeunesse solitaire et de son mariage raté, afin de comprendre pourquoi sa vie commence à ressembler à une impasse.

Une Femme fuyant l'annonce de David GROSSMAN
Traduit de l'hébreu
Seuil
Ora décide de quitter Jérusalem et de partir effectuer une randonnée à travers le pays pendant 28 jours. Durant cette période, son fils, Ofer s'est porté volontaire pour une mission dans une ville palestinienne. Ora pense que si elle n'est pas présente pour apprendre la nouvelle de sa mort, son fils vivra. Elle part en compagnie de son amour de jeunesse, Avram.

Grâce leur soit rendue de Lorette NOBÉCOURT
Grasset
Histoire d'une passion unique et brûlante entre deux écrivains, Unica et Roberto. Envoûtante et sensible, Unica a coupé les ponts avec sa famille. Roberto, lui, a fui le Chili sous la dictature de Pinochet. Leurs chemins se sont croisés à Barcelone. C'est l'amour fou suivi de quinze années d'une rare intensité. Unica décide de retourner au Chili mais ne se remet pas de ce voyage et se suicide.

L'Alcool et la nostalgie de Mathias ENARD, aux Editions Inculte
Jeanne téléphone à Mathias pour lui annoncer la mort de son ami Vladimir. Mathias se rend alors à Moscou pour accompagner, seul à bord du Transsibérien, le corps de son ami jusqu'à Vladivostok. Au cours du voyage, il se remémore des épisodes de son passé avec Jeanne et Vladimir, entre amour, drogue et alcool.
L'écriture est certes vivante et intime à la fois mais je n'ai pas eu envie de faire tout le trajet avec Mathias dont j'avais pourtant apprécié le si controversé livre précédent Zone. Il n'y aura pas de chronique associée à ce titre.

· Catégorie Policiers (5 livres)

Miséricorde de Jussi ADLER-OLSEN
Traduit du danois
Albin Michel
L'inspecteur Carl Morck et son assistant Hafez el Assad rouvrent le dossier de la disparition, cinq ans auparavant, de la femme politique qui incarnait l'avenir du Danemark.

Nord de Frederick BUSCH
Traduit de l'anglais (Etats-Unis)
Gallimard
Ancien membre de la police militaire, Jack est agent de sécurité dans un centre balnéaire du sud, où il sympathise avec une avocate new-yorkaise, Merle Davidoff. Elle décide de l'employer pour enquêter sur la disparition de son neveu, Tyler Pearl. C'est pour Jack le début d'un long pèlerinage dans l'Etat de New York, non loin de là où il avait vécu avec sa femme Fanny, désormais décédée.

Le Diable dans la ville blanche d’Erik LARSON
Traduit de l'anglais (Etats-Unis)
Le Cherche Midi
En 1893, l'Exposition universelle de Chicago est l'occasion pour les Etats-Unis de montrer l'étendue de leur puissance. L'architecte Daniel H. Burnham est chargé de créer à Chicago une cité de rêve, surnommée la Ville blanche. Dans l'ombre, un jeune médecin et serial killer, H. H. Holmes, construit un gigantesque hôtel dévolu au service de ses pulsions meurtrières.

Ce qu'il faut expier d’Olle LÖNNAEUS
Traduit du suédois
L. Levi
Konrad Jonsson, journaliste, revient après trente ans sur les lieux de son enfance qu'il s'était pourtant efforcé d'oublier. Mais la police de Tomelilla, au sud de la Suède, l'a convoqué dans le cadre de l'enquête sur le meurtre de ses parents adoptifs, Herman et Signe.

Tijuana Straits de Kem NUNN
Traduit de l'anglais (Etats-Unis)
Sonatine éditions
Sam Fahey mène une vie solitaire à Tijuana Straits, à la frontière de la Californie et du Mexique, jusqu'au jour où il recueille Magdalena, une jeune femme mexicaine qui a échappé à une tentative d'assassinat. Elle entraîne Sam à la recherche de ses meurtriers au Mexique où règnent la corruption, l'immigration clandestine et les trafiquants de drogue.


Le Prix du Disque est lui aussi scindé en deux catégories, d'une part les Best-sellers (5 CD), d'autre part les Coups de cœur des bibliothécaires et des libraires (5 CD). Le disquaire, Kevin Lesseurre, a fait écouter des extraits des hit-parades actuels, espérant faire découvrir les titres ausi facilement que précédemment pour les livres. Mais ce fut une autre paire de manches. Heureusement que quelques dignes représentants du service jeunes de la ville ont soufflé les bonnes réponses.
Certains airs étaient connus mais difficilement attribuables. Parmi les surprises, l'album de blues Let them talk de Hugh LAURIE, qui n'est autre que le célébrissime Docteur House, et que je vous recommande chaudement de découvrir. Je le trouve si réussi qu'il se pourrait que je déroge à la règle énoncée plus haut en lui consacrant un billet spécial.

Ce n'est pas banal, les abonnés ont pu repartir en fin d'après-midi avec plusieurs livres et CD sélectionnés et il faut saluer la bonne volonté des bibliothécaires pour ce surcroit de travail puisqu'ils n'étaient pas sur leur lieu de travail habituel.
Autre initiative sympathique : une vente, au profit du Téléthon, avait permis auparavant d'acquérir pour un euro symbolique des livres qui furent ainsi sauvés du pilon. Là encore il faut faire preuve de ténacité puisque la vente est très réglementée. Aucune initiative de dernière minute : chaque titre doit être autorisé par arrêté municipal mais c'est une opération qu'il serait malgré tout à multiplier ... surtout dans les municipalités où on se targue de pratiquer le développement durable !

La journée se clôtura par une très intéressante discussion animée par sur le thème de la rencontre entre fiction et réalité à l'intérieur d'un roman, animée par Frédérique Pernin, professeur de philosophie.

Pendant toute la durée du prix des rencontres auront également lieu avec les auteurs de la sélection ainsi que des ateliers de critique littéraire animés par Anne Panvier, professeur de français. Les ateliers auront lieu à l’Orangerie les samedis 21 janvier, 11 février, 24 mars et 2 juin à 10h30.
*
*    *

Le dépouillement des votes pour le Prix du Livre et du Disque robinsonnais a eu lieu le 9 juin dans une ambiance très conviviale.

Pour le Prix du Livre, les lauréats sont :
Catégorie Policiers : Miséricorde de Jussi Adler-Olsen
Catégorie Best-sellers : Rien ne s’oppose à la nuit de Delphine de Vigan
Catégorie Coups de cœur : Léna de Virginie Deloffre

Pour le Prix du Disque, les lauréats sont :
Catégorie Best-sellers : Fatou de Fatoumata Diawara
Catégorie Coups de cœur : The Devil’s Walk d’Apparat

Rendez-vous est donné par l'équipe de cette bibliothèque pour de nouvelles et belles lectures l’année prochaine.

jeudi 22 décembre 2011

D'acier de Silvia Avallone

with 0 Comment
Les lecteurs français ont bien de la chance que le livre ait été traduit (par Françoise Brun) pour découvrir ce roman qui est déjà un grand succès en Italie depuis un an. Silvia Avallone a vingt-cinq ans et écrit déjà avec l’autorité des grands. Sans fioritures, mais avec une puissante élégance. Elle s’y entend pour mettre le nez du lecteur en face de réalités sociales et économiques qu’il se passerait bien de voir. On aimerait tourner la tête, laisser échapper notre regard vers des cieux plus cléments. Nous en tirer avec une moue dédaigneuse en ironisant que c’est du cinéma.

Sauf qu’on a compris que pour cracher un premier roman de cette veine là il faut avoir puisé dans un creuset que l’on connait par cœur. L’auteure a vécu dans la petite ville toscane de Piombino, et la fiction qu’elle nous livre est directement inspirée de ses années d’adolescence, lesquelles sont encore très fraiches dans sa jeune mémoire.

Soleil de plomb, violences de toutes sortes, sociales, conjugales, dans un univers régi par des codes où les valeurs ne sont pas « amour, gloire et beauté » mais « amitié, sensualité et rivalité ». Un peu à l’instar de la Corniche Kennedy de Maylis de Kerangal.

On serait tentée d’établir un parallèle avec le Nord de la France, ses mines, les combats de Germinal. L’histoire ne se déroule pas au siècle dernier, dans une atmosphère d’exploitation du monde ouvrier par la bourgeoisie montante, pas davantage à l’époque des années 60 quand le capitalisme offrait encore de réelles promesses d’ascension sociale aux courageux.

Nous sommes dans le contexte de la mondialisation, avec ses menaces de délocalisation. L’usine assure la survie d’une poignée de personnes qui se réduit alors que la pénibilité du travail ne recule pas.
Fuggire, si ma dove ? S’enfuir, mais où ? comme le voudrait la chanteuse Raffaela Carrà (p.19) Les protagonistes attendent tous que quelque chose se passe dans ce printemps qui commençait à peine, dans ce putain de trou (p. 287). Comme s’il y avait une issue …
Il y a la Méditerranée, la lumière, l’île d’Elbe au loin. Mais ce n’est pas un lieu de vacances. C’est une terre sur laquelle ont poussé brutalement les usines et les barres de béton. Depuis les balcons uniformes, on a vue sur la mer, sur les jeux des enfants qui ont fait de la plage leur cour de récréation. La plage, une scène idéale pour la jeunesse de Piombino. Entre drague et petites combines, les garçons se rêvent en chefs de bandes, les filles en starlettes de la télévision. De quoi oublier les conditions de travail à l’aciérie, les mères accablées, les pères démissionnaires, le délitement environnant… Anna et Francesca, bientôt quatorze ans, sont les souveraines de ce royaume cabossé. Ensemble, elles jouent de leur éclatante beauté, rêvent d’évasion et parient sur une amitié inconditionnelle pour s’emparer de l’avenir.
Il faut avaler les premiers chapitres, entrer dedans progressivement. On ne peut pas se jeter dans un tel milieu sans le tâter du bout des yeux, comme on le ferait d’une mer trop froide, orteil après orteil.

D'acier devient polysémique au fur et à mesure de la lecture. C'est en premier lieu la référence évidente à l'usine de production de l'alliage, principal employeur de la région. Le titre français est très proche du titre italien. Dans le langage courant, dans l’une comme l’autre langue, avoir des nerfs d’acier se dit de quelqu’un qui a le caractère bien trempé, suffisamment solide pour résister à un stress intense, mais assez souple pour plier sans rompre.

Chacun son palliatif pour supporter le quotidien sans craquer. Les filles s’étourdissent dans les fringues, le maquillage, et leurs rêves de starlettes, à supposer que la beauté puisse faire rempart. Les femmes serrent les dents et font comme si, se promettant d’affronter la situation, mais plus tard. Les garçons sniffent et draguent. Les plus âgés se satisfont de l’alcool en baissant les bras sur leur incapacité à faire changer le monde ... ou en les levant sur leur famille. L’univers se réduit à la cité, l’usine et une petite bande de plage en face de l’île d’Elbe. Bientôt on s’interpellera par des diminutifs, comme si la force de prononcer le prénom entier leur manquait brutalement. C’est le monde entier qui se ratatine avant de s’écrouler mais chacun y croit encore. Le 11 septembre 2001 est pour demain.

Sur la couverture, regard charbonneux perdu dans le même horizon, Anna la brune et Francesca la blonde, différentes, même si elles sont pareilles. La première vit entre son imbécile de père et son malheureux frère. La seconde entre un salaud et une mère soumise. Toutes deux ont grandi dans le périmètre restreint de quatre barres d’immeubles d’où tombent des morceaux de balcon et d’amiante, dans une cour où les enfants jouent à côté des jeunes qui dealent et des vieilles qui puent (…) où il est normal de ne pas partir en vacances, de ne pas aller au cinéma, de ne rien savoir du monde, de ne pas feuilleter les journaux, de ne pas lire de livres. (p.38)

Pourtant, si l’on ne peut pas décider de la mondialisation, on peut, malgré tout, quand on est né ici, devenir ouvrier ou voleur, travailler au rayon charcuterie de la Coop ou bien se prostituer (p. 91). Silvia Avallone a grandi, elle aussi, dans ce bout de monde compris entre la via Nenni et la via Togliatti, mais elle n’a fait qu’y passer, a poursuivi sa route en s’engageant dans des études de philosophie, et a concrétisé son (premier) rêve, en parler ! Ce premier roman claque au vent comme un drapeau.

Il faudrait inventer pour elle, un équivalent à "road movie", pourquoi pas "city movie", encore que steel movie serait davantage de circonstance ... Rien d’étonnant à ce que le jury du prix des lecteurs de L'Express lui ait décerné la première place cette année.

D'acier, roman de Silvia Avallone, traduit par Françoise Brun, chez Liana Lévi, 2011
Livre découvert et
chroniqué dans le cadre du Prix robinsonnais, dont je donnerai la sélection début janvier.

samedi 10 décembre 2011

Dominique Vittoz, invitée au Plessis-Robinson (92) pour parler du roman italien

with 0 Comment
Je n’avais pas de représentation très précise du métier de traducteur jusqu’à ce que je rencontre Dominique Vittoz. C’est tout juste, je le confesse, si je songeais à mentionner le nom du traducteur dans la rédaction de mes chroniques littéraires.

Je me souviens tout de même avoir salué le travail d’Isabelle Reinharez. Il avait fallu attendre 7 ans pour que soit traduit, de main de maitre à mon avis, Un pied au paradis, un livre écrit par Ron Rash, et publié aux éditions du Masque en 2009. J'espérais alors que l’éditeur allait poursuivre la collaboration avec elle car si les autres romans étaient de la même veine il était regrettable d'en priver les lecteurs français. J’avais par contre omis de rappeler son nom en fin d’article (ce que j’ai corrigé depuis). Je n’ai hélas pas été entendue. C’est une autre traductrice qui signe celle de Serena, chez le même éditeur. Et j’ai beaucoup moins aimé, n’ayant pas l’impression que le livre avait été écrit par le même auteur. Je n’en ai pas parlé sur le blog.

J’avais conscience de l’importance de la traduction quand je repérais une langue particulière chez un auteur et qu’il me semblait évident que la structure des phrases et leur lexique n’avaient pas coulé de source. C’est une sensation agréable qui équivaut à une redécouverte de sa propre langue. Mais dans la plupart des cas je lisais le livre comme s’il avait été écrit et pensé en français.

Après l’intervention passionnée de Dominique Vittoz il est certain que je vais être plus vigilante et plus exigeante aussi. Façon de parler parce qu’on n’a encore pas vu des lecteurs manifester sur ce sujet. Il se raconte pourtant que chaque changement de traducteur pour d'Haruki Marakami est remarqué et que le nombre des ventes peut varier considérablement.

Il n’est pas donné à tout le monde de restituer une atmosphère. C’est un talent mais c’est aussi un énorme travail. Cela se sent dans la façon que Dominique a de parler de son métier. Avec autant de passion que d’humour.

Elle affirme d’abord être devenue traductrice parce qu’on mange d’excellentes pâtes en Italie … Ensuite parce qu'elle appréciait le caractère expansif des italiens chez une amie d’enfance d'origine napolitaine.

Rien d‘étonnant donc à ce qu’elle choisisse quasi naturellement la langue italienne pour l’étudier et l’enseigner. Elle explore sans limite le cinéma et la littérature contemporaine dont elle deviendra spécialiste.

Après avoir traduit, Dernier réveillon et autres nouvelles cannibales de Niccolò Ammaniti en 1998, Dominique Vittoz est contactée par les éditions Fayard qui s'apprêtait à publier La concession du téléphone d'Andrea Camilleri. Il se trouve qu'une traduction a été faite (et payée par l'éditeur) mais qu'elle ne convient pas. Et, c'est tout à l'honneur de cette maison que d'exiger un texte qui fasse réellement honneur à l’auteur. Dominique Vittoz n'a pas encore de notoriété rassurante et Fayard ne voudrait pas se tromper une seconde fois. Elle est donc soumise à un essai. Les quelques pages qu'elle remet à l'éditeur seront déterminantes. On lui confie le travail et elle gagnera ses lettres de noblesse en traduisant Camilleri, en restituant une langue mêlant italien et sicilien.

Chaque livre est unique et peut offrir beaucoup de plaisir. Traduire ne consiste pas à « passer un texte d’une langue à une autre » mais travailler dans un maximum de liberté de manière à produire une sorte de re-création du livre. Et pour cela tous les moyens sont bons.

Dominique affirme qu’elle peut traduire avec bonheur un titre qu’elle déteste, comme le Survivant, d'Antonio Scurati, en raison de sa vision des jeunes, des enseignants, et de son regard très réactionnaire sur la société. Sa traduction sera si professionnelle qu’elle lui vaut en 2009 le Prix Rhône-Alpes du livre de la traduction.

Dominique Vittoz a beaucoup de gratitude à l’égard des éditeurs, y compris quand il lui arrive d’être en conflit avec l’un d’entre eux. Elle apprécie les conditions de rémunération qui sont plus favorables en France qu’en Italie où l’on gagne moitié moins.

Cette femme a un caractère bien trempé, reconnaissant qu’il faut être têtu pour exercer ce métier. Elle parvient à imposer de longs délais avant de rendre son travail, au moins 18 mois. Outre Andrea Camilleri, elle a traduit Sandro Veronesi, Marcello Fois, Laura Pariani, Salvatore Niffoi, Valeria Parrella, Milena Agus, Pino Roveredo … Son souci de la perfection l'a fait accepter de travailler en collaboration avec une autre traductrice pour trouver toujours l’expression la plus juste. Elle a ainsi apporté une aide ponctuelle et limitée à une collègue italienne, Maria Baiocchi, qui traduisait Naissance d'un pont de Mailis de Kerangal en italien pour les éditions Feltrinelli.

Dominque Vittoz puise dans la langue ancienne et les parlers locaux afin de trouver les mots qui restitueront le mieux le lexique de chaque auteur, qu’il s’agisse d’un italien métissé de sarde, de napolitain, de sicilien ou de lombard.

Elle va jusqu’à affirmer que les traducteurs sont bien plus fidèles au texte que l’auteur lui-même. Son amour de la langue est au service des œuvres et non de sa propre écriture. D’ailleurs selon elle, traduire permet de ne pas écrire (sous-entendu de signer le texte d’un roman). Par contre elle accepta de concevoir la postface de La Saison de la chasse (prix de traduction Amédée Pichot) pour expliquer en quoi la langue de Camilleri est un défi en terme de traduction. Et après l’avoir entendue on est plus que jamais sensibilisé à cet aspect.

Voici donc une bibliographie exhaustive à la date d'aujourd'hui, pour ceux qui voudraient particulièrement lire des textes qu'elle a traduits :
Traductions de l’italien en français :
- Umberto PASTI, Jardins : les vrais et les autres, Flammarion, 2011, 157 p.
- Rita MONALDI et Francesco SORTI, Veritas, Plon, 2011, 739 p.
- Ranuccio BIANCHI BANDINELLI, Quelques jours avec Hitler et Mussolini, Carnets Nord, 2011, 92 p.
- Antonio SCURATI, L’enfant qui rêvait de la fin du monde, Flammarion, 2011, 301 p.
- Tiziano SCARPA, Stabat Mater, Bourgois, 2011, 141 p.
- Andrea CAMILLERI, Un samedi entre amis, Fayard, 2011, 157 p.
- Andrea CAMILLERI, Le ciel volé. Dossier Renoir, Fayard 2010, 110 p.
- Dario FO, L’Apocalypse différée ou À nous la catastrophe !, Fayard, 2010, 222 p.
- Andrea CAMILLERI, Le grelot, Fayard, 2010, 207 p.
- Carlo D’AMICIS, Sauf le chien, Joëlle Losfeld, 2010, 254 p.
- Valeria PARRELLA, Le temps suspendu, Seuil, 2010, 155 p.
- Andrej LONGO, Dix, Flammarion, 2010, 184 p.
- Sandro VERONESI, Terrain vague, Grasset, 2010, 232 p.
- Pino ROVEREDO, Caracreatura, Albin Michel, 2010, 261 p.
- Dario FO, Amour et dérision, Fayard, 2010, 143 p.
- Andrea CAMILLERI, Maruzza Musumeci, Fayard, 2009, 157 p.
- Ascanio CELESTINI, Récit de guerre bien frappé, Le Serpent à plumes, 2009, 182 p.
- Alberto CAPITTA, Petites créatures, Éditions du Rocher, 2009, 52 p.
- Andrea CAMILLERI, Le berger et ses ouailles, Fayard, 2009, 140 p.
- A. CAMILLERI, Vous ne savez pas. Un abécédaire de la mafia d’après les pizzini du boss Bernardo Provenzano, Fayard, 2009, 236 p.
- Marco BOSONETTO, La ballade des vaches guerrières, Éditions du Revif, 2009, 44 p.
- Valeria PARRELLA, Le ventre de Naples, Seuil, 2009, 167 p.
- Laura PARIANI, Dieu n’aime pas les enfants, Flammarion, 2009, 335 p.
- Franco STELZER, Notre premier, solennel, très étrange Noël sans elle, éditions du Rocher, 158 p. 2008.
- Andrea CAMILLERI, La couleur du soleil, Fayard, 138 p., 2008.
- Dario FO et Giuseppina MANIN, Le monde selon Fo. Conversations avec Giuseppina Manin, Fayard, 2008, 201 p.
- Beatrice MASINI, Héroïnes des légendes grecques, Casterman, 2008, 204 p.
- Marco BOSONETTO, Grand-père Rosenstein nie en bloc, L’Esprit des Péninsules, 2008, 223 p.
- Antonio SCURATI, Le survivant, Flammarion, 2008, 361 p. Prix de traduction de la région Rhône-Alpes 2009
- Sandro VERONESI, Chaos calme, Grasset, 2008, 505 p. prix Méditerranée étranger 2008 – Prix Fémina étranger 2008 – Prix Cévennes du Roman européen 2008
- Luciano CANFORA, Exporter la liberté. Échec d’un mythe, Desjonquères, 2008, 91 p.
- Andrea CAMILLERI, Les enquêtes du commissaire Collura, Fayard, 2008, 128 p.
- Andrea CAMILLERI, Petits récits au jour le jour, Fayard, 2008, 116 p.
- Milena AGUS, Battement d’ailes, Liana Levi, 2008, 155 p.
- Salvatore NIFFOI, La légende de Redenta Tiria, Flammarion, 2008, 179 p.
- Beppe SEVERGNINI, Comment peut-on être italien ?, Flammarion, 2007, 239 p.
- Laura PARIANI, Tango pour une rose, Flammarion, 2007, 125 p.
- Andrea CAMILLERI, Privé de titre, Fayard, 2007, 287 p.
- Milena AGUS, Mal de pierres, Liana Levi, 2007, 124 p. Prix Relay du roman d’évasion 2007
- direction de l’ouvrage collectif Journal intime et politique italien, (Antonella CILENTO, Marcello FOIS, Beatrice MONROY, Antonio PASCALE, Laura PARIANI), traductions d’Alain Sarrabayrouse et Dominique Vittoz, introduction de Dominique Vittoz, Forcalquier, ed. Bouchardeau et Littera 05, 2006, 248 p.
- Andrea DE CARLO, Week-end à Tournevent, Flammarion, 2006, 313 p.
- Andrea CAMILLERI, Le cours des choses, Fayard, 2005, 159 p.
- Marcello FOIS, Les hordes du vent, Seuil, 2005, 210 p.
- Laura PARIANI, Quand Dieu dansait le tango, Flammarion, 2004, 341 p. (avec une postface)
- Andrea CAMILLERI, Le roi Zosimo, préface de Mario Fusco, Fayard, 2003, 373 p.
- Marcello FOIS, Nulla, Fayard, 2002, 140 p.
- Andrea CAMILLERI, Un filet de fumée, Fayard, 2002, 154 p.
- Andrea CAMILLERI, La saison de la chasse, Fayard, 2001, 226 p. (avec une postface) PRIX Amédée Pichot pour la traduction aux Assises de la traduction littéraire 2001
- Andrea CAMILLERI, Le jeu de la mouche, Mille et une nuits, 2000, 123 p. (avec une postface)
- Andrea CAMILLERI, La concession du téléphone, Fayard, 1999, 282 p.
- Niccolò AMMANITI, Dernier réveillon et autres nouvelles cannibales, Paris, Hachette littérature, 1998, 259 p.

Prix :
PRIX DE TRADUCTION de la région Rhône-Alpes 2009, pour Antonio SCURATI, Le survivant, Flammarion, 2008.
PRIX DE TRADUCTION Amédée Pichot de la ville d’Arles aux Assises de la traduction littéraire 2001, pour Andrea CAMILLERI, La saison de la chasse, Fayard, 2001.
PRIX Cévennes (auteur et traducteur) du roman européen 2008 pour Sandro VERONESI, Chaos calme, Grasset, 2008.

PRIX FÉMINA ÉTRANGER 2008 à Sandro VERONESI, Chaos calme, Grasset, 2008.
PRIX MÉDITERRANÉE ÉTRANGER 2008 à Sandro VERONESI, Chaos calme, Grasset, 2008
PRIX RELAY DU ROMAN D’ÉVASION 2007 à Milena AGUS, Mal de pierres, Liana Levi, 2007.

Publications sur la traduction:
• “Quale francese per tradurre l’italiano di Camilleri ? Una proposta non pacifica”, in Il caso Camilleri. Letteratura e storia, actes du colloque de Palerme des 8-9 mars 2002, Palerme, Sellerio, 2004, pp187-199.
• “Les métissages de Laura Pariani ou le casse-tête de la traductrice”, postface de la traduction de Quand Dieu dansait le tango de Laura Pariani, Paris, Flammarion, 2004, pp.335-339.
• “Atelier de traduction de l’italien : Andrea Camilleri”, in Actes des 18èmes Assises de la traduction littéraire (Arles 2001), Arles, Actes Sud, 2002, pp. 79-87.
• Ho fatto parlare il Re di Girgenti portandolo a Lione, in Stilos, inserto letterario de La Sicilia, 17 décembre 2002
• “L’italien, la langue Arlequin”, in L’Humanité, 21 mars 2002, p. 14.
• “Camilleri in Francia. Contro il centralismo viva la parlata di Lione”, in Stilos, inserto letterario de La Sicilia, 19 mars 2002, p. 9.
• "Les récits jubilatoires d'Andrea Camilleri", in Lecture Jeune, Paris, n°101, mars 2002, pp. 19-22.
• “La langue jubilatoire d’Andrea Camilleri”, postface de la traduction de La saison de la chasse, Fayard, 2001, pp. 203-218.
• “Andrea Camilleri, conteur sicilien”, postface de la traduction de Le jeu de la mouche, Fayard, 1001 nuits, 2000, pp. 113-121.

vendredi 25 novembre 2011

Soirée dégustation chez Bourgogne & Compagnie

with 0 Comment
Comme je l'écrivais il y a quelque temps, la convivialité n’est pas un concept vide de sens chez Bourgogne & Compagnie, synonyme pour sa créatrice, Laurence Lamory, de retrouvailles autour d’une table pour partager des découvertes comme le faisaient nos grand-mères. On en prend complètement conscience en se rendant à une dégustation comme celles qu'elle organise, en général un vendredi soir, en tout début ou fin de mois (sur réservation) pour en prendre pleinement conscience.

Lors de la dernière soirée à laquelle j'ai participé, elle avait préparé des petits rouleaux de truite fumée (mais nous avons aussi goûté la mousse fine de truite) provenant de la pisciculture de Crisenon, située sur la petite commune de Prégilbert, entre Vincelles et Mailly-la-Ville (89).

La Bourgogne est réputée pour sa charcuterie. Laurence avait tranché quelques saucissons des Salaisons du Morvan, une petite entreprise artisanale, située entre Pouilly en Auxois et Saulieu, composée de 3 personnes seulement et dont elle est très heureuse d’avoir intégré quelques références au printemps. Difficile de trouver saucisson plus fondant. Un pur régal.

L’andouillette de Chablis AAAAA, régulièrement médaillée, occupait une place centrale. Monsieur Colin, dont j'avais fait la connaissance au premier concours de cuisine amateur, la réalise à base de chaudin de porc frais et français, puis émincé en lanières, enrichi d’une lanière de gorge de porc, d’oignons, de persil, d’aromates … et d’autres choses encore dont il a le secret. Elle est ensuite cuite dans un bouillon et refroidie entre deux nappes. Je l’aime grillée ou réchauffée au four mais j’ai apprécié, et l’assistance fut unanime, de la déguster froide accompagnée des petites sauces que Laurence avait préparées.

La maîtresse de maison avait en effet eu l’excellente idée d’associer, dans une proportion de 2 pour 3, deux excellentes moutardes de Fallot avec de la crème fraîche et un trait de citron. La première à l’estragon, la seconde au miel et vinaigre balsamique. Expérience concluante aussi bien avec les salaisons qu’avec les produits marins, que je me vais m’empresser de réitérer.

Le traditionnel fromage de tête (tête de porc cuite, des échalotes, du persil, du vin de Chablis et des aromates) voisinait avec le Persillé au Chablis, à base de vin blanc, persil et échalotes, viande de porc salée cuite au bouillon aromatisé. Quand le commun des mortels aiguise son palais avec des cornichons ou des cerises au vinaigre nous eûmes droit à des boutons de pissenlit, condiment autrement plus raffiné que les câpres.

Des touillons, comme on les désigne localement, étaient à disposition pour assaisonner la charcuterie de moutarde au cassis, de ketchup au cassis ou d’une préparation associant échalotes et oignons.
Sans être bourguignon, le pain a été salué. Et si Laurence n’avait pas ouvert de bouteille de Chablis c’était pour nous faire découvrir d’abord l’Auxerrois, un vin blanc frais et léger en bouche, obtenu à partir d’un cépage qui était malheureusement appelé à disparaître, aux délicats arômes d'aubépine, de noisette, de fleurs blanches, et de sous-bois. Il s’accorde parfaitement avec la mousse de truite comme avec le persillé, et je le verrais tout aussi bien sur un plateau de fruits de mer.

Un Meursault a surpris la bouche de ceux qui le découvraient pour la première fois. Plus rond, plus fruité, avec sa robe d’or vert, c’est un de mes vins préférés et je vous recommande d’y penser si vous avez l’intention de servir un foie gras aux prochaines fêtes de fin d’année. Et puis le domaine Jean Javillier &fils a été pionnier en matière de vin biologique.
Place fut ensuite donnée royalement aux fromages avec plusieurs spécialités de la fromagerie de Nuits-Saint-Georges, une fromagerie traditionnelle, installée à Gilly-les-Cîteaux, dans la Cote d'Or et qui fabrique notamment le Brillat-savarin. Ce soir-là nous avons commencé par l'Amour de Nuits, un fromage frais au lait de vache, doux et moelleux à pâte salée et légèrement orangée, si fondant qu’il aurait pu réconcilier avec l’univers du fromage quelqu’un qui ne les aimerait pas. Sa jolie couleur est obtenue avec l’adjonction de poudre de rocou, que vous connaissez bien sans en savoir le nom, puisqu’il colore la mimolette.

Nous avons enchaîné avec le Régal de Bourgogne aux raisins (fromage frais, crème et raisins macérés dans le marc de Bourgogne) dont l’équilibre salé-sucré est très réussi.
Puis une création d’Alain Hess, (dont le grand-père fabriquait de l’emmental suisse), le mariage savoureux d’une pâte molle triple crème roulé dans du son de moutarde et joliment baptisé Délice de Pommard.

Je l’ai apprécié avec un verre de Hautes Côtes de Nuit, aussi léger et franc qu’un tokay hongrois.

Est venu ensuite le Nuits d'Or, encore un fromage au lait de vache (ici pasteurisé), mais plus puissant, à pâte molle et à croûte orangée, lavée au Pinot noir, au goût franc né d'un affinage de 4 semaines.

Pour finir, le roi des fromages bourguignon, un Époisses fermier, à base de lait de vache, à pâte molle, à croûte lavée, affiné en étant frotté au marc de Bourgogne. Laurence a raison d’être fière de pouvoir offrir à sa clientèle le seul Époisses qui soit fabriqué avec du lait cru.

Entre temps nous avions pu comparer un chèvre de Saône-et-Loire dans trois états d’affinage, du plus frais au plus corsé.

Un Volnay premier cru pouvait être apprécié sur ces fromages. Ce vin rouge amarante exhalait des arômes vanillés et de fruits rouges, particulièrement de framboise. Les puristes le boiraient davantage sur une viande grillée qu’un fromage mais en Bourgogne …. Et s’agissant d’un vin peu tannique je concède que ce n’est pas une hérésie.

Maitrisant l’art de recevoir jusqu’au bout Laurence avait préparé un flan au safran, qu’elle a voulu accompagner d’un fragile petit biscuit, romantiquement appelé « dent de loup », une création de la biscuiterie La Rose de Vergy.

Nous avons terminé la dégustation avec un verre de crémant de Bourgogne de la cave de Bailly, laquelle mérite une petite visite pour ses vins, mais aussi pour ses étonnantes et gigantesques caves taillées dans la colline. Avec ses bulles très fines ce crémant rivaliserait sans difficulté avec un champagne. Encore une idée à retenir pour de futures fêtes, en toute modération bien sur.

Laurence LAMORY, Bourgogne & Cie
1 Grande Rue, 92350 LE PLESSIS ROBINSON
Tel 01.46.30.94.20, Mail : contact@bourgogne-et-compagnie.fr

mardi 15 novembre 2011

Bourgogne & Compagnie, l’épicerie fermière de Laurence Lamory, au Plessis-Robinson (92) et à Versailles (78)

with 0 Comment
Depuis un peu plus d’un an Laurence Lamory met à la portée des gens qui vivent à proximité de sa boutique des produits venant directement de producteurs ou d’artisans.

Ils sont nombreux, en France, à fabriquer des produits de qualité qui restent hélas diffusés dans un petit périmètre parce qu’ils n’ont pas de structure pour assurer leur distribution en dehors de quelques salons professionnels. Inversement, nombre de consommateurs n’ont pas le temps ni l’habitude de faire la démarche d’aller à leur rencontre, sur leur site de production ou dans les salons spécialisés.

Laurence Lamory a voulu être cette passeuse entre ces deux univers. Elle s’est implantée au Plessis-robinson parce que c’est la ville où elle réside. Et si elle s’est spécialisée dans les produits bourguignons c’est parce que c’est sa région d’origine, plus exactement les plateaux céréaliers en limite du Tonnerrois et de l'Avallonnais, pour lesquels elle éprouve un attachement et une fierté légitimes.
Laurence s’est mise en quête d’une boutique qu’elle a trouvée au cœur de ville. Elle y a disposé des objets sortis des greniers familiaux qui racontent chacun une histoire. Comme ce petit fourneau de cabane de cantonnier que l’on installait aussi au pied des vignes. Elle a conservé les rayonnages qui exposaient de la lingerie fine. Elle y range aujourd’hui des pots de moutarde et de miel.

Elle se fournit chez des producteurs rigoureusement sélectionnés. Ce n’est pas difficile pour elle de les débusquer. Ses parents étaient agriculteurs. Par leur intermédiaire elle a fait la connaissance de producteurs du réseau Bienvenue à la ferme qui, à leur tour lui ouvrent leur carnet d’adresses.

Elle « descend », toutes les 5 à 6 semaines pour réapprovisionner les rayons, et en profite pour ramener également des produits frais, comme la charcuterie Colin de Chablis que je suis heureuse de voir figurer ici, après l’avoir découverte lors du premier concours de cuisine amateur, en 2008.

Certains fournisseurs livrent en franco de port, mais il est plus fréquent qu’elle doive aller elle-même à leur devant dans les salons, comme Pari fermier ou Mer et Vignes.

On trouvera chez Laurence des confitures, des gelées, des nectars. Cette dernière appellation désigne des jus de fruits qui ont subi une correction en eau et en sucre. Mais n’allez pas croire qu’ils sont dénaturés pour autant : un pur jus de cassis serait imbuvable en l’état.

Une des marques distribuées dans la boutique porte un nom assez inventif, Marmelure et Confitade. Elle est née de l’imagination de deux jeunes femmes qui ont sympathisé à la sortie des classes de leurs enfants. Elles ont démarré dans leur cuisine de Semur-en-Auxois à inventer des combinaisons originales comme clémentine-4 épices, verveine –miel, poires-carottes, tomates rouges-pomme-romarin. Le bénéfice des ventes était destiné à grossir les caisses de la coopérative scolaire. Le succès en a fait une petite entreprise, parce que le taux de sucre de leur production est inférieur à ce qu’on trouve habituellement et parce que leurs associations de fruits ou de légumes (de leur potager, mais pas uniquement) plaisent énormément.
Le chutney raisins secs-oignons est un régal avec un filet de poisson et un riz tout simple. Le jus de framboises-chocolat noir est la meilleure vente.

Certains produits sont des incontournables de la table bourguignonne comme le beurre de cassis et le beurre de pêche de vigne, obtenus en réduction comme une confiture, mais avec beaucoup moins de sucre. Le résultat se situe à mi-chemin entre coulis, compote et confiture. Cela «donne un petit quelque chose de soyeux sur la langue», par exemple sur un Fontainebleau, une terrine de porc, pour déglacer un jus de cuisson … ou encore en glaçage avec du chocolat blanc sur une buche de Noël.
On trouve le pain d’épices, soit moelleux, en provenance d’un apiculteur sénonais. Et bien sûr le « Mulot & Petitjean », toujours fabriqué par une société familiale dijonnaise de plus de 200 ans d’existence. La recette est ancestrale, à base de farine de froment, sans lait ni matière grasse, proposé nature ou aux fruits confits, glacés d’une fine pellicule de sucre. Ce sont aussi eux qui fabriquent les nonnettes dont le cœur fondant de confiture reste pour moi un souvenir d’enfance.

Le miel est présent aussi dans les moutardes. La maison Fallot est un des derniers moutardiers indépendants. C’est une visite que Laurence encourage ses clients à faire. D’ailleurs elle fait volontiers la promotion touristique de la région et on peut trouver chez elle plusieurs rayons regorgeant de dépliants dignes d’un office de tourisme.

A voir le choix de moutardes qu’elle présente je me suis demandé si la traditionnelle fondue … bourguignonne n’avait pas été inventée pour mettre en valeur ce patrimoine gustatif.







Coté douceurs, il y a l’anis de Flavigny, dont j’ai déjà parlé sur le blog, les nougatines de Nevers, les pavés de Pouilly et de la route bleue, qui seront bientôt rejoints par le Négus de Nevers, un caramel mou enrobé dans un sucre cuit.

Coté boissons : des vins, évidemment, mais aussi de la bière, brassée en Bourgogne puisqu’on y cultivait de l’orge. Savez-vous qu’il y a eu jusqu’à 23 brasseries en Cote d’Or entre 1900 et 1950 ? On produit toujours à Sens la Thomas Beckett, du nom de l’archevêque de Cantorbéry qui y fut exilé.Laurence a sélectionné aussi à la Faïencerie du Morvan une vaisselle aux couleurs flamboyantes. J’ai dénombré pas moins de 22 couleurs de bols le jour de ma venue. Leur vaisselle décorée sera exposée à partir du 1er décembre et pour tout l'hiver.






Il y a aussi un peu de librairie et des tabliers qui donnent envie de se mettre illico aux fourneaux.


Enfin Bourgogne & Compagnie, comme son nom l’indique, voit plus loin que le terroir bourguignon. Avec les châtaignes de l’Ardèche, les lentillons de Champagne, les haricots de Soissons (ceux qui sont parfumés au harissa sont à tomber de bonheur), le safran du Gâtinais, les escargots du Jura …
N’allez pas croire qu’il s’agit là d’une erreur. Il n'existe pas d’élevage d'escargots de Bourgogne et l’espèce se reproduit peu. Elle est protégée et le ramassage est strictement réglementé. Sans compter les polémiques. Quant à vendre des escargots, il faut qu’ils soient bons et les préparations de l’escargotière Bonvalot satisfait tous les critères, qu’on picore ces petites bêtes à l’apéritif ou qu’on les cuise dans un cake salé.

On peut acheter à l’unité, composer un panier garni, ici à la boutique ou sur les marchés du Plessis-Robinson (les mardis, vendredis et dimanches de 8 à 13 heures) et de Versailles Saint-Louis, (les samedis matins) ou dans quelques Comités d’entreprise et maisons de retraite. L’affaire est devenue familiale, avec l’aide de son frère Matthieu qui se charge des ventes sur les marchés et autres lieux extérieurs à la boutique et de sa fille qui lui prête main forte de temps à autre.

Laurence ne regrette pas les années qu’elle a passé dans le secteur de l’informatique. Son objectif de rendre accessible aux habitants de son quartier des produits issus souvent de savoir-faire parfois anciens, venant de régions où l’on cultive encore le goût, le bon sens, la convivialité est désormais atteint quand le déjeuner est encore pris à table, et en famille.

La convivialité n’est pas un concept vide de sens chez Bourgogne & Compagnie, synonyme pour elle de se retrouver autour d’une table pour partager des découvertes comme le faisaient nos grand-mères. Il faudra venir à une dégustation organisée par Laurence, en général un vendredi soir, en tout début ou fin de mois (sur réservation) pour en prendre pleinement conscience.

Laurence LAMORY, Bourgogne & Cie
1 Grande Rue, 92350 LE PLESSIS ROBINSON
Tel 01.46.30.94.20, Mail : contact@bourgogne-et-compagnie.fr

vendredi 17 juin 2011

Le jury du Plessis Robinson a choisi Photo de groupe au bord du fleuve

with 0 Comment
(mise à jour le 19 juin 2011)
Régulièrement un groupe de lecteurs passionnés s'est réuni pour s'exercer à la critique littéraire avec les conseils et l'aide bienveillante de Norbert Czarny, professeur de lettres, critique et collaborateur de la Quinzaine Littéraire depuis 1985.

La dernière séance de travail a eu lieu ce soir et en huis clos avec pour mission de se mettre d'accord pour désigner le Prix du jury parmi les dix livres de la sélection dont vous trouverez j'avais publié un récapitulatif exhaustif.

Quatre ouvrages ont émergé :

Un Bûcher sous la neige de Susan FLETCHER
Un roman habité par la nature, porté par la voix envoutante de Corrag, une jeune femme libre dans Écosse du XVIIème siècle.

Caracreatura de Pino ROVEREDO
Au cours de l’effondrement de son monde affectif, le long cri de douleur et de colère d’une mère.

Zola Jackson de Gilles LEROY
Une force de la nature confrontée à l’ouragan Katrina. Mais le plus difficile n’est peut-être pas de lutter contre les éléments naturels…

et Photo de groupe au bord du fleuve d'Emmanuel Dongala (chez Actes Sud, 2010) qui s'est classé en tête, avec peu d'avance sur un Bucher sous la neige et Caracreatura.

Demain sera révélé le Prix des lecteurs, à partir de la comptabilisation des bulletins glissés dans l'urne de la bibliothèque. On peut parier pour la Couleur des sentiments peut-être ....
Voici, en attendant ce que j'écrivais à propos de Photo de groupe :
C'est le récit d’un combat féministe auprès de femmes d’origine africaine. Un livre à découvrir absolument.

Emmanuel Dongala déploie le roman au fil de trente-deux chapitres écrits comme trente-deux lettres dont on s’interroge sur le destinataire. On comprend d’emblée que le tutoiement n’est pas adressé au lecteur, et on suppose vaguement qu’il pourrait concerner sa mère puisque l’ouvrage lui est dédicacé.
Ce « tu » à répétition écarte le lecteur de la scène à laquelle il assiste comme derrière une vitre sans tain. Comme un intrus qui jetterait un œil par-dessus l’épaule d’un narrateur commentant des photos souvenir sorties une à une d’une boite à chaussures.
Ce « tu » s’adresse à Méréana, une forte femme mise à genoux par le machisme, assommée par une société corrompue par une cupidité obscène, victime mais jamais vaincue. On pense (encore) à Rosa Park même si l’oppresseur est ici davantage une question d’inégalité sexuelle que raciale.
On pense aussi bien sur à Florence Aubenas qui s’est infiltrée sur Le Quai de Ouistreham, paru aux éditions de L’Olivier en février 2010.
Que diable font là toutes ces femmes à casser des cailloux ? Ce n’est pas un métier qu’on choisit mais qu’on exerce jusqu’à ce que son corps lâche.

Quel chemin d’infortune les a menées au bord du fleuve ? Peut-on aller plus loin dans la dégringolade sociale ?
Très vite je me suis rapprochée pour n’être que juste un peu décalée.

Je me suis habituée à ce tutoiement qui me maintenait pourtant à distance. J’ai accepté d’être réduite à cette position de spectatrice, m’estimant heureuse d’être admise dans le cercle de ces battantes, d’entendre leurs confidences, d’être conviée à leurs cérémonies, de partager leurs peines et leurs enthousiasmes, porter leurs espoirs, frémir de leurs audaces …
J’ai accepté d’être celle qui se tait et ce n’est qu’à la toute fin que j’ai compris qui parlait, quel était celui qui osait ce tendre tutoiement, respectueux, admiratif, bienveillant et positivement amoureux.
Je terminai la chronique en souhaitant longue route à vous, Armando et Méré. Que mes vœux vous accompagnent. Longtemps !

Je suis très sincèrement ravie pour l'auteur et pour le livre que mon enthousiasme ait été partagé. Et je constate que la photo de l'article du 16 mai était en quelque sorte prémonitoire.

Dernière minute : Samedi matin c'est encore Photo de groupe qui a remporté ce 11 ème Prix des lecteurs tandis que la Couleur des sentiments l'emportait en catégorie "découverte".

Le disque Méditerranées de Renaud GARCIA-FONS, que je pensais pouvoir être un coup de cœur unanime a remporté le Prix du disque. Et je suis heureuse de vous annoncer en avant-première la venue de ce musisen sur la scène des Gémeaux de Sceaux (92) du jeudi 8 au samedi 10 décembre prochain à 21 heures 30.
Hebergeur d'imageHebergeur d'imageHebergeur d'imageHebergeur d'image

Abonnés