On aperçoit des groupes de plus en plus conséquents de grands oiseaux verts qui se déplacent en bande.
Ils se perchent au sommet des arbres et on les devine à peine sur le feuillage dont ils semblent avoir emprunté la couleur, surtout s'ils ne tournent pas la tête vers vous.
On a envie d’admirer la brillance du plumage vert qui contraste avec le bec rouge, bien crochu, et le cercle noir des yeux. L’oiseau a le maquillage d’un clown.
Ces perruches vivent habituellement en Inde, en Asie du Sud-est et en Afrique subsaharienne et elles sont arrivées en France semble-t-il il y a une vingtaine d’années. Elles sont maintenant visibles jusqu’en Belgique et en Angleterre.
Ce sont les petits moineaux si familiers de nos grandes villes qui sont les plus en danger. Ils assisteront impuissants à la diminution de leurs ressources de nourriture. Il n’y aurait guère que la pie qui leur fasse peur. Même le pic-vert, qui lui aussi niche dans les cavités des grands arbres, recule devant leur bec puissant. Là aussi les conséquences ne sont pas minces. La perruche ne dispose pas d’un bec qui lui permettre de creuser elle-même sa loge dans l’arbre. Alors elle squatte les habitations des pics ou des trous qui sont utilisés par des étourneaux, des pigeons colombins et autres sittelles … qui n’ont plus qu’à se remettre au travail un peu plus loin. Si bien qu’on réfléchit sérieusement depuis déjà 3 ans à l'intérêt d'une éventuelle éradication et à ses modalités.
Pour le moment l’espèce est dite envahissante, pas encore invasive. La nuance est subtile.
Je n’avais pas spécialement d’avis sur la question cet après-midi, tout à mon bonheur d’avoir pu faire de jolies photos « exotiques ». Mon point de vue a changé en fin de journée quand j’ai récupéré ma voiture, garée dans la rue, bêtement sous un platane, méconnaissable, maculée de fientes comme jamais j’aurais imaginé que ce fut possible.
Je sais maintenant que le platane est un de leurs garde-mangers préférés car sa production de boules dure longtemps. Peut-être faudra-t-il réfléchir à des mesures comme celles que les grandes villes ont prises pour limiter la prolifération des pigeons, ce qui me fait penser qu’il faut que je recommence à savonner mes rebords de fenêtre si je ne veux pas devoir les nettoyer … comme ma voiture.
Si j’ajoute le désagrément des pollens voltigeant dans les parcs et jardins où l’on plante de plus en plus d’espèces allergisantes sans réfléchir plus loin que la beauté des fleurs et des feuilles, et si je considère les ravages que les moustiques font déjà sur ma peau (alors que ce n’est encore théoriquement pas la saison) il serait raisonnable d’envisager une mutation en rase campagne.
Pour en savoir davantage sur l’espèce vous pouvez consulter cet article, un peu ancien mais instructif.
Un article vraiment intéressant. J'avais loupé l'arrivée de ces perruches en France (je suppose du coup qu'elles sont aussi présentes en Suisse). Malgré la beauté de l'oiseau et de tes photos, c'est vrai que les conséquences sur la faune indigène est inquiétante. Un dossier à suivre...
RépondreSupprimerCe sont les mêmes qui envahissent la Pépinière à Nancy...
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