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lundi 21 avril 2014

Érotisme, Cantique 25.7, le nouvel EP de Daniel Chenevez, ex Niagara

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Qui ne ne souvient pas de Niagara ? L'amour à la plage et ses rythmes afro-cubains, Quand la ville dort, Je dois m'en aller, et surtout le magnifique Pendant que les champs brûlent qui est une très belle séquence du très sensible film Gabrielle que je vous recommande sans aucune réserve.

Les chansons de Niagara ont inondé les dance-floors pendant cinq ans, de 1985 à 1990 et leurs clips ont marqué les esprits. C'était Daniel Chenevez qui les réalisait. Mais c'était Muriel Moreno qui chantait, en y jouant un personnage sexy évoquant l'héroïne de bande dessinée Barbarella.

Le duo s'est séparé. Un autre couple mythique, les Rita Mitsouko, a continué à tracer la route jusqu'à la mort de Fred. Daniel, de son coté, participa à divers projets, sortit deux albums pop ou electro, "Excentrique" puis "Hypnose".

Il n'a cessé d'écrire des chansons que ce perfectionniste remodèle à l'infini. Il approfondit ses arrangements pendant des lustres, notamment son écriture de cordes dans la perspective d'un nouvel album.

Après quelques jours de travail au studio ICP de Bruxelles le mixage est réalisé avec Dominique Blanc-Francard auquel il maintient une fidélité de longue mémoire. Le résultat est arrivé sur les plateformes de téléchargement il y a quelques jours, le 17 avril pour être précise, avec un nouvel EP intitulé "Érotisme, Cantique 25.7".

Ce mini-album contient six pistes dont le single "Sans raison aucune", et "Alors la nuit", en streaming sur YouTube.

C'est Daniel Chenevez qui naturellement a réalisé le clip de "Sans Raison Aucune". Il l'a voulu en noir et blanc pour stimuler l'imagination du public potentiel et a tourné des séquences pour assurer une promotion pensée comme susceptible d'être torride. A chacun de juger.

Pour ma part j'ai préféré l'écouter et j'ai noté pour vous quelques brefs extraits :

Alors la nuit (track 1) j'ai trouvé des baisers tombés du camion que j'ai déposés sans façon entre les points de suspension (...) tu me joues la fontaine d'Anita Ekberg

Sans raison aucune (track 2) j'invoquerai l'air que tu consumes (...) le long des plaines

Quand Rien ne résiste (track 3), la messe est dite mon amour (...) on cherche l'accord en gammes vénéneuses, aux arpèges soyeux, d'étreintes scandaleuses.

Sur tes lèvres (track 4) (...) je me rêve avant que le soleil ne se lève (...) j'attendrai la rivière au milieu du désert.

Demain ne le sera jamais (track 5) (...) c'est à vous que je voue (...) 

Daniel Chenevez affirme son goût pour toutes les formes de musique en invitant les 32 cordes de l’Orchestre de la Radio Macédonienne pour les deux tiers de l'EP. Il fait malgré tout une place conséquente à l'électronique, tout en osant le surgissement humoristique de quelques accords joués aux grands orgues.

Les paroles sont élégamment érotiques, fidèles à la promesse du titre de l'album. Les références culturelles sont multiples, depuis la scène culte de la Dolce Vita, la piste de danse filmée par Sydney Pollack dans On achève bien les chevaux, jusqu'à la personnalité de James Bond en passant par des allusions probablement inconscientes aux textes des chansons culte duo patrimonial Niagara.

Un peu inégal en terme de puissance vocale, les notes peuvent parfois monter dans les aigus comme adopter une cadence chaloupé comme sur Le marié du parvis des églises (track 6). On a envie de prédire un succès au très beau Sur tes lèvres qui donne vraiment envie de danser. Et comme les textes sont très recherchés on prend vite plaisir à l'écouter en boucle et à laisser la voix opérer la séduction.

dimanche 6 avril 2014

Ben Harper sort un album avec sa mère Ellen le 5 mai prochain

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Ben Harper sort un album avec Ellen le 5 mai prochain chez Universal. L'artiste est tellement attaché à la ville de son enfance qu'il avait juré depuis des mois qu'il réaliserait un album avec sa mère.

Celui qui vient d'obtenir un Grammy Award avec Get Up! avait à coeur de montrer qu'il pouvait aussi faire quelque chose qui relève de l'intime qui soit aussi country, et même bluegrass. Pari gagné !

Je l'ai déjà écouté en boucle tant il est agréable. Le CD est étonnamment moderne et nostalgique à la fois. Le premier titre est déjà diffusé très largement sur la toile et je ne vais pas me priver de contribuer au mouvement. Il va être un succès.

A travers dix chansons, pas une de plus, et on trouvera que c'est peu, le duo Harper explore le territoire de l'enfance, de la mémoire et des sentiments familiaux, qu'ils soient d'ailleurs bons ou mauvais. Les textes ont été écrits séparément par le fils et la mère au cours de plusieurs années. Ce sont six textes de Ben et quatre d'Ellen qui ont été sélectionnés.

Cette première chanson, A House is a Home, donne le ton de l'album. On raconte que c'est le titre préféré d'Ellen et de son fils parce qu'on y retrouve les musiques "soul, californienne, folk rock et américaine". Elle a beau pulser à de manière dynamique il n'empêche que les paroles indiquent clairement qu'on ne renie jamais ses origines, et surtout pas Ben Harper. Il faut conserver la maison qui sera toujours le foyer où on viendra se ressourcer, même s'il fait nuit, même si on y rencontre des fantômes, même si le chien est devenu trop vieux pour aboyer ...


On entend autant la voix de l'un que celle de l'autre dans ce premier titre. Ben a confié en interview qu'il lui a fallu beaucoup argumenter pour que sa maman accepte de passer outre sa timidité pour (re)chanter en public, et devant un micro. Il faut croire que le plaisir est venu puisqu'on entend Ellen prendre le dessus avec City of dreams (piste 2) et surtout Farmer's Daughter (piste 5) dont elle chante seule plusieurs couplets.

Son timbre est doux, vulnérable et caressant. Sa voix évoquera Joni Mitchell, Valerie June et même Joan Baez, selon les références des auditeurs. Cette femme haute comme trois pommes contraste avec la corpulence de son fils mais le duo vocal est parfait.

Ellen Harper est tout à fait légitime dans le domaine musical. Ses propres parents, Dorothy (une Russe juive) et Charles (américain revenu sourd des combats de la Première Guerre mondiale), ont fondé en 1958 le très réputé Folk Music Center, qui est à la fois un magasin de musique et une sorte de "musée du patrimoine américain" situé à Claremont, la ville natale de Ben, à une heure et demi de Los Angeles (Californie). Ellen reprendra leur affaire avec son conjoint, le père de Ben, sans que cela l'empêche de se produire longtemps dans des clubs. On peut dire sans se tromper que chez les Harper la musique est une histoire de famille.

Dorothy était  banjoïste et chanteuse. Charles est devenu luthier (sourd, il ressentait les vibrations) et a enseigné ce métier à Ben Harper qui l'exerça jusqu'à ses 18 ans. Ellen joue de la guitare et du banjo. Elle avait écrit une centaine de chansons avant celles de Chilhood Home.

Sur l'album Ben joue de sa guitare acoustique et de son inséparable "Weissenborn lap-steel", une guitare d'origine hawaïenne dont il joue à plat, l'instrument posé sur ses cuisses (comme le faisait Joni Mitchell) et qui lui vaut le surnom d''Ukulélé Man".

Chilhood Home donne envie d'aller sur les traces de l'enfance de Ben Harper, de pousser la porte de ce Folk Music center qui fut le refuge d'artistes en pleine ascension, comme Ry Cooder ou Taj Mahal. On y voit toujours des masques africains à coté de sculptures Maya et de poupées vaudous, et toujours aussi un millier d'instruments : guitares, violons, mandolines, banjos, luths, sitars, harpes et cornemuses tunisiennes...

J'ai eu la chance d'écouter tous les titres de l'album. Bien qu'ils ne soient pas enregistrés dans ma langue maternelle j'y ai perçu de la mélancolie et une forte nostalgie. En particulier sur cette composition d'Ellen, Altar of Love, où elle évoque son sacrifice sur ce qu'elle nomme l'autel de l'amour et la personnalité de Leonard, percussionniste-chanteur d'origine africaine et Cherokee qui fut le père de Ben.

Le chanteur conserve une grande admiration à l'égard de son père dont il pense que si l'alcool ne l'avait pas détruit, il aurait été un artiste bien plus important que lui. Je ne lui donne pas raison tant les tonalités de cet album font penser aux grands moments de la folk quand nous écoutions Joan Baez, Bob Dylan, Pete Seeger ...

L'album me fait aussi penser à Victor Hugo qui, dans la Correspondance à Léopoldine, écrivait le 3 octobre 1839 :
"Dans une quinzaine de jours, du 15 au 20, je vous reverrai, je vous embrasserai, nous en aurons pour longtemps à être ensemble et je serai bien heureux.Vois-tu, chère fille, on s’en va, parce qu’on a besoin de distraction, et l’on revient, parce qu’on a besoin de bonheur."
Le duo Harper sera en concert en France au mois de mai, le 15 mai 2014 à Grenoble (au Summum) et les 17, 18 et 19 mai 2014 à Paris (aux Folies Bergères).

lundi 10 mars 2014

En direct des Globes de Cristal 2014 (première partie)

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La chaine D17 retransmettait en très léger différé (et pour la première fois) la cérémonie de remise des Globes de Cristal dont la vocation est de célébrer et de récompenser la vitalité et la diversité de la création artistique en France, pas seulement celle du cinéma ou de la musique, mais aussi l'art contemporain, la littérature et la mode. Elle avait lieu ce soir dans la salle légendaire du Lido.

Alors que vous étiez (peut-être) devant vos postes de télévision à 22 h 30, nous étions déjà nombreux à être en place sur le tapis "rouge" que les invités fouleraient inévitablement.

En fait de rouge il est violet, et l'entrée du Lido est commune au cinéma UGC, ce qui, ce soir, était à la fois pratique et compliqué puisqu'on projetait l'avant-première du dernier film d'Alain ResnaisAimer, Boire et Chanter qui est en quelque sorte l'abécédaire que le grand cinéaste laisse en héritage.

Les sifflets n'arrêtaient pas de résonner pour rythmer la circulation sur les Champs-Elysées. Beaucoup de personnalités ont du hésiter entre les deux soirées. Toujours est-il qu'on a pu voir la plupart des ministres, dont Aurélie Filipetti, ministre de la culture, emprunter le couloir de gauche pour rejoindre la salle de cinéma. Un hôte prestigieux créa l'attroupement, le président François Hollande, qui s'excusait en quelque sorte de n'avoir pu se rendre le matin même aux funérailles du cinéaste.
Serge Benaïm, producteur des Globes de Cristal échangea quelques mots avec le président. Le cordon bleu de séparation entre la gauche et la droite fut souvent franchi pour des saluts réciproques. Un rideau noir et blanc, évoquant XXL les bandes attribuées à Buren, sera tiré un peu plus tard pour assurer davantage d'intimité de part et d'autre.
Geneviève de Fontenay arriva parmi les premières, toujours très aimable et attentive aux questions d'un journaliste de Télé Loisirs. Elle attendait une miss, quoi de plus naturel. Je n'ai pas osé lui demander si elle avait choisi sa tenue en fonction du décor ...

L'effervescence grimpait de minute en minute. Certaines personnes ont cherché à s'infiltrer, d'un coté ou de l'autre mais sans carte de presse, pas d'entrée possible back stage, et la présentation du carton d'invitation était exigé pour accéder à la salle de spectacle.
En général chacun obtempérait, y compris des personnalités de toute évidence invitées comme Franz-Olivier Giesbert, avec un roman nominé. Que ne feraient pas certains pour un sourire d'une hôtesse !
Les femmes n'appréciaient pas toujours de voir un ruban, fut-il de satin, masquer un bracelet de marque. Certaines murmuraient qu'elles avaient été avisées d'arriver le poignet nu. Ils fallait voir les hommes tendre le bras avec gourmandise pour qu'une hôtesse y "mette la corde". Les fumeurs comprenaient l'intérêt du sésame leur permettant d'aller et venir avec tranquillité.

Corneille et son épouse Sofia de Medeiros s'y sont prêtés de bon coeur. Plus tard en soirée le chanteur interpréta un titre de son dernier album.

Massimo Gargia, très drôle, refusa d'un "non merci" péremptoire comme si on lui avait demandé l'aumône.

Norbert Tarayre, le très dynamique Top Chef,  déclara que la perspective de faire un bon dîner l'enchantait, et qu'il venait se mettre les pieds sous la table. Il évoqua malgré tout ses projets artistiques et culinaires. A suivre.

Le carton précisait "tenue de soirée". L'interprétation du terme était très diverse. Coté femmes j'ai vu très peu de robes longues, quelques jupettes ultra courtes, des shorts aussi.
Yamina Benguigui, ministre déléguée aux Français de l'étranger et à la francophonie, avait opté pour le jean. Arrivée avec Saïda Jawad, l'épouse de Gérard Jugnot, amie d'une ex Première Dame, on comprend que la ministre ait opté pour la soirée des Globes de Cristal d'autant qu'elle avait été récompensée en 2009 dans la catégorie Meilleur Documentaire pour "9/3 mémoire d’un territoire". Fidélité oblige !
Beaucoup de paillettes en tout cas. Le noir fut majoritaire quitte à opter pour le cuir comme Valérie Kaprisky éternellement charmante. Le bleu électrique était bien représenté aussi, et de manières diverses, parfois la robe, comme Célyne Durand, Sophie Tapie. Le bleu marine a été choisi par Valérie Toranian la directrice de la rédaction du magazine ELLE et Sophie Mounicot.
Chantal Ladesou se fit remarquer avec ses jambes bleu Klein. Questionnée sur ses pronostics elle promit de révéler les noms des gagnants ... après la cérémonie et en profita pour nommer les villes de sa tournée.  Elle sera très positive quant au nouveau trophée où elle voit deux oiseaux, deux personnes et qu'elle trouve très joli.
Cécile Cassel, connue désormais sous le nom d'artiste Hollysiz parce que le houx, c’est rouge et qui s’y frotte s’y pique, Siz pour le surnom que lui donnent ses amis, portait une tenue en harmonie. Nommée dans la catégorie Meilleure interprète féminine elle estima n'avoir aucune chance face à des artistes qui ont tout prouvé et souhaita que Yodelice, avec qui elle est partie en tournée, l'emporte coté masculin.
Muriel Mayette, administratrice générale de la Comédie française, assez surprenante avec une robe à très longue fermeture éclair dans le dos, arriva derrière son mari Gérard Holz, qui traçait au pas de course, suivie de près par Isabelle Morini-Bosc, encombrée d'une paire de béquilles qu'elle n'a pas utilisées.
L'équipe de la pièce La liste de mes envies (Salomé Lelouch, Anne Bouvier, Michaël Chirinian ...) était installée depuis longtemps à sa table. Le spectacle, que j'ai vu au Cine 13 et que j'ai chroniqué sur le blog est désormais à l'affiche du Théâtre des Béliers Parisiens.
Dans la salle du Lido le spectacle distrayait les invités. Il était temps de quitter le "violet carpet" et de profiter des derniers numéros.
Ne pouvant pas publier des articles trop longs je fais une pause. Vous connaissez les résultats mais dans une seconde partie je me propose de vous livrer les réactions "off" de certaines personnalités.

dimanche 3 novembre 2013

Tranz Denied, le nouvel album du flutiste Magic Malik chez Bee Jazz

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Magic Malik (Malik Mezzadri) est un flûtiste de jazz français né en 1969 à Abidjan en Côte d'Ivoire qui a grandi à Pointe-à-Pitre en Guadeloupe.

C'est à l'école qu'il commence la flûte à bec. Mais à l'inverse de centaines de milliers d'écoliers qui abandonnent l'instrument très vite Malik se prend littéralement de passion pour cet objet qui le réconcilie avec les apprentissages.

A 6 ans il bascule vers la flûte traversière. À 13 ans çà commence à poindre sérieusement il apprend la flûte avec Marc Rovelas qui lui fait découvrir Bach, Xenakis, Ravel et même Stockhausen.

À 17 ans, il quitte la Guadeloupe pour Marseille et sortira du conservatoire de Marseille avec le premier prix de flûte. Il aurait pu être un excellent musicien classique mais il aime tant la pop (Stevie Wonder, Michael Jackson) qu'il se serait senti enfermé dans un orchestre. En s'inscrivant dans le respect de la tradition orale, la liberté que lui offre le jazz correspond merveilleusement à son tempérament créatif et à sa culture afro-caribéenne.

Des rencontres décisives font le reste. Ce sont par exemple Steve Coleman, le saxophoniste américain ou encore Orlando Cachaito Lopez, le contrebassiste du Buesta Vista social Club. D'autres noms ont compté comme Miles Davis ou Rostropovitch.

C'est un grand flûtiste français. Il est de ces musiciens en perpétuelle recherche de nouvelles expériences musicales et on le retrouve dans de multiples collaborations (la dernière en date avec Claire Diterzi).

L'originalité de Magic Malik, outre une technique peu commune, est son jeu exubérant et l'utilisation de nombreux cris et chantonnements dans sa flûte, qu'on désigne sous le nom de growl, une technique du soufflé-chanté (en contractant les muscles de la gorge en même temps que l'on souffle dans son instrument). À ce titre, il peut être considéré comme un héritier indirect de Roland Kirk, le premier capable de chanter en jouant de la flute grâce à une technique de respiration utilisant simultanément le nez et la bouche.

Il adore la composition et s'en est donné à coeur joie en jonglant entre les genres pour son dernier album, Tranz Denied, qualifié d'ovni musical dans le microcosme parce qu'il a été conçu entièrement en studio en 4 jours en toute spontanéité, avec la production de Bee Jazz, un label français indépendant créé en 2003, et spécialisé dans l'édition de disques de Jazz.

Malik avait probablement une idée de ce qu'il allait faire mais il affirme être allé en studio sans avoir rien écrit avant. Il voulait fonctionner comme certains chorégraphes, sur l'énergie de l'improvisation et tout a été joué en live. Bien entendu, en musique comme dans la danse ou le théâtre il faut beaucoup de compétence (et un énorme travail en amont) pour pouvoir "improviser".

Le projet est né au festival Musique de Jazz & d’Ailleurs en 2011 pendant lequel Magic Malik, Gilbert Nouno, DJ Oil et le batteur Hubert Motteau ont collaboré sur scène. Leur entente a permis l'accouchement de Tranz Denied en un temps record.

Dans le premier morceau, Montreuil Market, on n'entend pas particulièrement la flute. Et le second, Dark Stone démarre sur l'enregistrement d'une scène de rue pour se prolonger par un travail de voix. C'est Malik qui chante et on a très vite envie de l'accompagner. Plus loin on percevra des tonalités indiennes alors que ce sera le Japon qui inspirera la piste 5.

Il ne craint pas d'écrire de longs morceaux et de surprendre ses auditeurs en semblant avoir du mal à les terminer. Dark Stone semble s'arrêter à 9 minutes 35 alors qu'il ne cessera que 3 minutes plus tard.

Malik a fait beaucoup sur cet album, la flute bien sûr mais aussi le clavier, les voix, certaines basses sans pour autant revendiquer une position de poly-instrumentiste. Il se présente comme flutiste et le restera. Il a alterné les morceaux de musique pure et les titres chantés, ne craignant pas de s'engager dans un gros travail de direction artistique. 

E-Z Com comporte une partie chantée Sois pas timide my baby ... (elle aussi improvisée le jour J) qui annonce de belles envolées à la flute, comme si, jusque là, le compositeur n'avait pas encore "osé" se lancer.

Zivanoul donne carrément envie de danser. Comme des derviches qui tourneraient vitesse grand V.

Shibuya Memories est le nom d'un quartier de Tokyo. C'est un morceau plus court (3 minutes 25) totalement surprenant. On croit entendre du japonais alors que c'est, comme on dit dans le jargon, ... du yaourt ... qui a été imaginé au moment de l'enregistrer. Cette impro est très entrainante, révélant une joie de vivre et un dynamisme qui s'accorde avec la couleur jaune safran de la couverture de cet album. Ce sera le titre plébiscité de l'album.

Dans North certains percevront une évocation de Morton Feldman, connu pour ses compositions très longues, marquées d'imperceptibles superpositions sonores. Sa musique n'est pas du tout construite sur le principe de liaison causale d'un élément à l'autre, et elle ne s'attache pas à la construction formelle.

Chunky Delice est le morceau le plus long (12.03). c'est une évocation à la musique sérielle. Il clôture avec fraicheur cette oeuvre envoûtante, parfois hallucinante qui navigue entre musique contemporaine, électro, pop et jazz.


Magic Malik et ses trois complices présentent l'album en concert :
Après Brive la Gaillarde, Gennevilliers, Guyancourt et la scène parisienne de La Maroquinerie Magic Malik sera le 9 novembre à Montpellier (34) sur Victoire 2, à Eurallille (59) à L’Aéronef et à Rennes (35) pour Jazz à l’étage.

jeudi 3 octobre 2013

J'ai écouté New, le nouvel album de Paul McCartney

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Paul McCartneyrevient dans les bacs après 6 ans de silence (Memory Almost Full, 2007) à la couleur très pop et avec un titre qui sonne comme une évidence : NEW ! J’imagine que chacun d’entre vous va vite avoir une opinion sur l’évènement.

Je ne suis pas critique musical. J’ai pourtant répondu oui spontanément quand Universal m’a proposé de venir en studio écouter l’intégralité de l’album. Il inclue 12 nouvelles chansons sur lesquelles Paul McCartney a travaillé avec l’appui de nouveaux collaborateurs, à savoir les producteurs Paul Epworth, Mark Ronson, Ethan Johns et Giles Martin. La version Deluxe de NEW comprendra deux titres bonus : Turned Out et Get Me Out Of Here..

Une vidéo avait commencé à circuler sur la toile mais quelques minutes ne suffisent pas pour se forger un avis.Vous pourrez y accéder à la fin de ce billet.

Autant vous le dire tout de go : New est un album à clés. Du moins pour moi dont l’oreille est  encore imprégnée des chansons sorties des studios londoniens d’Abbey Road. D'ailleurs il y a été pour partie enregistré ... Paul m’étonne à répéter inlassablement en interview que beaucoup de titres sont très différents de son style habituel. Tout serait question d’écoute ?

Certes, la tonalité change radicalement d’une piste à l’autre. Mais on perçoit, à intervalles réguliers, des surgissements de quelques mesures évoquant un air connu. Cela a-t-il fait inconsciemment ou intentionnellement ? A moins que ce soit ma mémoire qui me jouerait des tours ?

Le guitariste Rusty Anderson est présent sur presque tout l’album et on a très envie de le voir sur scène à coté de Paul McCartney. Çà commence très fort avec le premier titre, Save Us, scandé par un Now ! plutôt impératif. Sauvez-nous, illico, semble dire le chanteur qui, pourtant, ne parait pas au bord de la catastrophe si on en croit les Ah et les Oh joyeux qui ponctuent la fin de la chanson.
Les drums sont très présents et que çà sonne, que çà frappe encore plus fort à la seconde écoute !

On retrouve les couleurs des Beatles dans les aigus d’Alligator(piste 2). Toujours cette même façon de scander Ev’ry-body lies, comme dans
avec un soupçon d’écho. Une imprécation (Save me) qui ne surprend personne après le premier titre. Une guitare électrique qui évoque Apache et à la toute fin comme le crépitement d’un 33 tours très fatigué.

Avec les premières notes de On My Way to Work (piste 3) j’entends Strawberry. Paul chante I have so many dreams.

Queenie Eye(piste 4) offre une rupture de rythme qui nous embarque plus loin dans l’électro. Mais sans perde, là encore, quelque chose de l’esprit des 4 insectes. 

Très belle intro de guitare pour Early Days (piste 5) avant la voix timbrée par les années d’un Paul Mc Cartney qu’on imagine assis sur un tabouret de bar. La country n’est pas loin, ni l’esprit balade de Peter, Paul & Mary.

Chacun de nous prend des notes comme s’il allait passer un examen à la sortie, sans exprimer sur son visage s’il aime un peu, beaucoup ou pas du tout. Mais voici le fameux New(piste 6), qui donne à notre petite assemblée très studieuse l’envie de taper et de claquer des mains. les réactions demeurent discrètes mais chacun sent qu’il y a là une vraie promesse de tube. C’est moderne sans renier les années 60.
 
Nouvelle rupture de ton et de rythme avec Appreciate(piste 7) avec abondance de samples et d’échos très travaillés. L’univers s’est assombri. Le morceau est plus long, propice à être adopté par les DJ.

Si on n’avait pas encore envie de danser, Everybody Out There (piste 8) lèvera les derniers freins. L’équipe de l’album y a oeuvré au grand complet pour restituer une atmosphère de concert.

Les rimes sont faciles : You ... and I / The sky / Before you say goodbye ... Rien à dire, c’est efficace et les Hey, Hurry upet les Oh Oh Oh Oh sont fort entrainants.

Hosanna(piste 9) est plus intime. Time is flying, everyday, everyway... la nostalgie est au rendez-vous.


I can Bet(piste 10) surprend et réveille. Il va être question d’imagination, et justement, là encore j’entends quelques notes d’un standard planétaire: I can’t get ..no ... satisfaction.

Looking at her(piste 11) est une nouvelle fois ponctué de «everybody» qui s’avère un des mots fétiches de l’album.

She’s good. She’s kind

She’s sweet as wine

I’m loosing my mind

On ne peut pas dire que les paroles soient très complexes. C’est un atout pour franchir les portes de l’international. Nul besoin de maitriser la langue de Shakespeare à un niveau universitaire pour mémoriser la chanson.

Road (piste 12) clôture l’album avec un son qui nous emporte loin de l’époque classique des garçons dans le vent. pas de doute que le chemin (the road) a été tracé. Bien que le dernier mot soit «night» (la nuit) on n’a pas envie que cela se termine et on reprendrait bien avec Save Us.

Après quelques secondes de silence arrive un morceau caché, comme une confidence. Le piano, très présent, met la voix en valeur : Trying to let you know, I have to say I’m sorry, don’t be sad for me (...) I am dying ...

On refuse d’y croire.

Le 14 octobre est la date de la sortie mondiale de l'album.


www.paulmccartney.com/

mardi 4 juin 2013

Petites Musiques de Proust chez Maxim's

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Gérard Chambre et Cécile Leblanc ont débusqué dans l'oeuvre de Marcel Proust des textes pour illustrer le thème de "Proust et la musique".

Ils nous les ont donné ce soir à entendre dans le Petit théâtre de Maxim's au cours d'une représentation, qui reste pour le moment unique mais qui devrait donner naissance à un spectacle prochainement.

Cécile Leblanc est maitre de conférence à l'université Sorbonne-Nouvelle. C'est une spécialiste de Proust. Ces Petites Musiques sont une des nombreuses façons de célébrer le centenaire de la publication Du Coté de chez Swann.

L'auteur de la recherche a beaucoup fréquenté les musiciens, en particulier Reynaldo Hahn qu'il rencontre en 1893 alors qu'il est déjà un musicien prodige. Il l'introduit dans les salons mondains. Ces endroits sont des passages obligés pour les musiciens parce qu'on y pratique le mécénat. Ravel et Debussy ont bien été contraints eux aussi de s'y produire s'ils voulaient avoir un public. Mais quel public ! Des spectateur qui n'arrêtaient jamais leurs bavardages et qui les regardaient à peine. L'exaspération poussera certains à claquer le clavier du piano.

L'écrivain rencontra aussi Wagner qui fut peu joué à Paris à son époque et il connaissait bien l'oeuvre de Beethoven.

A la surprise générale l'humour est apparu chez un auteur qui évoque davantage le sérieux, voire l'ennui pour beaucoup. Quand Bernard Pivot essaie de faire un trait d'esprit sur Twitter il écrit : La nuit, le jeune Marcel Proust, qui s'est couché de bonne heure, rêve d'une phrase qui ne finira jamais.

Et pourtant, la Petite phrase, le salon Verdurin, le salon Sainte-Euverte (Du côté de chez Swann), le Portrait de Morel comme celui de Charlus (Sodome et Gomorrhe), les Cris de Paris, le parallèle entre Tristan et la Sonate de Vinteuil (La Prisonnière) et puis les Walkyries (le  Temps retrouvé) nous démontrent le contraire.

Marcel Proust a fait preuve d'un humour féroce pour fustiger le snobisme qu'il observait dans les salons avec son regard impitoyable et cruel.

Quant à son Eloge de la mauvaise musique qui figure dans le chapitre XIII des Plaisirs et les jours (1895) c'est un petit bijou incontournable sur ce sujet :
Détestez la mauvaise musique, ne la méprisez pas. Comme on la joue, la chante bien plus, bien plus passionnément que la bonne, bien plus qu'elle s'est peu à peu remplie du rêve et des larmes des hommes. Qu'elle vous soit par là vénérable. Sa place, nulle dans l'histoire de l'Art, est immense dans l'histoire sentimentale des sociétés. 
A travers des textes assez courts, parfois lus, parfois chantés, Gérard Chambre, accompagné au piano par Fabrice Coccitto, nous a fait découvrir une autre facette du grand écrivain. Ce soir, le petit théâtre de Maxim's avait l'apparence d'un salon ... mieux même puisque le public était totalement à l'écoute.
Petits Musiques de Proust
Lecture musicale par Gérard Chambre et Fabrice Coccitto de textes choisis par Cécile Leblanc
Petit théâtre de chez Maxim's
3 rue Royale, 75008 Paris

Je rappelle que dans cette même salle on peut encore voir le lundi (mais seulement ce soir-là) le Cabaret Charles Trenet les 10-17 et 24 juin à 20 h 30.

samedi 1 juin 2013

C'est à l'affiche en juin et déjà chroniqué sur A bride abattue

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(NB : ce type de récapitulatif est le dernier que je programme
car je ne suis pas sûre que cet important travail soit d'une grande utilité)
Sur les planches : Je retiens d'abord quelques comédies
Après plus d'une année à la Comédie-des-Trois-Bornes  Y'a d'l'otage dans l'air continue à faire rire au Théâtre du Temple :
J'ai vu à la Comédie-des-Trois-Bornes un one woman show d'une grande sensibilité et qui dégage beaucoup d'humour. L'artiste est formidable. Elle s'appelle Camo et elle interprète "Amour quand tu nous tiens... ou pas ! " tous les dimanches et lundis à 19 heures. L'horaire est bancal mais le spectacle mérite qu'on s'y rende.
Juste après, ces deux mêmes jours, Lady Gaget investit les lieux jusqu'au 1er juillet.
L'art du rire s'exerce jusqu'au 15 juin à Paris, au Théâtre du Rond-Point, à 18 h 30 en salle Renault-Barrault.
Le Dindon, dans la mise en scène de Philippe Adrien poursuit sa phénoménale tournée. Il se pose au Théâtre de la Porte Saint Martin à partir du 4 juin. Je vous l'annonce dès maintenant pour que vous puissiez réserver ... Le spectacle est jubilatoire et vivifiant.
Du mercredi au vendredi à 20h, le samedi à 16h45 et 20h30 et le dimanche à 15h
Cendrillon de Joël Pommerat est jusqu'au 29 juin aux Ateliers Berthier, à 15 ou 20 heures, à partir de 8 ans.

Le Mélo d'Amélie, 4 rue Marie Stuart 75002 Paris, 01 40 26 11 11, est une autre bonne adresse. En ce moment vous avez le choix entre Le bal des crapulesdu mardi au samedi à 20 h, le dimanche à 17 h 30, supplémentaire le samedi à 16 h, et Au secours je l'aime, en seconde partie de soirée
Le soleil revient alors je vous conseille Alice au Potager du Roi à Versailles. En cas d'intempérie il existe une solution de repli dans la serre
Aux Blanc-Manteaux j'avais adoré l'interprétation très dynamique et participative de L'avareLa pièce est désormais réservé aux groupes scolaires uniquement, du lundi au vendredi et en après-midi
Renseignements et réservations : 01 48 87 15 84.

De la programmation que j'ai vue il ne reste que Si je t'attrape je te mort, désormais du jeudi au samedi à 21 heures et jusqu'au 1er juin.

1000 représentations en quatre ans ... les meilleures choses ont une fin. Hâtez-vous !

Venise sous la neige Je l'avais découvert ... en 2010 au Petit Hébertot. Des affiches dans le métro annoncent que la pièce a dépassé le cap des 700 représentations. C'est maintenant à la Comédie Bastille du mardi au samedi à 21h, matinées samedi 17h30 et dimanche 15h.






Si vous aimez les chansons et le music hall :
Viktor Lazlo redevient Billie Holliday jusqu'au 2 juin au Théâtre Rive Gauche
Prolongations jusqu'au 8 juillet 2013 Attention, Maîtres chanteurs ! au La Bruyère lle lundi à 20h30, les samedis et dimanches à 15h








Cabaret Charles Trenet au Petit Théâtre de chez Maxim's jusqu'au 24 juin, mais attention, uniquement les lundis à 20 h 30




Dans un autre registre ... que je vous recommande particulièrement
Collaboration, au Théâtre de la Madeleine, une pièce du même auteur, même problématique mais traitement différent, au moins jusqu'au 30 juin. Mais attention la pièce ne sera plus jouée tous les soirs après le 18 mai.

En concert :
La Grande Sophie est en tournée le 1er juin à Saint Denis de Pile, le 21 juin à Fresnes. Elle sera ensuite en Belgique le 22 juin à Bruxelles, le 29 à Namur.
Des expositions
Vincent Mauger et ses Abscisses désordonnées à l'Onde jusqu'au 5 juillet.
Cheveux chéris et les collections permanentes du Quai Branly jusqu'au 14 juillet 2013
Hervé Fisher à la Galerie ECI 32 avenue Matignon jusqu'au 30 juin
Décalages, de Jef Aerosol à la Galerie Caplain-Matignon jusqu'au 15 juin
Au cinéma : Sauf exception, il suffira de cliquer sur l'affiche pour accéder à l'article
L'Ecume des jours sera un classique, quoiqu'on en dise. Cheba Louisa est un énorme coup de coeur (et je ne suis pas la seule à le dire). Je comprends mal que Mud ait pu être boudé par le festival de Cannes en 2012 et je prédis un énorme succès à la Cage dorée. A partir du 19 juin vous serez de nouveau sous le charme des Parapluies de Jacques Demy.                                     
 
    
A la télévision, un programme très sympathique sur Cuisine+ à l'heure du déjeuner les lundis et mardis à partir du 6 mai 






Et si vous préférez rester chez vous 
consultez la rubrique millefeuille pour y trouver mes dernières critiques de livres.

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